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  • La communauté Tchadienne en général et les compatriotes de la partie septentrionale du pays en particulier sont considérés comme des moutons de panurge par Idriss Deby et ses enfants. Sinon comment comprendre l'amnésie générale qui frappe les Tchadiens face à une calamité qui sévit dans notre pays pendant 24 ans sans que l'on puisse mettre tous les efforts en synergie pour débarrasser le Tchad de cet inqualifiable ogre. Les élites intellectuelles, politiques et militaires doivent sortir de leur somnolence et agir dans l'intérêt de tous les tchadiens afin de ne pas rater le train de l'histoire du 21e siècle. Ne dit-on pas que « ceux qui vivent sont ceux luttent ». La jeunesse ARDACHI, consciente que Chaque jour qui passe est une page de notre histoire qui se tourne, répondra présent à ce rendez-vous aux cotés de ceux qui braveront ces crapules pour arracher la liberté.
    En effet ARDACHI est une association pour le développement de l'Ennedi créée par des ressortissants BOROGAT et d'autres communautés de la région en 1998. Force est de constater que cette association n'a jamais obtenu son autorisation de fonctionner, tout simplement parce que le chef de l'Etat n'en veut pas. Ce que Deby ignore, c'est que toute injustice faite à autrui occasionne la création d'une force organisée compacte et déterminée en face. Quant à jeunesse ARDACHI, elle est la branche des jeunes de cette association qui se fixe pour objectif de mener un combat contre l'injustice du régime de Deby et s'inscrit dans la logique d'une lutte multiforme aux cotés de tous les Tchadiens épris de paix, de liberté et de justice. C'est dans la droite ligne de cet objectif noble que nous essayons de montrer à nos compatriotes mais aussi à tous ceux qui s'intéressent à notre pays le visage hideux du régime de Deby. Nous montrons aussi comment se fait la transposition des mœurs lointaines importées par Deby et ses semblables sur la gestion de l'Etat. Ce que les Tchadiens vivent aujourd'hui est un calvaire sans précédent et ce qu'ils savent de leur président et ses proches n'est qu'une once de ce qu'ils sont réellement.
    Le fait que Idriss Deby, tout président de la république qu'il est, puisse s'intéresser au sultanat de Bilia n'est pas anodin. Cet état d'esprit s'explique par le mal être d'une personne en quête permanente d'identité à travers la « chefferie ». Se trouvant être ostracisé pendant longtemps par sa communauté, il a une volonté farouche d'être chef des Bilia pour une fois dans sa vie. Cette situation a créé chez lui une forme de mégalomanie qui le pousse à provoquer ou même humilier toute personne détentrice d'un pouvoir intemporel, ignorant que l'humiliation dégrade plus celui qui l'inflige que celui qui la subit. Cela se caractérise par des actes du genre de la dernière provocation du chef de canton dja-atné de Batha par son frère ou de l'affront qu'il fait a la communauté Zakhawa en mettant en prison le sultan de Dar-zakhawa Bakhit Abdraman Haggar, à qui, la jeunesse ARDACHI exprime sa solidarité et apporte son total soutien.
    Quant aux finances du pays, le constat est troublant. Le budget du Tchad est géré par Deby comme sa poche. Nous avons pour exemple le financement des rencontres inter-soudanais qui ont couté au trésor tchadien 137 milliards de Fcfa, ce qui crée de fait un trou abyssal dans le budget de l'année en cours. D'où l'annonce surprenante de Deby de l'augmentation subite du déficit budgétaire à 400 milliards de Fcfa au lieu de 82 milliards initialement prévus en début d'année. Sacré Deby, pourtant ni le cours du pétrole moins encore la production pétrolière n'ont varié, et les recettes domestiques sont reparties selon le même mécanisme à savoir les recettes douanières sont déposées au domicile de son frère et le reste chacun se sert jusqu'au coup de grâce du beau-fils, donc les tchadiens sont en droit de savoir sur quoi Deby se base pour faire cette annonce et où est parti cet argent? La réponse est simple, Deby a dépensé une partie de ses ressources et il demande à ses « esclaves » de faire un effort supplémentaire en se privant du minimum vital déjà handicapé par la rareté de l'eau et de l'électricité afin qu'il continue à s'adonner aux petits plaisirs éphémères auxquels il est passé maitre, pendant que le quotidien des tchadiens est une succession des corvées sans fin. Quel cynisme ?
    Pour ce qui concerne les larbins qui s'agitent autour de Deby en menaçant les braves blogueurs pour connaitre jeunesse ARDACHI, nous les renvoyons auprès de leur chef qui connait les membres fondateurs de l'association ARDACHI qu'il a convoqué et à qui, il avait proféré des menaces suite au congrès constitutif de l'association en son temps. Pour ce qui est de jeunesse ARDACHI, elle ne pourra que contacter ou communiquer qu'avec ceux qui s'affichent clairement dans un combat contre le régime de Deby. Toutefois nous sommes disposés à travailler avec les jeunes Tchadiens de tous les bords pour coordonner nos efforts afin de précipiter le départ de Deby dont le compte à rebours a déjà commencé.
    Très souvent, quand Deby s'adresse aux Tchadiens du nord, il leur dit « Yorongar et les sara veulent prendre le pouvoir, faites attention » Yorongar lui sert de chiffon rouge qu'il agite pour obtenir indéfiniment le soutien des Tchadiens d'une partie du pays par le viol de l'ignorance. Nous lui répondons Yorongar va prendre le pouvoir et alors ? N'est-il pas Tchadien ? N'a-t-il pas autant le droit sinon plus que lui pour devenir chef de l'Etat ? Lui au moins saura respecter les Tchadiens dans leur ensemble en se comportant en homme d'Etat. La question qui se pose en ce moment à notre pays, n'est pas de chercher à savoir qui sera le successeur de Deby mais comment relever le défi de l'unité, de la récupération des biens de l'Etat pillés par ces prédateurs et ensuite la mise en place des vraies institutions de l'Etat, tant les ingrédients sont réunis pour une fin de Deby à la façon de son parrain d'hier Gadaffi. Nous sommes et serons « debout et à l'ouvrage ».

     

    Fait à N'Djamèna le 24 avril 2014
    Jeunesse ARDACHI

  • Filmé saluant l'épouse de l'ambassadeur des Etats Unis au Tchad tenant un verre à la main gauche, Colonel Hassan Hissein est assailli par une critique virulente de ses coreligionnaires. Le directeur du journal N'djamena Aldjadida qui avait relayé ces reproches, a été mis aux arrêts pour diffamation et dénonciation calomnieuse.


    Querelles de chapelles
    Pays d'obédiences soufis depuis des générations, le Tchad, à l'instar des autres pays d'Afrique à majorité musulmanes, n'a pas échappé à l'émergence des chapelles sunnites caractérisées par une activité de prédication intense allant jusqu'à qualifier les soufistes d'hérésiarques superstitieux. Les soufistes quant à eux, voient en ces arrivistes des apostats impénitents qui renient le prophète Mohammed (PSL). C'est dans ce climat de tension que Hassan Hissein débarque dans les bagages de Deby à un N'djaména un jour d'hivers 1990.

     

     

     

    La politisation de la religion
    Natif de Goz Beida comme le 1er Imam du Tchad, Imam Moussa Ibrahim, Hassan Hissein, élève du prédicateur soudanais Hassan Tourabi, aurait étudié à Khartoum dans les années 70 avant de rejoindre la rébellion du Frolinat. Emprisonné pour des raisons obscures par la rébellion, il retourna au Soudan pour fréquenter les milieux des frères musulmans jusqu'en 1990. Selon certaines indiscrétions, Imam Moussa Ibrahim aurait conseillé Hassan Hissein à Deby. Opportuniste et ambitieux, Hassan Hissein s'est allié aux soufistes pour assouvir ses prétentions sur le comité islamique du Tchad. Ainsi, par ce jeu stratégique, Hassan Hissein est aux commandes du comité islamique depuis l'arrivée de Deby au pouvoir. Un pacte implicite qui le lie à Deby et qui se résume à : Deby gouverne le pays et Hassan Hissein dirige les musulmans.


    L'affairisme de l'imam
    Il n'est un secret pour personne les concours financiers apportés par des instances en provenance de la péninsule arabique et sous le sceau de la charité. Ainsi chaque année des millions de dollars sont déversés sans aucun contrôle et gérés par Hassan Hissein et ses protecteurs. Des associations du Koweït, Arabie Saoudite, Qatar, Bahreïn, Emirat arabes unies, bref les gestes philanthropiques étaient soutenus et continuels. Les bienfaiteurs, après plus d'une décennie de financement, ont remarqué qu'entre les sommes versées et les œuvres réalisées la différence est celle entre terre et ciel. Subito, ils exigent qu'ils gèrent eux-mêmes leurs aides. Ce conflit qui était sous-jacent et qui n'est connu que de certains milieux proches de Deby, est mis sur la place publique par Deby lors de présentations des vœux du comité islamique à l'occasion de Tabaski 2013. S'adressant en arabe locale au comité islamique, Deby a dénoncé pêle-mêle l'argent qui vient de l'extérieur, qu'il a qualifié de poison, les associations non homologuées par le conseil islamique, etc.... . Il conclut en affirmant, textuellement que si «un membre de gouvernement n'obéit pas au comité islamique, il n'est plus son ministre».

     

    La connexion de Hassan Hissein et la CIA
    Même si ses détracteurs exagèrent un peu le rôle jouer par Hassan Hissein auprès de la CIA, l'imam avait demandé aux autorités américaines de neutraliser les activités prédicatrices d'un autre religieux, le Dr Mahamat Ahmat Haggar. Selon wikileaks Hassan avait signalé aux américains les sources de financement de Haggar et ses connexions avec des associations intégristes. Voir ci-dessous le câble de wikileaks.

    C O N F I D E N T I A L NDJAMENA 000149 SIPDIS SIPDIS DEPARTMENT FOR AF/C, EB/ESC/TFS, S/CT (NELSON) E.O. 12958: DECL: 02/15/2017 TAGS: KTFN, CD, PGOV, PREL SUBJECT: CHAD'S GRAND IMAM REQUESTS HELP TO INVESTIGATE TERRORISM FINANCING REF: NDJAMENA 00130 Classified By: PAO Arthur Bell for reasons 1.4 (B) and (D) 1. (C) Post calls attention to the following request from Chad's Grand Imam, Sheikh Hissein Hassan Abakar, conveyed in a February 7 meeting with the Ambassador (reftel). In the meeting, Abakar requested assistance from Post and the USG to investigate and interdict possible terrorist and extremist financing in Chad. The Grand Imam named a prominent Chadian Muslim leader, Dr. Ahmat Mahamat Haggar, as a primary conduit for funds from at least two individual Saudis -- Khaled al-Touwil and Saleh bin Omar Badahdouh -- and from the World Association of Muslim Youth (WAMY). In addition to WAMY, the Imam also named three organizations that have been attempting, for some time, to bring extremist Islamic ideologies and practices to Chad: 1) the Two Holy Mosques Foundation; 2) the "Mecca Mukarama" Foundation; and 3) the Islamic Forum. Dr. Haggar, who has served as president of the Chadian branch of Ansar Al-Sunna, operates an Arabic-language radio station and a newspaper, and is also active in promoting a network of Islamic schools and mosques in Chad, especially in N'Djamena and Moussoro (NOTE: Haggar is an ethnic Kreda from the Moussoro region. END NOTE), but also in the southern cities of Pala, Bongor, and Bebidja. Haggar is reported to operate a large Muslim student dormitory in N'Djamena called the 'Foyer des Etudiants.' 2. (C) Comment: Post notes that Government of Chad security and intelligence services are among the appropriate partners in investigating and interdicting terrorism financing, not a religious leader such as the Grand Imam. At the same time, Post judges the Imam's request to be well-informed and worth passing on. The Imam has long been a voice for moderation and religious tolerance in Chad and is a close contact of the Embassy, always ready to lend his strong support to Post's Muslim Outreach programs. WALL

     

    Qui est N'djamena Al-Djadida?
    C'est un journal paraissant en arabe et qui à l'instar de ce qui se passe dans le monde arabe de nos jours, a une ligne éditoriale sans concession. Animé par des intellectuels et traitant de tous les faits sociaux et politiques du Tchad, Al-Djadida s'est fait rapidement un lectorat dans le microcosme N'djaménois. Si son enthousiasme, son ardeur, voire sa fougue sont communes à toutes les éditions de la place, son style journalistique diffère du fait qu'Al –Djadida effectue aussi un travail d'investigation. Pour avoir parler des révélations wikileaks sur Hassan Hissein, le directeur d'Al-Djadida, Adoum Abdallah est en prison.

