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  • Pour commémorer la disparition d'Ibni, une journée de souvenir sera organisée concomitamment par le comité de soutien du défunt et Amnesty International à Orléans le Samedi 1er février 2014.
    Il faut rappeler qu'Ibni Oumar Mahamat Saleh, chef de file de l'opposition intérieure, a été enlevé par le dictateur Idriss Deby et, depuis lors, sa famille n'a aucune nouvelle de lui. Une commission d'enquête, dite ouverte à l'international, a conclu non seulement à la mort d'Ibni mais a précisé que cette mort est le fait de la garde prétorienne de Deby. Malgré cela, la procédure judiciaire pendante devant les juridictions tchadiennes a été close par un non lieu et le dossier Ibni clôturé. Devant cette négation de justice, ce règne de l'arbitraire, les enfants du défunt ont saisi la justice française qui a ouvert une enquête et avait même dépêché un magistrat pour enquêter au Tchad.
    Idriss Deby a systématiquement fait taire toute voix contradictoire à son régime. Cela n'a pas empêché des pays comme la France de s'associer à lui pour prétendre défendre la liberté et la démocratie que ce même Deby piétine depuis son avènement au pouvoir en 1990. Lorsque des élus français ont manifesté leurs désirs de voir enfin la vérité émerger, un ministre de la justice du tyran tchadien a cru bon de non seulement mettre en garde ces élus mais proférer à leurs endroits de menaces à peine voilées.
    Il est légitime de se demander que pour lutter contre le mal doit-on s'associer à un autre mal ? C'est vrai, l'occident en général nous a habitués à des situations très contradictoires entre les dires et les faits. On prône officiellement la lutte contre le terrorisme mais cela n'a pas empêché les Etats-Unis de s'allier à leur futur ennemi numéro un, Ben Laden, pour combattre les russe, et la France de s'allier aux rebelles libyens pour destituer Kadhafi et dénoncer aujourd'hui ces mêmes libyens.

     

    La Rédaction

  • Hissène Brahim "GRM", ancien chef d'état major de l'UFCD (Union des forces pour le changement et la démocratie), est décèdé dans un accident de circulation, ce jour 1er janvier 2014, à Khartoum au Soudan. Le colonel Hissène Brahim qui était le dernier chef d'état major du mouvement politico-militaire UFCD, est né en 1962 à Gueri (Biltine) et à rejoint l'armée en 1979. En 1987, il finit des études militaires en Russie, puis il obtient un diplôme de l'école militaire irakienne avant de renter au pays pour être intégrer dans la fameuse unité de déminage "GRM". Il sera nommé par la suite au HCND (déminage). Il rejoint l'opposition politico-militaire au Soudan et est nommé en 2009 chef d'état major général de l'UFCD. 

    C'est l'occasion pour nous de présenter nos condoléances à ses camardes d'armes, sa famille et ses amis. Que Le Tout Puissant l'accueille au paradis.

     

    AboubakarAssidick Amine Moukhtar Alabass
  • L'équipe de la Gazette souhaite une bonne et heureuse année 2014 à tous ses lecteurs et plus particulièrement aux victimes des évènements en Centrafrique. Que l’année 2014 soit une année de progrès en matière de démocratie et de justice pour notre pays tant meurtri par deux décennie de tyrannie et d’arbitraires. Quelle sera celle de concrétisation des aspirations légitimes du Peuple tchadien.

  • L'État tchadien a été débouté, ce jeudi, de sa demande de dommages et intérêts auprès de Philippe van Winkelberg, le médecin de l'Arche de Zoé, devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence.

    La cour d'appel d'Aix-en-Provence a débouté jeudi l'Etat tchadien de sa demande de dommages et intérêts auprès de Philippe van Winkelberg, le médecin de l'Arche de Zoé, a-t-on appris auprès de l'avocate du praticien.

    "Mon client ne paiera rien", a annoncé à l'AFP Me Françoise Davideau.

    Lors de l'audience, le 18 décembre, le Tchad, représenté par l'"Association tchadienne pour le bien-être des enfants", avait réclamé la mise à exécution de la décision au civil de la cour criminelle de N'Djamena, rendue le 12 décembre 2007.

    Les six membres de l'Arche de Zoé, association qui avait tenté en 2007 d'exfiltrer du Tchad 103 enfants présentés comme des orphelins du Darfour, avaient alors été condamnés à verser aux familles 6,3 millions d'euros de dommages et intérêts.

    Selon l'arrêt de la cour, dont l'AFP a obtenu copie, "il résulte de la lecture de ladite décision (de la cour tchadienne, ndlr) que celle-ci ne comporte pas mention formelle de la constitution de parties civiles".

    Donc, si aucune partie civile n'est mentionnée, pas même le nom des enfants victimes, aucune ne peut être bénéficiaire de la décision prise, "empêchant ainsi toute exécution".