    Correspondance de la Gazette depuis Ridina à N'djamena

  • Selon les informations qui nous parviennent de l'extrême Nord tchadien, une patrouille de l'armée tchadienne s'est accrochée avec des orpailleurs au niveau de lieu-dit «Koury Bouggry». Un véhicule 4X4 de marque Toyota appartenant à l'armée tchadienne aurait fait un tonneau suite à une course poursuite avec un petit groupe d'orpailleurs. Un soldat tchadien aurait trouvé la mort et deux grièvement blessés et acheminés vers la garnison de Bardaï. Pour celui qui est décédé, le responsable de la patrouille, le Colonel Heri Khamis, aurait exigé une dia de 17,5 kg d'or à la population du dit-lieu (5 gr par personne pour 3500 personnes). La population a refusé de payer cette compensation. Les orpailleurs traqués se sont réfugiés dans les montagnes et les grottes et attendent les soldats de pieds fermes.
    La source nous signale aussi la présence massive des informateurs déguisés en orpailleurs, travaillant sous l'ordre du chef B2 de Bardaï (B2= renseignement militaire).


    Depuis plus d'une année, la découverte des gisements d'or dans le Nord a provoqué une ruée subite vers le Tibesti. Le gouvernement tchadien cherche aujourd'hui à centraliser l'exploitation de l'or, chose que la population refuse d'admettre et dénonce la volonté des autorités tchadiennes à vouloir confier l'exploitation de ces gisements à la famille du président.

     

    Correspondance de Timmy/Tibesti

  • A l'heure où l'ONU vote l'envoi de 12 000 hommes en Centrafrique, Annette Yoram Laokolé coordinatrice du Conseil National pour le Changement et la Démocratie du Tchad (CNCD) revient sur le retrait des troupes tchadiennes de la Misca et livre son regard sur le régime Déby.

    Œil d'Afrique : Comment expliquez-vous l'intensification des relations entre la France et le Président Deby, malgré son rôle pour le moins ambigu dans le conflit centrafricain ?

    Annette Laokolé : Nous avons à maintes reprises, attiré l'attention des autorités françaises sur le rôle néfaste d'Idriss Déby dans la crise en RCA. Il en est l'un des principaux instigateurs et l'associer à la résolution de ce conflit était une erreur d'appréciation monumentale. Devant les exactions récurrentes attribuées aux milices de Déby et leur impopularité dans la population centrafricaine et l'opinion internationale, les autorités françaises semblent enfin entendre raison et consentir à écarter le dictateur tchadien du dossier centrafricain. Le retrait de sa soldatesque de la MISCA en RCA, contrairement aux déclarations courroucées du gouvernement tchadien, est à notre avis, une injonction de la France, son principal soutien. De même il a cédé sur la question de l'envoi des troupes onusiennes en RCA après son entrevue à l'Elysée ainsi que de démissionner son poulain Michel Djotodia du pouvoir. Les relations sulfureuses que la France continue d'entretenir avec certains despotes en Afrique, ne sont pas de nature à l'honorer. Elles sont de plus en plus décriées par les africains mais aussi par une frange de plus en plus importante de citoyens français. Au moment où nous commémorons le 20ème anniversaire du génocide des Tutsis au Rwanda et où l'implication de la France dans cette horreur à travers son indéfectible soutien au régime génocidaire de Juvénal Habyarimana refait surface, la rupture avec cette tradition « gaullienne françafricaine » doit s'imposer comme un impératif à cette nouvelle classe politique française, plus jeune et plus moderne qu'incarne François Hollande.

    ODA : Dans l'édition du magazine « 54 Etats » de mars 2014, Mahamat Ali Nassour, secrétaire général adjoint du MPS (Parti du Président Idriss Déby), félicitait le régime d'avoir « chassé le dictateur sanguinaire Habré et rétabli la paix entre chrétiens et musulmans » au Tchad. Que vous inspirent ces déclarations ?

    A.L : M. Mahamat Ali Nassour, tente sans doute de faire table rase de la coresponsabilité d'Idriss Déby dans les innombrables crimes durant les huit ans de régime d'Hissène Habré et feint d'ignorer ceux perpétrés depuis son accession au pouvoir en 1990, porté par les services secrets français et soudanais. Le bilan du pouvoir MPS est un désastre à tout point de vue. C'est une dictature foncièrement clanique et prédatrice, qui ne recule devant aucun moyen pour réduire au silence les voix discordantes d'où qu'elles viennent indistinctement de toute considération confessionnelle ou régionale. Les membres du clan jouissent de tous les droits sur les autres citoyens du pays (M. Mahamat Ali Nassour lui-même est un membre influent de ce clan). Toutes les organisations internationales des droits de l'homme sont unanimes, ce régime se caractérise par les violations systématiques des droits fondamentaux des tchadiens, la liquidation physique d' opposants, de journalistes et de militants des droits de l'homme dont les plus emblématiques sont les assassinats de Me Behidi, président de la Ligue tchadienne des droits de l'homme en février 1992 et bien sûr le Prof. Ibni Oumar Mahamat Saleh, Secrétaire Général du Parti pour les Libertés et le Développement (PLD) et porte-parole de l'opposition en février 2008. Les tchadiens espèrent un jour, voir Idriss Déby, à l'instar de son ancien mentor H. Habré, traduit en justice pour répondre de ses crimes.

    ODA : D'après le Général Ali Nassour, l'action du gouvernement Déby, notamment à travers le plan de développement « Horizon 2025 », contribue au rayonnement du Tchad dans la sous-région. Les propositions de ce plan répondent-elles, selon vous, aux problèmes prioritaires des tchadiens ?

    A.L : L'ambition du régime Déby serait d'après ce plan de développement, de hisser le Tchad au rang des pays émergeants d'ici l'horizon 2025 et d'en faire la vitrine de l'Afrique. Avant de nous projeter dans cet horizon pour le moins virtuel, faisons un rapide bilan des 24 ans de règne de ce régime. Le Tchad est exportateur de pétrole depuis 2003. De 2004 à 2011, le budget de l'Etat est passé de moins de 300 milliards de francs CFA à plus de 1572,482 milliards de francs CFA. Pourtant, la grande majorité des tchadiens n'a accès ni à l'eau potable et encore moins à l'électricité. La malnutrition est la cause de 50% des décès des enfants de moins de cinq ans. Selon l'UNICEF, on compte 1 médecin pour 25990 habitants, 33% des enfants de 12 à 23 mois ne sont pas vaccinés contre les maladies infantiles. Le taux de malnutrition y est le plus élevé de toute la région du Sahel et est la première cause de mortalité infantile. Le classement mondial d'Oxfam sur la situation alimentaire dans le monde (basé sur des indicateurs d'abondance, de qualité, d'accessibilité financière et d'hygiène alimentaire) place le Tchad à la 125ème et dernière place des pays évalués. Il est au 163ème /177e rang des pays les plus corrompus au monde (Transparency International). L'espérance de vie est de 49 ans, le taux d'alphabétisation avoisine les 75% et le Tchad reste désespérément cloué aux derniers rangs des classements mondiaux du développement humain, 184e/187 Etats, ('NU 2012).

    Si en 24 ans d'exercice et malgré des ressources substantielles, ce pouvoir est de toute évidence incapable d'assurer un minimum vital à la population, comment imaginer qu'il fasse du Tchad un pays émergent d'ici 2025, soit dans à peu près dix ans ? Cela relève tout simplement de la désinvolture de ce gouvernement face aux problèmes et souffrances des tchadiens. On ne décrète pas le développement, c'est une construction rigoureuse et la réalisation d'une vision politique. Les tenants du régime en place ne possèdent ni le sérieux nécessaire et encore moins la conscience politique à cette tâche. Le Tchad entre leurs mains sera définitivement la vitrine de la désolation et de la honte.

    ODA : Avec un nombre important de partis politiques, l'opposition intérieure au Tchad semble désorganisée. Craignez-vous que les prochaines élections de 2016 soient une fois de plus l'occasion pour le MPS de conforter sa position au pouvoir ?

    A.L : Si le degré de démocratie dans un pays se mesurait au nombre des partis politiques, le Tchad serait une « Méga démocratie ». On n'y compte pas moins d'une centaine de partis politiques. En réalité la profusion des partis politique entre dans la stratégie de fraude mise en place par le pouvoir. Nombre de ces partis satellitaires sont créés de toute pièce par le régime et constituent la mouvance présidentielle. Le grand pari des véritables partis politiques de l'opposition est de former un réel front uni contre Idriss Déby. Malheureusement, les dissensions et incohérences nombreuses de l'opposition, doublées des manœuvres machiavéliques du pouvoir ne laissent aucun doute sur l'issue des prochaines élections. Souhaitons que dans un sursaut national, les tchadiens qui aspirent au changement se lèvent comme un seul homme et décident de mettre fin à leur calvaire.

     

    Propos recueillis par Marie Hélène SYLVA.

    SOURCE : LE SITE OEIL D'AFRIQUE

  • La situation que connait le Tchad, après plus deux décennies de gestion catastrophique du pouvoir MPS, interpelle tous les Tchadiens. La pire de chose est de rester indifférent au délitement de la société Tchadienne par des gens qui, au vu de leurs actions quotidiennes, nous font comprendre jour après jour, mois après mois, année après année, qu'ils n'ont pas envie de vivre dans ce pays après DEBY donc des citoyens de passage. Ce régime est comme le Titanic qui va tout droit sur l'iceberg sans avoir les moyens de s'en empêcher. Se sachant au précipice, Deby et ses proches s'en servent à volonté sur les deniers de l'Etat, pendant que le peuple Tchadien croupit dans une misère noire.
    La jeunesse ARDACHI, soucieuse du devenir de notre pays tente d'expliquer la genèse de cette méthode criminelle, autiste et méprisante importée d'amdjarass et mise en place par Deby et les siens depuis décembre 1990. Elle essaye aussi d'expliquer au passage la haine viscérale des Biliala envers les BOROGAT par des faits historiques illustrés par des écrits. Car certains actes gravissimes posés par Deby et qui touchent particulièrement la communauté BOROGAT et leur terroir ne sont pas connus de nos compatriotes, mais nous y reviendrons très prochainement dans un article consacré à cet effet.
    Traquée par l'administration coloniale pour fait de vol de bétails, viol et assassinat, une grande partie de la communauté Biliala-kouliala (ethnie de Deby) s'est retrouvée au soudan, précisément à KORNOY depuis plus de cinquante ans. Deby Itno père en faisait partie. Avec l'avènement du MPS, toutes les grandes villes du Tchad ont été prises d'assaut par des jeunes pillards qui ne sont autres que les enfants de ces voleurs refugiés au soudan. Des jeunes qui ne se sont jamais imaginés une vie en dehors de la trappe héritée de leurs parents et à laquelle ils sont condamnés, se sont retrouvés par miracle dans un pays où tout leur est permis. C'est ainsi que les bergers et les vendeurs d'eau se sont déversés dans l'Armée et les services de sécurité en qualité d'officiers supérieurs pour la plupart, afin de rester en harmonie avec leurs habitudes favorites qui sont, le rapt, le pillage, le gain facile au prix de crimes dont ils ne peuvent en aucune manière se départir. En lisant les écrits des administrateurs coloniaux et surtout des anciens magistrats (Claude Durant), anthropologue (Jean Chapelle), ethnologue (Marie-José Tubiana), on peut aisément s'en rendre compte. Loin de nous l'idée d'en faire porter la responsabilité des dérives dictatoriales de Deby à toute une communauté, mais nous ne pouvons rester impassible face à l'injustice criarde, au piétinement de nos mœurs, à la création d'une oligarchie ou la composition d'un happy few par la progéniture de Deby.
    La communauté BOROGAT est autant victime que la communauté Hadjarai, Sara, Zakawa d'Iriba, Gambaye, Boudouma, Ouaddai, Moundang, Arabe, Gorane, Bilala, bref l'ensemble des communautés que compte le Tchad à part celle de Deby. L'impasse dans laquelle ce régime a mené notre pays exige de nous tous une prise de conscience afin de créer un sursaut national qui débarrassera définitivement le Tchad de toute cette paillasse au pouvoir.
    La jeunesse ARDACHI demande à toutes les filles et à tous les fils du Tchad (les enfants de Kyabé, les enfants de Koundjar, les enfants de Kalait, les enfants de Mataya, les enfants de Léré, les enfants de Massenya, les enfants de Moussoro, les enfants de Ouara, les enfants de Yebibou, les enfants d'Iriba, les enfants de Badila, les enfants d'Aboudeya, les enfants de Sila, en un mot tous enfants du Tchad), quelque soient leurs religions, leurs régions ou leurs sensibilités politiques à être prêts pour relever le défi de la libération de notre cher pays. Cette jeunesse est organisée pour être au rendez-vous du changement désormais irréversible, qui permettra à ce beau et riche pays de poser les bases véritables d'un Etat de droit, démocratique, stable, respectant les droits de l'Homme, afin de se consacrer à son développement économique et social. Nous rappelons que toutes les grandes nations ont été fondées dans la douleur. Tant que nous ne ferons pas de sacrifices, nous continuerons à vivre dans la servitude et l'humiliation auxquelles Deby nous a habituées.
    A tous les jeunes Tchadiens, Le défi est lancé.

     

    Fait à N'djamèna, le 04 Avril 2014
    JEUNESSE ARDACHI

  • Notre pays le Tchad, et plus particulièrement la capitale N'Djamena, est devenu le terrain de brigands de tous genres. Agressions corporelles, vols de voitures et de motos, cambriolages, braquages divers avec parfois mort d'homme : un bilan bien sombre !
    Les habitants de la capitale vivent avec la peur dans le ventre et se cachent dans leurs maisons. Des gangs organisés qui opèrent avec une assurance déconcertante. Une situation qui a fini par amener la population à adopter de nouveaux réflexes dans l'espoir de se protéger.

    Faisant mine d'être conscient de cette escalade, le gouvernement avait fait avait fait du combat contre l'insécurité une de ses priorités, mais la réalité le rattrape, et son discours est condamné à bégayer.

    Malgré toutes ses proclamations solennelles et martiales, la population constate, sur la durée, une dégradation constante de la situation et un véritable abandon du service public de la sécurité.

    De plus, en dépit de tous les efforts déployés par tous les ministres de l'Intérieur qui se sont succédé à la tête de ce département de la sécurité, le résultat est pitoyable et inquiétant.
    Le chef de département de la sécurité actuel, vient ainsi de confirmer des cas d'agressions suivies parfois de morts dont la population est souvent victime dans la capitale. Les auteurs de ces forfaits n'épargnent personne. Même des personnalités pourvues d'un mandat public et donc bénéficiant d'une garde armée ont subi l'horreur de ces attaques. Le cas le plus récent (en date du samedi 29 mars), ce sont ces commerçants qui sont tombés dans la souricière de ces hommes armés, et qui sont en fuite. Les services de sécurité, avec des moyens obsolètes arrivent parfois à leur mettre la main dessus ; cependant la plupart de ces criminels, parfois connus, continuent leur cavale, assurés de ne jamais être inquiétés.

    L'heure est grave très grave même, notre pays semble plonger dans une insécurité globale, sans que le gouvernement n'en prenne tout à fait conscience. L'insécurité globale, dans laquelle s'engouffre notre pays traduit l'absence notoire d'autorités étatiques conscientes de leurs responsabilités et de la gravité de la situation. Sans crier gare, avec le régime en place depuis 1990, on peut noter sans conteste une dégradation inquiétante de l'autorité dans le plein sens du terme ou mieux, une absence quasi-totale. Le pays s'achemine lentement, mais sûrement vers une insécurité totale sur l'ensemble du territoire national. Ce qui n'augure naturellement pas les prémices d'une paix sociale tant souhaitée par notre peuple, pour s'atteler à ses tâches urgentes de développement économique et social, venues à maturité.

    Ainsi, en dehors des conditions de vie intenables et insupportables qui nous sont imposées par le régime, il s'y ajoute que la sécurité des paisibles citoyens qui est en ce moment mise à rude épreuve, par le développement de plusieurs foyers d'insécurité à travers le pays. Et malheureusement, le gouvernement de Kalzeubet PAHIMI Deubet, à l'instar de tous les gouvernements qui l'ont précédé, semble incapable d'endiguer ou d'apporter la moindre solution contre ces foyers, en leurs opposant des forces publiques de sécurité à la dimension du danger qu'ils font planer sur tout le peuple et ses paisibles populations.
    Pour nous, demain, nous allons encore assister à une nouvelle mise en scène de ce régime, comme d'habitude. Il présentera des pauvres innocents et les faire passer comme des boucs émissaires à la place des véritables criminels que le ministre de la sécurité connait parfaitement.

    Pourquoi le gouvernement ne prend-il pas des mesures draconiennes à l'encontre de ces gangs qui terrorisent la population ? Certains malfaiteurs détiennent des armes à feu et se livrent aux braquages en pleine capitale Ndjamena et que le régime souhaite en faire une vitrine de l'Afrique ? Nous doutons qu'il arrive à son projet, parce que ces hors-la-loi sont généralement proches du pouvoir et ce dernier craint pour sa survie de s'attaquer à leurs intérêts. Et comme le dit un proverbe en arabe tchadien : « l'eau chaude n'est pas un lieu d'amusement du crapaud » (« Almi hami ma liib kakko ») ! Curieusement, on remarque que le village inconnu d'Am-Djarass, transformé en ville dotées d'infrastructures spectaculaires et injustifiées, bénéficie de tous les soins en matière de sécurité. Sans doute que c'est elle, Am-Djarass, qui est appelée à devenir la fameuse « vitrine de l'Afrique » ?

    En conclusion, l'Etat n'assume pas du tout sa charge régalienne concernant la sécurité publique des populations tchadiennes. Ce qui justifie la présence de nombreuses sociétés de gardiennage et de sécurité privée dans le pays au service des nantis, et argent que paye le contribuable tchadien pour sa sécurité finit dans les poches d'individus, plutôt que de profiter au pays.

     

    Abdelmanane Khatab

  • La lutte politique contre l'oligarchie puante d'Idriss Deby se poursuivra jusqu'à la fin du règne de l'arbitraire, du gangstérisme de l'Etat et la délinquance, la restauration de la liberté, de la justice et de la paix véritable et durable au Tchad.
    Aucun patriote, réellement engagé dans ce combat noble ne se rendra au régime oligarchique de Ndjamena, vendre son âme ou se compromettre avec un pouvoir déjà en déliquescence par ses propres incohérences.
    Les détracteurs invétérés et impénitents de l'UFPD ou UFDD et son Président continueront leurs mensonges et leurs dénigrements contre les patriotes engagés dans ce combat contre l'injustice au Tchad mais ils ne pourront pas changer le cours de l'histoire ; la justice triomphera.
    Les compatriotes opposants, victimes de leur propre sentiment d'impuissance face à la force répressive du système oligarchique qui cherchent aujourd'hui à vendre leur âme regretteront comme d'autres avant eux.
    L'UFPD, puis l'UFDD, avait dès les premières heures de la lutte affirmé, outre leurs objectifs politiques, que les retrouvailles de tous les tchadiens, une réconciliation nationale sans exclusif, seront un passage obligé pour une paix véritable et durable au Tchad, quelle que sera l'issue du combat en cours, l'exemple sud-africain « Vérité et Réconciliation » pouvant servir de leçon utile.
    Des individus vils, sans idéal noble, détracteurs invétérés et impénitents connus de l'UFPD ou de l'UFDD et de son Président font circuler ces derniers jours au Soudan et en France que des Goranes de l'oligarchie puante auraient proposé à Mahamat Nouri de se rendre à Idriss Deby, vendre son âme comme d'autres avant lui. Il s'agit ici bien d'une de leurs diffamations pour démobiliser les militants de l'UFDD et de l'ANCD. La vérité est qu'aucun des Goranes de l'oligarchie nommément indiqués n'osera demander à Mahamat Nouri de faire une telle trahison. Ces derniers savent que le problème tchadien est national et non Gorane.
    Aussi les Tchadiens savent que l'oligarchie puante depuis son avènement s'appuie sur les divisions de Tchadiens pour perpétuer son règne dévastateur, que ces divisions, le sentiment d'impuissance et le fatalisme constituent aujourd'hui la force principale de l'oligarchie puante, sanguinaire et prédatrice.
    Idriss Deby et sa bande de prédateur sans état d'âme ne voudront pas d'une réconciliation nationale, avec pour exemple « Vérité et Réconciliation », parce qu'ils ont commis trop de crimes contre l'humanité et pillé systématiquement les richesses nationales pendant près d'un quart de siècle. Ses marabouts charlatans et ses autres fétichistes avaient dit à Idriss Deby, au lendemain de sa victoire d'Am-dam le 7 Mai 2 009, « qu'il mourra au pouvoir d'une maladie ».
    Et le satrape tchadien est très superstitieux, croit à ses charlatans.


    Le 30 Mars 2 014.
    Mahamat Hassaballah
    combattant de l'ANCD.

  • EXCLUSIF : ABDALLAH SENOUSSI, PATRON DES SERVICES DE RENSEIGNEMENTS DE KHADAFI REVELE : YOUSSOUF TOGOIMI A ETE LIVRE A IDRISS DEBY. ABDERAMAN MOUSSA A CONVOYE LE PRISONNIER ET ADOUM TOGOI ETAIT DANS LE COUP

    Enfin ! La vérité sur la disparition tragique de Youssouf TOGOIMI, chef du MDJT, groupe de rébellion opérant dans le nord du Tchad, serait sortie de la bouche d'un homme clé du régime de Kadhafi ; Abdallah Senoussi, désormais, aux mains des autorités libyennes ouvre les portes de l'enfer du régime de Kadhafi.

    Rappel des circonstances de la disparition de Youssouf Togoïmi :

    C'était aout 2002 lors d'une opération militaire contre les forces de Deby, que le véhicule dans lequel se trouvait Youssouf Togoimi sauta sur une mine télécommandée à distance. Il eut les deux jambes fracturées. Kadhafi lui envoya un émissaire pour l'évacuer sur la Libye pour des soins. L'initiative jugée suspecte par une partie de son entourage, remporta, toutefois, l'adhésion du principal concerné qui y voyait une volonté de Khadafi de reprendre la main en vue d'une négociation future avec le régime de Deby.

    De ce voyage en Libye, Youssouf Togoimi ne revint plus jamais. Plâtré et en voie de guérison complète, il se rendit à l'hôpital ce 24 septembre 2002  pour le déplâtrage de ses deux jambes. Introduit dans la salle, deux heures plus tard, un médecin libyen informa ses accompagnateurs de son brusque décès. Ces derniers demandèrent à voir le corps mais refus catégorique des autorités libyennes. De même, lorsque les membres de son Mouvement réclamèrent le corps pour organiser les funérailles, le même refus ferme leur fut opposé.

    Aucune nouvelle du disparu depuis ces longues années, bien que toutes les ONG furent démarchées par les membres de son Mouvement. La FIDH, Amnesty International, etc...  n'ont pas voulu prêter oreille ; pire Sidiki KABA alors président de la FIDH avait même demandé à sa secrétaire de ne plus accepter des rendez- vous pour ces gens là ! On connaît leurs accointances avec Kadhafi.

    Récemment à la chute de Kadhafi, l'espoir renaît et plusieurs démarches ont été initiées en direction des nouvelles autorités libyennes, soit par des membres de la communauté Toubou en Libye,  soit par des initiatives d'autres personnes.

    Dans un premier temps, ces autorités ont été très étonnées de n'avoir aucune information, pas de témoignages, pas de documents de sa présence dans les liens de détention. On a supposé qu'il pouvait être dans les zones non encore libérées. Pas de traces de son décès sur les registres à l'hôpital où on l'avait déplâtré. Puis toujours rien, Youssouf Togoimi n'était nulle part. Le mystère continua...

    Un fait nouveau important se produisit : L'extradition d'Abdallah  Senoussi de la Mauritanie vers la Libye.

    Depuis bientôt un mois, Abdallah Senoussi est interrogé sur de nombreux dossiers, à la fois de politique interne mais aussi internationale, par les autorités libyennes. La communauté Toubou en Libye a posé la question, entre autres affaires primordiales : La disparition de Youssouf Togoïmi. Le patron des services de renseignements de KHADAFI a fait les révélations suivantes selon des sources proches  du dossier :

    « M. Youssouf Togoïmi ne voulait pas faire la paix avec Idriss Deby. A partir de l'hôpital, il a été confié aux émissaires de Deby, par Moussa KOUSSA(Directeur des services exterieurs) :

    M. Adoum TOGOI, numéro 2 du mouvement  était d'accord et Abderraman MOUSSA  avec 2 autres émissaires de Deby, par avion spécial, l'ont remis à Idriss Deby, 4 jours après. Après quoi, M Adoum TOGOI a signé l'accord de ralliement à Idriss Deby et tout est rentré dans l'ordre.»

    Youssouf  Togoïmi  aurait été liquidé comme tant d'autres  après qu'on l'ait livré comme un vulgaire paquet. Indiquons que c'est à la suite d'un accord entre les deux pays signé devant Khadafi que M. Abbas Koti avait accepté de rentrer au Tchad. Ce fut un piège immonde puisqu'il fut mitraillé en plein jour dès qu'il arriva à Ndjamena. Idriss Deby est coutumier du fait. Le colonel Mahamat Fadil et le capitaine Ouléda Nouri  ont été livrés à l'Exécuteur par l'ancien président du Niger Baré MAINASSARA. Goukouni Guet et le ministre ALBOUKHARI et leurs compagnons ont été livrés par les autorités du Nigéria, plus précisément  par le Gouverneur du Borno State. Ibni Oumar, Guetti Mahamat, Abbas Koti , ont tous été exécutés. La liste des martyrs est longue (Voir à ce sujet dans notre site à la rubrique Portraits, celui d'Idriss Deby, évoquant  l'élimination de toutes les personnes qui le dérangent).

    A la mort de Kadhafi, nous avons écrit un texte intitulé « Devoir de Mémoire » et c'est encore dans cet état d'esprit que nous souhaitons que les autorités libyennes aillent plus loin dans leur quête de vérité afin que tous les actes criminels posés par Khaddafi contre le peuple tchadien, contre le régime du Président Habré, soient connus et rendus publics. De même, que tous les actes odieux et barbares commis en complicité avec Idriss Deby doivent être sus. Précisons qu'Idriss Deby n'avait pas hésité, à demander, à sa garde présidentielle envoyée au combat en soutien aux troupes de Khaddafi, de couper les oreilles des jeunes combattants du CNT sur le terrain, afin de les terroriser et de mettre un terme à leur engagement contre  Kadhafi. Ces révélations ont été faites par une journaliste du journal français « Le Monde » envoyée en reportage pour couvrir la guerre en Libye.

    La rédaction de Zoomtchad.

  • Dans un interview accordé à la chaine Qatarie, Al jazeera, Idriss Deby a accusé la Libye de préparer une agression contre son régime. « Nous savons où sont formés les aventuriers et les camps ouverts pour les accueillir», affirme le potentat de N’djamena.

    Depuis la chute du colonel Kadhafi, Idriss Deby n’a cessé de contester les nouvelles institutions libyennes. C’était Deby qui, dans une de ses déclarations avait affirmé que les jihadistes maliens et AQMi ont été armés par les islamistes libyens. Or depuis un récent article paru dans l’Hebdomadaire, Jeune Afrique, cette affirmation a été sérieusement contredite. (Mali : le mythe de l’armement sophistiqué des jihadistes et du MNLA).

    Dans cet entretien Deby a également réclamé des indemnisations pour les pertes subies suite à la guerre Tchad-Libye, déclenchée par son parrain Kadhafi.  « Je n’oublie pas plus d'un million de mines plantées par la Libye au nord du Tchad et ces mines ont tué de nombreux Tchadiens continuent de tuer, l'histoire viendra le jour où les Tchadiens exigeront réparation pour les préjudices subis », annonce Deby. Le problème du conflit tchado-libyen a vu son épilogue avec la décision de la Cour Internationale de Justice (CIJ) qui avait rendu un arrêt favorable au Tchad, rendant ainsi la bande d’Aozou au pays de Toumai. Idriss Deby aurait dû réclamer indemnisation à Kadhafi à l’époque. A l’époque la souffrance endurée par les victimes de cette guerre était méprisée au profit de ses intérêts personnels.

    Selon certaines rumeurs persistantes, Deby aurait aidé des anciens Kadhafistes et des résidus du régiment de son fils Khamis à s’organiser pour prendre leur revanche.

  • Nomaye Madana (ici à gauche), directeur du Centre National de Curricula a été assassiné. Selon la radio FM Liberté, Dr Nomaye Madana a été tué hier par des braqueurs. Les malfrats ont emporté son véhicule.

    La ville capitale N’Djaména s’est réveillé en cette matinée du 25 avril 2013 avec une triste nouvelle. Selon nos sources, M. Nomaye Madana, directeur du Centre National de Curricula a été assassiné par des individus non identifiés au quartier Dembé dans le 7ème arrondissement. Ces bandits ont disparu dans la nature en emportant sa voiture de service. La nouvelle a très rapidement gagné tout le pays. Les appels téléphoniques et messages se multipliaient, car chacun tenait à vérifier cette information.

    A son domicile au quartier Moursal, l’émotion est très grande. La famille de cet enseignant, les voisins, les amis et autres connaissances sont inconsolables. Il est difficile d’avoir les informations exactes sur cet acte odieux.

    « Ils l’ont tué pour prendre sa voiture. Nous avons perdu un baobab dans notre famille. Pour une histoire de voiture on va tuer une personne », se lamente une femme avec les larmes aux yeux.

    « Nous avons travaillé avec lui plusieurs années. Nomaye est mon responsable et il est toujours à l’écoute de ses collaborateurs. C’est un homme qui aime le travail et il le fait avec gaieté. Il a consacré sa vie pour former les enseignants. Aujourd’hui, il était pratiquement à la fin de sa carrière et attendait aller à la retraite. Voilà qu’il est assassiné pour rien », a témoigné une enseignante qui fut une des collaboratrices du défunt.

    C’est ainsi que depuis ce matin du 25 avril, le Centre National de Curricula dont il était le responsable se retrouve orphelin de son directeur. En 2009, son chauffeur, un jeune d’une vingtaine d’année avait été assassiné au quartier Abéné toujours dans le 7ème arrondissement, la veille de la fête du nouvel an. Les malfrats avaient aussi emporté le véhicule de service du directeur du Centre National de Curricula. Aujourd’hui, c’est le même scenario qui se répète et c’est pratiquement dans les mêmes circonstances qu’il a trouvé la mort.

    Aujourd’hui, le monde de l’éducation au Tchad est en deuil.

    Le CNC a été créé par une loi en date du 13 décembre 2002, avec comme objectifs de développer des programmes scolaires adaptés, d’élaborer et expérimenter de nouveaux Curricula ; de concevoir et produire de nouveaux manuels en français et en arabe (les deux langues officielles du Tchad). Le CNC prend en compte également les innovations pédagogiques expérimentées au Tchad, notamment l’éducation à la vie familiale, l’éducation environnementale, l’éducation à la culture de la paix, aux droits de l’Homme et l’éducation préventive contre le VIH-Sida.

    Né en 1949 à Moundou au Tchad, Madana Nomaye est titulaire d’un doctorat en Sciences de l’Éducation, de l’université de Caen (France). Ancien instituteur et lauréat de l’université Laval (Québec-Canada), Nomaye a été longtemps chargé de la formation des enseignants au Tchad. Il a participé à plusieurs groupes de recherche sur la problématique de la qualité de l’éducation en Afrique.
    Spécialiste de la pédagogie des grands groupes, Madana Nomaye a notamment écrit l’ouvrage « Pédagogie des grands groupes et éducation primaire universelle. Afrique subsaharienne » publié en 2006 à Paris aux éditions L’Harmattan.

    L’équipe de TchadPages est très touchée par l’assassinat de notre camarade Madana Nomaye. C’est une très grande perte pour notre pays qui manque tant d’enseignants et de pédagogues et d’experts de la taille de Madana Nomaye. Nous présentons nos condoléances les plus attristées à la famille et à tous les enseignants du Tchad.

    Voici ci-dessous un lien vers la bande audio de l’entretien qu’il a eu le 7 juillet 2011 avec Charles Delorme, directeur du CEPEC International (Centre d’Etudes Pédagogiques pour l’Expérimentation et le Conseil). 

    Écoutez l’entretien de l’expert en Pédagogie des grands groupes :

     http://www.cepec-international.org/ressources-documentaires/interviews/812-interview-de-nomaye-madana-

    Avec Edouard Takadji, l’équipe de TchadPages, Convergence pour une Émergence Citoyenne au Tchad

  • La Coordination Internationale des Forces Vives Tchadiennes en Exil (Pôle d’Afrique), attire l’attention des organisations humanitaires en général, de l’opinion publique nationale et internationale sur la détérioration inquiétante de la situation des droits de l’homme au Tchad.
     
    En effet, depuis l’intervention des troupes tchadiennes au Mali, tous les regards sont rivés vers le rôle que jouent celles-ci, dans la lutte contre le terrorisme au Sahel au mépris du sort des populations tchadiennes soumises à des rudes épreuves d’une inadmissible et terrible tyrannie sans égale en Afrique.
     
    La coordination Internationale des Forces Vives Tchadiennes en Exil (Pôle d’Afrique), porte à la connaissance de la communauté internationale l’épineuse question de violations massives des droits humains qui se commettent dans le pays sous silence quasi-unanime de l’opinion publique totalement insouciante.
     
    Grâce à nos relais locaux au Tchad, nous avons été saisis de nombreuses arrestations arbitraires et détentions illégales des citoyens tchadiens. Par ailleurs, des opposants tchadiens au régime d’Idriss Deby, sont arrêtés et extradés vers le Tchad avec la complicité des pays limitrophes.
    Nous interpellons les autorités tchadiennes sur ces cas différents cas ci-après :
    • Le 22 mars dernier, M.Jean Laokolé, écrivain et humanitaire tchadien, a été kidnappé  par les agents des services de renseignements enturbannés sur la base d’une dénonciation fallacieuse. Il reste gardé au secret dans une  caserne réputée triste  de l’armée tchadienne appelée Amsinéné. On lui reproche d’être auteur des articles dénonciateurs à l’encontre du ministre Jean Bernard Padaré.
    • Le 24 mars 2013, 17 personnes originaires du canton Assala, ont été arbitrairement arrêtées dans la région du Salamat sur ordre de Mahamat Zène Ali Fadel, ministre de l’intérieur. Leur tort : elles sont accusées de réclamer un canton dans ladite localité de Salamat. 
    • Le 16 avril 2013, M.Ismail Idriss, ancien ministre et opposant au régime tchadien, a été interpellé à Bangui (RCA) par les responsables de l’Agence Nationale pour la Sécurité (ANS), puissante police politique du pouvoir d’Idriss Deby qui opère à l’intérieur et à l’extérieur pour traquer les membres de l’opposition tchadienne en exil. Détenu discrètement à Bangui, M.Ismail Idriss a été livré  ce samedi 20 avril 2013 au régime tchadien par les nouvelles autorités centrafricaines. Sa vie est désormais en danger. 
    • Le 19 avril 2013, plusieurs ressortissants tchadiens vivants au Congo Brazzaville, ont été interpellés dans leurs domiciles à Oyo, région natale du Président Sassou Nguesso. Ils risquent d’être extradés vers le Tchad à la demande des autorités tchadiennes.
    • Depuis le 20 août 2011, M.Djibrine Assali, ancien secrétaire général, de l’Union des Syndicats du Tchad (UST), est toujours en détention arbitraire au Soudan. Tous les efforts déployés par sa famille pour le localisé,  ont été infructueux. Des lourds soupçons pèsent sur son extradition vers le Tchad avec la complicité des autorités soudanaises.
    • En avril 2011, le colonel Adoum Hassaballah, Président de l’Union des Forces pour le Changement Démocratique (UFCD) et 1er Vice-président de l’Union des Forces de la Résistance (UFR), il a été arrêté à Adis Abeba en Ethiopie. Depuis lors, il n’a pas réapparu.
     
    • Le 03 février 2008, le Pr Ibni Oumar Mahamat Saleh, leader du Parti pour les Libertés et le Développement (PLD), opposant pacifique au régime tchadien, a été enlevé  chez lui devant sa famille par la garde prétorienne d’Idriss Deby. Il a été  torturé puis tué par les forces tchadiennes. Malgré un mouvement de mobilisation et de protestation internationale, Idriss Deby s’obstine de répondre aux nombreuses préoccupations des organisations de défense des droits de l’homme au niveau national et international.
    Tous ces faits mentionnés se passent dans une indifférence générale, comme si les Tchadiens ne méritent pas la moindre attention de la part des institutions sous-régionales et internationales en charge du respect des droits de l’homme. Autant, la lutte contre le terrorisme dans le sahel, est une source d’inquiétude pour la communauté internationale, autant la situation des violations massives et récurrentes des droits de l’homme au Tchad sous d’Idriss Deby, doit interpeller la conscience internationale.
    Face à cette dégradation spectaculaire des droits humains au Tchad, nous :
     
    1. Dénonçons et condamnons avec la dernière détermination ces arrestations individuelles et collectives des tchadiens qui croupissent dans les prisons insalubres au Tchad,
    2. Protestons contre  l’extradition vers le Tchad de l’opposant Ismaïl Idriss livré par le régime de Michel Djotodia,
    3. Exigeons la libération immédiate et sans délai de toutes les personnes incarcérées arbitrairement au Tchad et à l’étranger,
    4. Rejetons la politique compromettante et cynique des autorités françaises avec le régime tchadien,
    5. Demandons à la communauté africaine et internationale de cesser de cautionner les dérives autocratiques et tyranniques d’Idriss Deby au Tchad,
    6. Appelons le peuple tchadien à prendre en main sa responsabilité et son destin, pour se libérer de cette tyrannie inadmissible du  régime d’Idriss Deby qui n’épargne personne au Tchad.

     

     

                                                                                                           Fait à Dakar, le 21 avril 2013
                                                         Les Forces Vives Tchadiennes en Exil (Pôle d’Afrique)
  • La ville d’El Geneina, capitale du Darfour ouest, a vécu hier une mutinerie impliquant des forces de police chargées d’escorter les convois des commerçants entre les villes. Ces convois, très risqués, sont nécessaires à cause des activismes des rebelles du Darfour. Selon des témoins occulaires, l’insurrection est déclenchée suite à un problème de partage des pécules payés par les commerçants

  • Le chef d’état major général adjoint du Mouvement pour la Justice et l’Egalité, Saleh Mohamed Jerbo, est mort dans une embuscade tendue par des éléments fidèles à Jebril Ibrahim à Darforia dans le Nord Darfour.

    Selon le Conseiller politique de la branche signataire d’un accord à Doha, Nahar Osmane Nahar, que cette attaque est la 3ème depuis qu’ils ont entrepris des négociations avec le régime de Khartoum à Doha.

    Nahar Osmane Nahar, conseiller politique du Mje
    Venus avec 18 véhicules, les éléments affiliés à Jebril ont tendu cette embuscade où Jerbo a perdu la vie à Darforia, selon la même source.

    Depuis la mort du leader charismatique du MJE, Khalil Ibrahim, le mouvement peine à retrouver ses marques malgré la désignation de son frère, Jebril Ibrahim, comme président du mouvement, et plonge dans une série interminable de scissions.

    « Par ces actes ignobles, Jebril et ses acolytes sapent les derniers espoirs de la population du Darfour pour leurs ambitions personnelles », poursuit Mr Nahar. «Ce crime ne restera pas impuni », conclut-il.

    Selon certaines sources, Mr Jerbo serait sur la liste des recherchés par la CPI, comme Abdallah Banda, du mouvement d'Arkou Minawi, qui s'est rendu à la Cour en 2010. Ils seraient accusés de meurtre de 12 casques bleues appartenant à l'UNAMID le 29 septembre 2007 à Haskanita.

     

     

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    L’annexion de la RCA par le Tchad réaffirmée

     

    L'opposant tchadien Ismail Idriss Ismail, arrêté à Bangui le 16 avril dernier, a été livré dans la journée dusamedi 20 avril aux autorités de N'djamena, après avoir séjourné dans lesquartiers généraux de la FOMAC.

     

    Par Juliette Abandokwe

    Ancien Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et Vice-président du FUC (Front Uni pour le Changement), Ismail Idriss Ismail avait été enlevé le 16 avril dernier à Bangui par les agents d'Idriss Deby qui quadrillent la capitale centrafricaine ces derniers temps. Dans ce même cadre, les autorités congolaises ont arrêté plusieurs membres de la communauté tchadienne le mercredi 17 avril 2013 au Congo, soit plus de 70 personnes qui ont été arbitrairement interpellées à Oyo, village natal de Sassou Nguesso.

    A Bangui, l'heure s'aggrave.... 

    Idriss Deby est bel et bien en train de réaffirmer son annexion de la République centrafricaine. Le tout jeune et encore immature gouvernement centrafricain est d’ores et déjà infiltré par fait accompli. En effet, au Ministère (centrafricain) de la Défense, on retrouve dans les nouvelles nominations du 17 avril 2013 –prononcées sans aucun doute pour certaines avec le couteau sous la gorge - en charge de la réorganisation des FACA comme chef du 2ème Bureau, un Tchadien pur souche, le Général de Brigade Mahamat Bahar du « Bataillon de Soutien etde Services ». Or Mahamat Bahar n'est autre qu'un agent secret Tchadien, responsable des éléments de l’Agence Nationale (tchadienne!) pour la Sécurité (ANS), envoyés à Bangui  pour traquer les membres de l’opposition tchadienne en République centrafricaine, qui seraient tentés de s’allier à Michel Djotodia contre Idriss Deby.

    Mahamat Bahr a entre autre pour mission d’identifier les anciens rebelles tchadiens qui circulent dans la sous-région, donc d’assurer la main mise d’Idriss Deby sur sa « bouée de sauvetage ».  Sa nomination au Ministère (centrafricain) de la Défense lui permet de bien s’acquitter de sa mission dorénavant.

    Le Centrafrique est aujourd’hui occupé par Idriss Deby et ses sbires, militairement et politiquement, provoquant et encourageant un désordre indescriptible fait de pillages, abus et violations en tout genre, avec la bienveillante collaboration des éléments restés fidèles à François Bozizé. Alors que beaucoup de Centrafricains ne voient ce désordre qu’au premier degré, à travers le mal fait à leurs parents et à leurs  voisins, l’envers du décor est bien plus complexe qu’en apparence.

    Djotodia est au coeur d’une pression qui ne dit pas son nom, un chantage immonde qui lui dit : 

    Soit tu te plies à notre volonté à la lettre,soit nous te détruisons et te faisons porter le chapeau pour le sang qui coule à Bangui dans les quartiers. 

    En d’autres termes, les violences perpétrées à Bangui font partie d’une très cynique stratégie de provocation qui vise à asseoir la domination du Tchad sur la RCA, avec l’assentiment intéressé du gouvernement français. 

    Suite à la déclaration de Laurent Fabius conditionnant l'aide de la France en RCA à la légitimation du chef de l'Etat centrafricain actuel,  nous devons donc comprendre que le chef de l’Etat présent de mars 2003 à mars 2013 était légitime, et que par conséquent nous étions à cette époque dans un Etat de droit qui ne pouvait pas souffrir d’une ingérence style Barracuda ou Licorne quelle qu’elle soit. Voilà donc l’histoire de la République centrafricaine « made in France » !

    Les crimes de l'Etat français en Afrique accompagnés de légitimations ubuesques et révisionnistes – qui ont entre autre permis à l’Afrique d’entrer dans l’histoire n’en déplaise à notre révisionniste-en-chef à talonnettes - sont bien connus de tous. Les négations en tout genre, à l'instar du Premier ministre François Fillon qui qualifie en 2009 les bombardements français au napalm de plusieurs centaines de mille citoyens camerounais pendant la guerre, de foutaise, continuent. Le pédantisme et l'arrogance des autorités françaises en République centrafricaine aujourd'hui sont dans la parfaite continuité du terrorisme politique institutionnel que nous vivons depuis plus d'un demi-siècle.

    Nous sommes en RCA aujourd’hui au coeur d'un véritable bras de fer à relent très nauséabond de chantage et de mise devant le fait accompli. Alors que le peuple Centrafricain aurait pu, dans d’autres temps et sous autres cieux choisir son chef, c’est en réalité Fabius, Zuma, Yayi et Deby qui s’amusent dans la cour de récréation centrafricaine et qui décident de la direction à prendre.

    Le désordre qui règne à Bangui en ce moment n'est qu'une pure fabrication politique pour faire comprendre aux Centrafricains qu'ils sont impuissants, très nuls et surtout superflus. Les détracteurs du peuple centrafricain n’aiment que la culture de médiocratie. Bozizé était donc un très bon président. Si un autre s’avise de vouloir changer le cours de l’histoire, on va donc tout faire pour le rendre médiocre et misérable, à moins qu’il ne se montre très respectueux du pré-carré établi, en attendant en tout cas.

    Chers Compatriotes, ne nous leurrons surtout pas. Djotodia ne fera l’affaire de la France et du Tchad que le jour où il aura déposé ses tripes sur la table des "négociations". Les divers crimes commis aujourd’hui sur la place banguissoise ne sont là que pour lui rappeler qu’il n’est rien et qu’il ne peut rien. Au lieu de demander à Deby d’arrêter de semer la désolation en RCA, on est obligé de lui demander de l’aide pour mettre de l’ordre. Il n’y a pas donc pas deux moyens d’arrêter les exactions.

    Entre les déclarations colonialistes de Laurent Fabius et les ricanements d’Idriss Deby, nous comprenons que nous sommes gravement manipulés. Le sort du Centrafricain lambda n’intéresse pas ces gens-là. Ils ne voient que le pétrole et autres sources d’enrichissement. Pour mieux s’amuser, ils s’évertuent encore à jeter l’huile sur le feu de la division.

    Quand RFI nous parle d’une RCA « contrôlée par Seleka », nous avons une preuve supplémentaire de la duplicité des médias français. Les débris de Seleka sont devenus des instruments de recolonisation et d’annexion.

    La position et la qualité de Michel Djotodia depuis le coup d’Etat du 24 mars dernier a déjà fait couler beaucoup d’encre. Les critiques et les qualifications en tout genre jonglent avec la grave crise humanitaire sur le terrain. Les uns l’accusent de vouloir instaurer une république islamique (avec 15% de Centrafricains musulmans !), les autres de manque de carrure, et beaucoup s’estiment plus "qualifiés" et "honnêtes" que lui. 

    Tous les qualificatifs du monde ne changeront rien au fait que n’importe quel individu aurait essuyé les mêmes réflexions à sa place. L’angoisse sur l’avenir de laRCA en cas de chute de Bozizé avait paralysé bon nombre de Centrafricains soucieux de leur patrie. D’imaginer un coup d’Etat était impensable pour beaucoup, même si l’évidence faisait qu’il n’y avait pas d’autre issue à la massive prédation de Bozizé. Un changement à la tête du pays signifiait un immense espoir et surtout l’idée un peu naïve qu’on allait sauter de l’enfer au paradis le même jour.

    Quand on chasse un monsieur qui se moque gravement de tout le mondeouvertement, il est difficile de lui demander de légitimer et de proclamer sonpourfendeur, d’où l’autoproclamation du nouveau chef, au moins dans un premiertemps. Certains, comme les "messieurs Afrique" de l'Elysée, s'amusent à jongler avec le concept d'autoproclamation. On ne se rappelle plus très bien qui avait proclamé François Bozizé président le 15 mars 2003... mais bon! c'est du passé ça, n'est-ce pas...

    Nous sommes aujourd’hui dans un débat d’opinion très important - qui pourrait si on le voulait, nous faire évoluer  - où il parait léger de considérer au premier degré les exactions perpétrées dans certains quartiers de Bangui. Nous sommes nombreux à ne pas cacher que le chef précédent était devenu complètement insupportable dans tous les sens du terme, et qu’il fallait impérativement qu’il parte. Si les qualités de son potentiel remplaçant étaient depuis longtemps dans toutes les bouches, un dénouement dans le drame était à prévoir. 

    Puisqu'ils font partie de l’Histoire, nous sommes forcés de continuer avec les faits et de nous accommoder des événements qui ont eu lieu, même si dans un premier temps ils nous ont permis de dégager un chef avéré profondément nuisible. Le degré de nuisance de son remplaçant ne peut pas être proprement jugé aujourd’hui, dans des circonstances où l’opposition démocratique officielle ne rencontre pas l’unanimité, où beaucoup de jeunes souhaitent « autre chose »  mais ne sont pas en mesure de s’organiser concrètement avec des projets réalistes, où la société civile est inaudible donc inefficace, et où le tyran déchu, qui voulait malgré toutes les pressions se représenter illégalement à la présidence, réclame depuis chez Paul Biya à côté, le retour à l'ordre constitutionnel. Dans ces conditions, nous resterons donc toujours les dindons de la farce, victimes des circonstances, et nous seront toujours obligé d'incriminer les actions d’individus qui ont décidé, à tort ou à raison, de marquer l’Histoire de leur empreinte. Nous sommes tous des individus !

    C’est ainsi donc qu’avant de condamner et de cataloguer les responsabilités dans les exactions en ville de Bangui, posons-nous d’abord la question sur les circonstances et les objectifs stratégiques de ces activités de déstabilisation, ainsi que le degré d’importance aux yeux des véritables maitres de Bangui, du sort des populations. Avant de vouloir envoyer les « responsables » à la CPI, demandons-nous d’abord qui sont les véritables responsables. Enfin, réfléchissons bien sur l’existence d’une justice à deux vitesses, et questionnons d’abord la non-existence d’un dossier Bozizé pour la CPI pour ses tueries, séquestrations arbitraires et tortures à Ngaragba et à « Guantanamo » - Bossembele, qui auront au moins marqué une fois chaque famille centrafricaine, et qui, surtout, sont à la source de la situation d’aujourd’hui.

    Sur un plan indispensablement plus global, en vertu d’un destin géopolitique inextricablement lié, rappelons-nous que nos frères et soeurs Tchadiens vivent depuis plus de 20 ans sous la férule d’un Deby complètement sanguinaire, et que plus que jamais aujourd'hui, il rafle,torture et tue tout ce qui ne baisse pas la tête pour lui lécher les pieds. La République centrafricaine représente sa bouée de secours et il ne veut évidemment pas la laisser s’échapper.

    Ismail Idriss Ismail a été livré aux appétits diaboliques d’un Deby très mal à l’aise et qui a besoin de tout maitriser pour se protéger. C’est ainsi que l’ombre de l’ancien chef d’Etat-major, assassin de milliers d’opposants en 20 an set complice des crimes contre l’Humanité d’Hissène Habré, plane au-dessus de Bangui qui devient le théâtre de crimes qui nous concernent tous qu’on le veuille ou non.


    Ismail Idriss Ismail suit aujourd’hui les mêmes traces que Charles Massi dont les circonstances avant sa mort par torture ont été similaires. La responsabilité des autorités centrafricaines sont en jeu, même si nous savons que les services secrets tchadiens règnent en maitre à Bangui, de gré ou de force.

    Ismail Idriss Ismail sera-t-il torturé à mort comme Ibn Oumar Saleh ou Charles Massi ? Les précédents sont là, incontournables et immuables, sans que la moindre enquête indépendante n’ait abouti à ce jour dans ces deux disparitions.

    L’impunité omniprésente, la brutalité abyssale, le diabolisme développécontre toute forme d’opposition, c’est cela que nous devons condamner avanttout aujourd’hui. L’intolérable.

  • Il y a un an à peine, il était encore le "tout-puissant ministre du ciel et de la terre" du Sénégal, aspirant à marcher dans les pas de son président de père, Abdoulaye Wade. Aujourd'hui, note L'Observateur Paalga, Karim Wade, 44 ans, "s'enfonce dans les abîmes".

    Mercredi soir, l'ex-ministre de la coopération internationale, des transports aériens, des infrastructures et de l'énergie a ainsi été inculpé pour "enrichissement illicite"et incarcéré à Dakar, selon l'un de ses avocats.

    Deux jours plus tôt, le procureur de la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI) – juridiction chargée de traquer les "biens mal acquis" et réactivée par le nouveau chef de l'Etat, Macky Sall, après une longue mise en sommeil – avait ordonné son placement en garde à vue.

    "NÉPOTISME AFRICAIN"

    Le magistrat ne se disait pas "convaincu de la pertinence" des explications fournies par Karim Wade sur l'origine de sa fortune, estimée à 694 milliards de francs CFA (1,05 milliard d'euros), rapportent Afrik.com et Le Griot.info. Le substitut du procureur avait, de son côté, évoqué une "véritable ingénierie financière frauduleuse" faite de "montages complexes" et de "sociétés à tiroirs".

    Bien qu'acculé, le fils de l'ancien chef de l'Etat multiplie les dénégations et conteste "98 % du patrimoine que lui impute la CREI", indique Jeune Afrique. Sa garde prétorienne n'est pas en reste, fustigeant "une conspiration" (Fraternité Matin). A en croire les "wadiens", tout était programmé à l'avance par le nouveaupouvoir, soucieux de faire rendre gorge aux dignitaires de l'ancien régime.

    Mardi, Le Pays estimait que "l'affaire Karim Wade" avait le mérite de battre en brèche le "népotisme africain". Mais pour Le Temps, la priorité réside dans la refondation du lien entre la classe politique et les citoyens : "reconstruire le socle de la confiance (...) tel est bien ce que l'on attend du gouvernement et du président Macky Sall".

     

    Lire la suite sur le site du Monde.fr

  •  

    Le fondateur de l'Arche de Zoé, Eric Breteau, et sa compagne Emilie Lelouch, condamnés par la justice française pour avoir tenté d'exfiltrer des enfants du Tchad présentés comme des orphelins du Darfour, vont être remis en liberté en attendant leur procès en appel en novembre.

    La cour d'appel de Paris a ordonné jeudi leur remise en liberté immédiate. Ils devraient quitter la maison d'arrêt de Fresnes, en région parisienne, dans les prochaines heures.

    A l'annonce de la décision, ils ont remercié les magistrats de la cour.

    Eric Breteau, 42 ans, et Emilie Lelouch, 37 ans, avaient avec l'association tenté en 2007 d'exfiltrer vers la France 103 enfants présentés comme des orphelins du Darfour, mais selon plusieurs ONG, ces enfants étaient en fait pour la plupart Tchadiens et avaient au moins un parent en vie.

    Ils avaient été condamnés le 12 février à trois ans de prison, dont un avec sursis, pour escroquerie, exercice illicite de l'activité d'intermédiaire à l'adoption et tentative d'aide à l'entrée ou au séjour de mineurs en situation irrégulière par le tribunal correctionnel de Paris.

    La cour leur a imposé un contrôle judiciaire leur interdisant de quitter la France et d'exercer toute activité humanitaire en lien avec des mineurs. Ils ne s'étaient pas présentés devant le tribunal correctionnel de Paris lors de leur procès, mais étaient venus pour le délibéré.

    En vertu du mandat d'arrêt délivré par le tribunal, ils avaient été arrêtés par les gendarmes et incarcérés.

    Le couple sera rejugé du 20 au 29 novembre devant la cour d'appel de Paris, avec le logisticien Alain Péligat, condamné à six mois de prison et qui a lui aussi fait appel.

    Les trois autres prévenus, condamnés en première instance à des peines de six mois de prison avec sursis à un an de prison avec sursis, n'ont quant à eux pas fait appel.

    Tout comme quatre autres bénévoles, Eric Breteau et Emilie Lelouch avaient été condamnés au Tchad à huit ans de travaux forcés pour tentative d'enlèvement d'enfants. La peine avait été commuée en années de prison en France, avant que le président tchadien ne prononce une grâce en leur faveur.

    Lire la suite sur le site Romandie.com

  • Des informations alarmantes circulent au sujet d'Ismaël Idriss qui aurait été arrêté en Centrafrique. Ancien des mouvements politico militaires de l'Est du Tchad, il serait enlevé par les agents du gouvernement tchadien. Il faut signaler que ces derniers temps la Centrafrique est occupée par Deby et ses sbires provocant ainsi pillages, viols et assassinats des civils et opposants. Un autre colonel de l'armée tchadienne réfugié en RCA aurait été, lui, déporté vers N'djamena.

    Ismaël Idriss avait occupé plusieurs fonctions notamment Secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères dans le gouvernement Kassiré2. Tout retour vers le Tchad l'exposera à des dangers certains et les auteurs, c'est à dire les nouvelles aurorités centrafricaines seront tenues pour responsables.

    La Gazette, s'indigne du silence de la communauté internationale qui encourage Idriss Deby à occuper la Centrafrique et piller ses ressources.

  • Apres la France, le Tchad annonce le retrait de ses troupes au Mali. L’annonce a été faite dimanche par le président Idriss Déby. C’était à l’occasion d’une interview accordée à plusieurs médias français dont RFI, TV5 Monde et Le Monde. Pour le président tchadien, ses soldats vont retourner au pays car ils n’ont pas de compétences pour affronter l’action d’une nébuleuse, de type guérilla.
     

    (De notre correspondant à Bamako)

    « Nos soldats vont rentrer au Tchad. Les soldats tchadiens n’ont pas la compétence réelle pour faire face à une nébuleuse. Ils ont accompli leur mission. Nous avons déjà retiré un bataillon mécanisé », a annoncé Idriss Déby, dans une interview accordée dimanche à RFITV5 Monde et au journalLe Monde.

    Le premier bataillon tchadien d’appui lourd a déjà quitté Kidal, samedi, pour rentrer au pays, le reste des éléments suivra progressivement, selon le président Déby. Toutefois le Tchad se dit disponible à une future force des Nations unies qui devrait atteindre à terme les 11.000 hommes au Mali.

    Dans cette interview, Idriss Déby a affirmé que le djihadiste Belmokhtar est mort en se faisant exploser : « Nous avons les preuves de sa mort. On n’a pas pu filmer parce qu’il s’est fait exploser, après la mort d’Abou Zeïd. Il n’a pas été le seul. Trois ou quatre djihadistes en désespoir de cause se sont fait exploser », a déclaré le président tchadien.

    Avec ses 2000 soldats, le Tchad a payé un lourd tribut de son intervention armée au nord Mali. Avec une trentaine de soldats tués, les forces tchadiennes, considérées comme les plus efficaces de la région, ont été très actives auprès des forces françaises pour chasser les islamistes du territoire malien notamment dans la bataille du massif des Ifoghas à l’extrême nord-est du Mali, le dernier refuge des islamistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

  •  

    Mme la ministre sénégalaise de la Justice, Gardes des Sceaux, Aminata Touré avait promis que le procès de l’ancien président tchadien, Hissène Habré, allait débuter en janvier et qu’il durerait au plus 23 mois. Plus de trois mois se sont écoulés sans que rien ne bouge. Point d’argent pour les enquêtes, aucune nouvelle plainte sur la table des juges... Seule l’ambition prêtée au chef de l’Etat sénégalais de remporter le Prix Nobel de la Paix est jetée dans la corbeille.

     

    Les Chambres extraordinaires africaines (Cea) chargées de juger l’ancien chef de l’Etat tchadien, Hissène Habré, n’ont pas encore les moyens de débuter leur travail. Une source du senegalais.net, bien imprégnée du dossier, affirme que les Etats n’ont pas encore donné leur contribution. Et le Sénégal, maître d’œuvre du procès, risque de se retrouver seul dans ce dossier brûlant que lui a refilé la communauté internationale.

    DROITS DE HABRE VIOLE. Ensuite, indique notre source, en ouvrant un procès contre Hissène Habré, « l’Etat du Sénégal viole le droit d’asile de l’ancien président tchadien ». Pourtant, rappelle la source, ce droit d’asile est sacré pour avoir été accordé par le président Abdou Diouf, qui avait imposé une condition : qu’Hissène Habré de tente rien contre son pays à partir du Sénégal et qu’il ne se mêle pas de la vie politique tchadienne. « Tant que le président Habré respecta cette obligation de réserve, fait remarquer la source, l’Etat du Sénégal ne devra pas violer d’asile reconnu par toutes les Conventions internationales et qu’il a ratifié ».

    Autre chose qui pourrait être cause de retard au démarrage du procès, pour le moment, indique la source du senegalais.net, « aucune plainte n’a été déposée auprès des Chambres extraordinaires africaines ». Une première plainte avait toutefois été déposée contre le président Habré, en 2000. Mais, dans ladite plainte, « seules sept (7) personnes y figurent comme victimes », fait-on remarquer. Y aura-t-il d’autres plaintes, notamment du gouvernement d’Idriss Débi, actuel président du Tchad pour d’éventuels « crimes économiques » ?

    Une source affirme que le président sénégalais Macky Sall « a accepté de foncer dans ce procès pour espérer décrocher le Prix Nobel de Paix ». Selon cet "ami" du nouvel habitant du village de Ouakam, « c’est Reed Brody, Conseiller juridique de WRH, qui lui aurait promis le Prix Nobel de la Paix ».

    SERIGNE MOUR DIOP

    Sources: LE DAKAROIS

  • Pour la première fois de son histoire sur la scène internationale, notre pays – le Tchad, espérons-le, est dans les dispositions particulières lui permettant d’être élu membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU lors des élections d’octobre 2013 à New-York ; il a une réelle chance d’y accéder.

    Membre de la Communauté internationale à part entière, le Tchad, de par sa position géostratégique et géopolitique – y compris son récent rôle déterminant sur le continent africain, sera de ce fait appelé à être à la hauteur des nouveaux enjeux internationaux et géostratégiques tout en s’efforçant de sauvegarder, promouvoir et consolider ses intérêts vitaux. Sa visibilité internationale dépendra aussi de la vision que le Tchad va mettre en avant, des projets qu’il va porter, des perspectives qu’il va tracer ainsi que de l’énergie et des acteurs qu’il va parvenir à mobiliser.

     

    Cela passera nécessairement par la conscientisation citoyenne et la mobilisation sincère de la classe politique, des diplomates, de la société civile, des intellectuels, des journalistes et des citoyens en général dans l’amélioration de son aura, en promouvant ses multiples atouts ; et Dieu seul sait combien ils sont nombreux aussi bien sur le plan politique, social, culturel que de son potentiel économique. 

    Sa participation active aux opérations de maintien de la paix dans le monde et son hospitalité légendaire malgré ses moyens limités (accueil des milliers des réfugiés soudanais, centrafricains, libyens…) pourront également servir de levier dans ses différentes démarches, en l’occurrence  dans son lobbying diplomatique. C’est aussi une occasion pour le Tchad de démontrer au plus haut niveau sa solidarité internationale et son expérience acquise dans divers domaines, mais aussi pour être à l’écoute des autres et en particulier des États membres des Nations unies. 

    Il sera également pertinent de mettre en avant la défense des principes et des objectifs consacrés dans la Charte des Nations Unies, en portant les défis du moment et en s’impliquant dans la résolution des différends internationaux par la coopération bilatérale et multilatérale. Le Tchad devra aussi être engagé et convaincre ses divers partenaires dans les discussions nécessaires sur les réformes du Conseil de sécurité

     

    C’est pourquoi, la candidature du Tchad au Conseil de Sécurité mérite d’être soutenue et valorisée par les amis du Tchad et tous les tchadiens au-delà de toute divergence, au nom de l’esprit citoyen et républicain. La participation du Tchad  à ce niveau, est non seulement une fierté nationale, mais aussi une opportunité pour le Tchad de participer activement aux évolutions actuelles du monde et d’en tirer profit. 

    De ce point de vue, et pour que cela devienne véritablement une réalité, il incombe singulièrement aux autorités tchadiennes, à la classe politique dans son ensemble et surtout aux missions diplomatiques de mener une campagne très offensive et très intelligente au niveau bilatéral et multilatéral (Groupe africain, asiatique, européen, nord et sud-américain, monde arabe…)  pour obtenir ce siège. Il devra non seulement convaincre de sa capacité à être à la hauteur des défis et enjeux internationaux, géopolitiques et géostratégiques ; à apporter une valeur ajoutée indéniable à la paix, la sécurité, la stabilité et la prospérité internationale, dans le contexte actuel de transformations rapides des relations et enjeux internationaux. Il devra aussi mobiliser les élites politiques, économiques, culturelles, intellectuelles, diplomatiques et médiatiques. 

    La préparation adéquate de cette candidature passe aussi par la mise à disposition des ressources humaines et matérielles nécessaires et suffisantes pour le lobbying, mais aussi par l’implication soutenue des Missions diplomatiques tchadiennes, en particulier celles de New-York, Genève, Bruxelles, Addis-Abeba, Doha, Pékin, Paris, Washington, Moscou, Pretoria, etc. Et il est plus qu’urgent que le Tchad s’y mette car, à titre indicatif, il y a certains pays qui sont déjà en campagne pour l'élection de 2022.

     

    Au-delà des règles et conventions internationales auxquelles le Tchad a souscrit, la candidature du Tchad au Conseil de sécurité est un véritable test de la capacité de notre pays à user de ses ressources (réseaux, talents…) et de son habileté à se faire entendre sur la scène régionale et internationale en général, et plus spécifiquement dans le jeu bilatéral et multilatéral. C’est aussi un test de son adaptation à la nouvelle configuration internationale aussi bien au niveau des acteurs que des relations et des enjeux, dans laquelle la communication joue un rôle essentielle. 

    Rappelons, en passant, que depuis 1965, le Conseil de sécurité des Nations unies compte, outre ses cinq (5) membres permanents, dix (10) membres non permanents qui sont élus pour deux ans à la majorité des deux tiers par l'Assemblée générale des Nations unies, et renouvelés par moitié tous les ans. Auparavant, de 1946 à 1965, il ne comptait que six (6) membres non permanents. Il convient de  rappeler également que plusieurs pays africains ont déjà occupé un poste de membre non permanent au Conseil de Sécurité. C’est autour du Tchad, espérons-le.

     

    Par Talha Mahamat Allim

    Genève, Suisse.

  • GALI-GATA-NGOTE

    La cour d'appel de Moundou a annulé la procédure visant le député d'opposition Gali Ngoté Gatta, condamné, en mars, en première instance à un an de prison pour corruption et complicité de braconnage.
    Une condamnation que la défense, l'opposition politique au Tchad et plusieurs organisations internationales dont le Parti socialiste français ont dénoncé depuis le début, estimant que le braconnage de phacochère n'était qu'un prétexte. Le ministère public tchadien envisage de se pourvoir en cassation.
    La veille, les évêques tchadiens ont pris position en évoquant des « dérives » de la justice du pays qui ne serait pas indépendante : « Nous sommes en effet vivement préoccupés par les pressions qui s'exercent sur ceux qui ont pour mission de dire le droit. Aussi exhortons-nous les uns et les autres pour promouvoir la justice et préserver la paix dans notre pays », avait déclaré peu avant la décision de la cour d'appel Monseigneur Mathias Ngartéri, archevêque de Ndjamena.{jcomments on}
  • BANGUI (Centrafrique) - Onze militaires centrafricains en mission au Soudan pour la force tripartite (Soudan-Tchad-Centrafrique) de surveillance des trois frontières ont été tués mercredi à l'arme lourde, a appris l'AFP vendredi de sources concordantes centrafricaines mettant en cause des rebelles venus du Sud-Soudan.

    On déplore 11 morts et 9 blessés du côté centrafricain. L'attaque visait l'état-major de la force tripartite basée au Soudan dans la région d'Am Dafok (trois frontières), a déclaré une source gouvernementale centrafricaine à Bangui sous couvert de l'anonymat à l'AFP, attribuant l'attaque à des rebelles venus du Sud-Soudan.

  • Des affrontements ont éclaté vendredi entre la tribu des Toubous et une brigade dépendant de l'armée libyenne à Koufra dans le sud-est de la Libye, faisant deux morts et 4 blessés, a-t-on appris de sources locales.

    Selon Issa Abdelmajid Mansour, un chef des Toubous, "la situation est mauvaise".

    "Nous sommes bombardés par la brigade +Bouclier de la Libye+. Juqu'ici, il y a deux morts et un blessés grave" parmi les toubous, a-t-il indiqué à l'AFP par téléphone. Il n'était pas possible dans l'immédiat de vérifier ce bilan d'une source indépendante.

  • deby5Le Président Idriss Déby Itno invite les gouvernements gabonais et sud-africain à s'entendre afin de ne pas fragiliser davantage le continent

    C'est une question qui concerne non seulement le continent africain mais aussi l'ensemble de nos partenaires. Le dernier sommet d'Addis-Abeba a été un mauvais sommet, il faut le reconnaitre. Nous n'avons pas pu désigner le président de la commission de l'union africaine, conséquence, nous nous trouvons aujourd'hui dans une situation hybride.

  • Disparition des opposants non encore élucidés, arrestations arbitraires, impunités grandissantes, terreurs et assassinats permanents au Tchad. Le 4 avril, la Haut-Commissaire adjointe des Nations unies aux Droits de l'Homme avait qualifié de « problème urgent » l'impunité judiciaire qui prévaut au Tchad.

    Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme et des nombreuses ONG ont pris à bras le corps, les dérives dangereuses du régime tchadien suite à des nombreux cris d'alarmes des citoyens et ONG tchadiens. Ils ont condamné les violations graves des droits de l'homme, dont des meurtres, des disparitions et des détentions arbitraires, commises au Tchad.deby1

    La répression déclenchée par le pouvoir tchadien contre des leaders politiques et la société civile fait que la situation des droits de l'homme au Tchad devient de plus en plus grave et inquiétante. De la disparition du professeur Ibni Oumar Mahamat Saleh en passant par l'arrestation du député Gali N'Gothé Gatta, Djibrine Assali ,de nombreux anonymes et la mort suspecte de l'opposant Djibrine Dassert, les ONG continuent par révéler dans les instances internationales à Genève la dérive arbitraire du pouvoir tchadien et la docilité d'une justice aux ordres. Dans un rapport publié ce mois-ci, un collectif d'ONG avait souligné qu' « aucun responsable gouvernemental ou de l'armée n'a été inquiété » à ce stade. A l'évidence, le régime d'Idriss Deby est actuellement dans un contexte très épineux.

    La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et beaucoup d'ONG et médias estiment dans leurs divers rapports et analyses que la situation des droits de l'homme au Tchad a peu évolué. L'impunité plombe le pays. Des gens utilisent leur fonction et leur poste pour rester à l'abri des poursuites. Il faut que les tribunaux soient réellement indépendants et puissent juger les auteurs de violation des droits de l'homme remarquent-elles. Les auteurs des violations des droits de l'homme ne sont toujours pas inquiétés.

    Les exemples de violations des droits de l'Homme sont multiples et peuvent être un terreau fertile à la recrudescence de la violence au Tchad. C'est pourquoi, les ONG de défense des droits de l'homme estiment qu'en apportant un éclairage juste de la situation des droits de l'homme au Tchad, elles essayent d'éviter que la situation à hauts risques dans le pays ne puisse se dégénérée en affrontements meurtriers.

    HNDL-ONG{jcomments on}

  • Un tour à Moundou, dans la pièce où est Gali Gatta Gothé, député arrêté et jugé de manière expéditive à Sarh, puis transféré à Moundou, suite à un appel.

    Mardi, 10 avril 2012. Il est 7 heures sur Moundou, la capitale, dit-on, économique du Débyland, et le chef-lieu de la région du Logone occidental, l'une des villes gagnées par l'opposition sur les 42 concernées par les dernières municipalités. Sept heures, la ville est déjà debout. Devant les voies, principales ou secondaires, bon nombre de femmes proposent déjà à manger, beignets, bouillie, soupe, etc., aux habitants. Les clandos, ces motos-taxis qui roulent souvent à tombeau ouvert, offrent bien leur concert habituel. Il y a du monde dans les rues. Le soleil flambe à l'horizon.prison_moundou

    A cette heure matinale, arrivé dans cette ville la nuit dernière, je passe un coup de file à un ami pour lui demander de m'amener voir M. Gali Gatta N'Gothé, député jugé à Sarh et transféré à Moundou pour le jugement en appel. Une demi-heure après, mon ami arrive et me conduit plutôt au palais de justice.

    Devant l'entrée, la présence des femmes et des hommes en tenue me frappe. Là, avec ce décor peut-être inhabituel pour les Moundoulais, je me souviens, moi, du jour du jugement en appel de Gali. Puis, mon ami interpelle un gendarme qu'il connaît et grâce à ce dernier, nous accédons à la cour sans être fouillés. A l'intérieur, le monde n'est pas (encore) nombreux, le procès étant prévu pour 8 heures. Quelques députés sont sur place, de même que les avocats. Mon ami me dit que ces derniers sont arrivés la veille et pense que dans cette affaire, l'Etat est défendu par Me Houlchiné. Sous nos regards, un groupe de personnes entrent dans la salle d'audience tandis quelques femmes s'en rapprochent. Je reconnais les députés, certainement de l'opposition, par l'écusson du parlement tchadien qu'ils arborent fièrement. « Connais-tu quelques-uns qui seraient de la majorité ? » dis-je à mon compagnon. Sa réponse est catégorique : « Non », rétorque-t-il.

    Mon ami me quitte et va se renseigner auprès d'un jeune auquel j'attribue au moins 30 ans, en lui demandant si l'on peut voir Gali. Mais, le regard vague, ce jeune semble ne rien comprendre. Alors mon accompagnateur se met à inspecter partout dans la cour : « Le policier là-bas, dit-il le regard orienté vers le flic à une des entrées de la salle d'audience, dirige un des commissariats de la ville. Nul en français, il est un haut gradé de son corps. Il répète indéfiniment « ça va ? Ça va ? », quand on lui parle dans la langue de Molière et quelles que soient les circonstances. Je peux le voir me moi, je ne parle pas l'arabe. A présent, il nous faut quelqu'un de sûr, un autre flic ou un gendarme imprégné des réalités d'ici, qui nous conduira jusqu'à Gali. » Sa phrase finie, il m'abandonne et va s'entretenir avec le gendarme qui nous a accueillis à l'entrée, dès notre arrivée. Quand il revient un instant après, mon accompagnateur déclare : « Il paraît que Gali est à la maison d'arrêt. » Et nous voici en route vers la maison d'arrêt.

    Elle n'est pas loin, moins de cinq minutes à moto. Dès notre entrée dans la cour, un jeune assis à droite nous interpelle. Nous lui répondons que nous voudrions voir Gali : « Payez 200 F chacun », nous dit ce monsieur. Je sors un billet de 500 F CFA que je lui tends sans parler : « Pour vous deux ? » Devant ma réponse affirmative, le jeune me rend mes 100 francs et récupère nos appareils téléphones contre des tickets. « Que contient vos sacs ? » nous interroge-t-il. Mon ami lui tend le sien, sûr qu'il ne contient rien d'important. Moi, je refuse et le gars n'insiste pas. « Où est Gali ? » demande-je. « Là-bas », rétorque-t-il. J'insiste, le gars persiste en répétant son « là-bas » ! Je me tourne vers mon ami et dit : « Sa réponse est vague. Mais, dirigeons-nous vers le groupe assis là-bas, nous aurions des gens qui nous fourniront des renseignements plus clairs. »

    A quelques mètres de ce groupe, Dieu merci, je reconnais madame Gali, assise sur un banc, bien calme. Je me précipite vers elle, en cherchant, sur son visage, les traits d'une tracassée. Je lis plutôt la tranquillité, la sérénité et l'assurance d'une dame qui se laisse rarement distraire par des évènements montés de toute pièce. En son for intérieur, je l'imagine, la réalité doit être toute autre : elle craindrait pour la sécurité de son conjoint. Elle affiche donc le calme que son mari ne se reproche rien, victime d'une parodie de justice, victime d'un montage grotesque de tous ceux qui l'en veulent pour son verve, son franc-parler, ses dénonciations de cette dérive entretenue par la communauté internationale. En moi, l'émotion monte. Les larmes embuent mes yeux. Je frémis, halète d'effroi. « Dans la logique, elle ne devait pas être ici ! Voilà les dieux de Débyland en ont voulu autrement ! » Tout de suite, mon ami et moi saluons madame Gali et j'ai l'impression qu'elle me reconnaît. En effet, c'est au début de leur union que j'ai fait leur connaissance. Puis, quelques jours après l'arrestation de son mari, je suis allé à la maison, elle m'a reçu et nous avons échangé quelques mots. En serrant la main à cette dame, j'ai demandé si je pouvais voir son époux, elle m'a dit qu'il parlait avec des gens et que c'était pourquoi elle était dehors. Alors je choisis de faire comme tout le monde, attendre que ces gens avec Gali sortent.

    L'attente ne sera pas longue : la Blanche qui sort, suivie d'un jeune homme, est la directrice du centre Al Mouna. Aussitôt, madame Gali recommande à un jeune d'annoncer ma présence. Mon ami et moi entrons dans la pièce où est Gali.

    Cette chambre n'a rien d'extraordinaire : à notre gauche, sous nos pieds, un tapis est étalé à même le sol. A notre droite, c'est une natte en plastique sur laquelle repose un matelas en éponge couvert d'un drap et surmonté d'un oreiller bien dans un té : on devine que c'est le couchage du député. Entre ce matelas et le mur, glacières et bouteilles d'eau minérale se disputent l'espace. On s'assied sur le tapis et je lève la tête vers la porte : « LE REGISSEUR » y est écrit, en peinture rouge, je crois. « C'était le bureau du régisseur qu'on a transformé en chambre pour les détenus ! » m'écrie-je en regardant mon ami. « Oui », répond-il. Je m'attarde sur le matériau : les briques en terre simple ! Le premier crépissage des murs a subi l'effet des intempéries. En haut, il y a des espaces rafistolés avec de la boue. Près de nous, un ventilateur tourne. On cherche en vain un téléviseur, en vain une ampoule d'éclairage. « En fait, cette pièce était belle et bien électrifiée. Les installations ont été défaites et cela se voit encore. Avec cette prise sous nos pieds, on sent qu'ils ont fait un branchement à partir d'une autre pièce juste après l'arrivée du député », me dit mon ami qui se connaît un peu en électricité. « Tu vois combien le pouvoir ridiculise un élu du peuple ! déplore mon ami. Penses-tu qu'on va le libérer ? » Là, j'ai de la peine à répondre. Mais, je cafouille quand même : « Dans la logique, oui car il n'a pas fait du braconnage. Enfin, à en croire le premier relaté par la presse. Alors la tentative de corruption justifie quoi ? » Mon ami, inquiet, me boit du regard : « J'ai appris que le PR a donné des instructions fermes pour qu'il soit lourdement condamné. » « Oui, cette information a circulé dans N'Djaména et sur le Net. Mais, je n'en sais pas grand-chose. » Alors, pantois, je préfère le silence. Cette pièce où vit Gali, est aéré par deux grandes fenêtres, comme la porte, vilainement rapiécées.

    Dans ce décor, pas la peine de chercher les toilettes. Pour se soulager, le député doit faire tout le monde. C'est-à-dire se rendre dans un coin de la cour, à une cinquantaine de mètres de sa pièce, à l'endroit où sont les toilettes d'usage commun. Ce fut le cas pendant tout le temps que j'ai passé avec lui. Je précise qu'il est resté longtemps sans se soulager, alors qu'un autre usager était aux toilettes ! Un instant après, je demande à m'en aller.

    Dans la rue, quelqu'un me dit que Kebzabo, député de Léré, lui-aussi menacé, était là et qu'il serait parti au palais de Justice. Devant cette information, je conseille à mon ami de me reconduire au palais de justice.

    Quand nous y sommes arrivés, les choses ont un peu bougé : les femmes et les hommes en tenue à l'entrée sont plus nombreux. Le rang du public a grossi. On perçoit que le climat devient de plus en plus tendu. Les fouilles ont commencé. Mais, mon ami fait appel à une connaissance parmi les policiers et on échappe à cette phase. Dans la cour, le nombre de personnes venues soutenir Gali est multiplié par un facteur plus important. Avocats, militants, parents, députés de l'opposition, ... sont dans le calme ou discutent à voix basse. « Le Monsieur en chemise blanche devant nous est Laoukein Kourayo Médard, l'homme qui a gagné les municipalités à Moundou », me dit mon compagnon. Là, dans la cour bien sûr, on fouille Kebzabo : on ne le voit pas ! « Il serait déjà dans la salle d'audience », dis-je. Et nous en y entrons.

    La salle est à moitié pleine ! Députés, curieux, parents de Gali,... sont assis dans le calme. Le barreau est vide, tout comme les places réservées et aux prévenus. Autrement dit, l'audience n'a pas encore commencé. On cherche dans la salle alors qu'un gendarme fait remarquer que le public va occuper les bancs réservés aux détenus. Mais personne ne bouge. Ce gendarme revient vers nous et demande ce qu'on cherche : « Nous sommes venus saluer des gens », réponds-je. « Ce n'est pas le moment de saluer », nous fait-il la remarque. Mais, on fait fi et je crie : « Tiens, ce vrai, Kebzabo est là : le voici à la première rangée du public. » Juste sur la deuxième rangée, je connais d'autres personnalités, dont Eldjouma, députée du 7ème arrondissement de N'Djaména.

    « Bon, il faut que je rentre », déclare-je tout d'un coup. « Tu ne suis pas le procès ? m'interroge mon ami avec des grands yeux d'étonné. C'est bizarre ! » Dehors, je vois Ali Golor dans la foule. Ma mission est terminée, j'ai un élément important, la pièce dans laquelle Gali passe ses nuits : lugubre, elle ne reflète parfaitement le désir de ridiculiser un élu du peuple.{jcomments on}

  • Des organisations tchadiennes de défense des droits de l'homme dénoncent dans un rapport publié lundi "l'impunité" après l'attaque rebelle de 2008 sur N'Djamena et la répression gouvernementale qui s'en est suivie. "Peu d'avancées concrètes ont été réalisées par les autorités tchadiennes pour mettre en oeuvre les recommandations de la Commission nationale d'enquête qui avait conclu à la responsabilité des autorités dans les nombreuses violations des droits de l'Homme perpétrées à la suite de l'attaque rebelle", écrivent dans le document la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), la Ligue tchadienne des droits de l'Homme (LTDH) et l'Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l'Homme (ATPDH). Lire la suite {jcomments on}