    "Ce qu'on a toujours soulevé, à savoir que les formes légales n'ont pas été respectées dans le procès à N'Djamena, a été confirmé par la cour d'appel", s'est réjoui jeudi Me Davideau, se félicitant que les juges aixois aient confirmé "en la motivant de façon plus serrée" l'ordonnance de référé rendue en première instance et datant d'octobre 2011.

    L'Etat tchadien avait à l'époque été débouté par le TGI de Digne-les-Bains de sa demande de 6,3 millions d'euros au médecin, le "seul qui leur (paraissait) solvable" et le seul poursuivi, selon les mots de Me Davideau à l'audience.

    Début décembre 2012, le président tchadien Idriss Deby avait de nouveau réclamé ces indemnités. En mars 2008, le régime avait gracié les membres de l'Arche de Zoé de leur condamnation à huit ans de travaux forcés, mais la question des dommages et intérêts restait entière.

    Les membres de l'association ont comparu mi-décembre 2012 devant le tribunal correctionnel de Paris pour leur équipée qui avait suscité un tollé parmi les organisations humanitaires internationales.

    Une peine de deux ans de prison ferme assortie d'un mandat d'arrêt a été requise contre le président Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouch, qui se trouvent en Afrique du Sud et ont refusé de venir au procès où ils n'étaient pas représentés. Contre Philippe Van Winkelberg, un an de prison avec sursis a été requis. Le jugement sera rendu le 12 février.

    Lire la suite sur le site de France24

     

    *Le Titre est de nous.

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    Certes, il ne sert  à rien de faire l’inventaire des bilans de ce régime, au pouvoir depuis vingt deux ans. Le monde entier sait ce qui se passe dans ce pays. Une « oligarchie militaro-ethnique » dirigée par le despote Deby, une misère morale et intellectuelle. Ces qualités morales et ses besognes politiques, font la honte de la nation tchadienne.

    Le dictateur tchadien, est isolé des autres chefs d’Etats respectés, cherche par amateurisme à redorer son image. Le chef de bande immoral, prend comme cheval de course la guerre. En se croyant guerrier, le dictateur se ridiculise. Le peuple du Tchad n’a pas souhaité voir ses enfants mourir dans des conflits internes comme externes. Deby, le despote à la moralité douteuse, fait de ce phénomène, la guerre, un moyen d’expression politico-diplomatique. Ce nul, vraiment malheureux ! Les chefs d’Etat usent de leurs crédibilités politiques et sociales, de leurs bagages intellectuels, pour s’imposer au plan national et international.

    Deby a affirmé à travers les  médias internationaux, qu’il n’a pas reçu une demande officielle du Mali ou de la CEDEAO ; a-t-il reçu une demande officielle ? Il n’a jamais été sollicité, ni par le Mali, ni par la France, ni par la communauté internationale ! Malheureusement, il croyait  utiliser le conflit Malien,  pour soigner son image ; en vain, le despote apparaît davantage amateur et ridicule dans ses turpitudes politiques.

    Fatigué, malade, terrassé par l’alcool et l’insomnie, il s’enfonce, et son entourage enfonce le clou.  L’imposture politique qu’entretenait le despote, arrive à son comble. Nous avons tous compris, qu’il n’y a aucune vie démocratique au Tchad, il existe certes une caricature de la démocratie ; avec ses guignols, à savoir Lol Mahamat Choua, Saleh Kebzabo, Yorangar,  Kassiré, je ne peux citer que ceux-là. Ils n’ont aucuns reproches à faire à Idriss Deby, il s’éternise sur son fauteuil présidentiel et eux ; sur leurs misérables fauteuils de chef de parti.

    L’alternance démocratique n’est pas seulement nécessaire au niveau de l’Etat, même au sein du parti, s’il s’agit de bâtir un Etat démocratique. Ceci, nos ainés, les misères politiques, ignorent. Ces dinosaures politiques doivent se retirer, même leurs états moraux  et physiques ne leurs permettent pas! Leurs besognes apparaîtront au grand jour ; du moment où le régime Deby n’est pas éternel. Le poids des injustices qui pèse sur le peuple, n’est pas l’œuvre du misérable Idriss Deby Itno, ils y a des complices et en têtes les sarcophages politiques ci-dessus cités.

    La vérité est aujourd’hui considérée comme un mensonge, mais un jour elle triomphera !

    Les opinions, considérant l’armée tchadienne comme un cheval de fer du désert, n’est qu’un leurre. Cette armée qui a ébranlé les unités d’élites du Kadhafi n’est plus. Les membres, dans la plupart disparus, et les survivants sont dans la vie civile. Ces soldatesques dirigées par les fils du despote Deby ne peuvent jamais faire face à une force déterminée.

    C’est la vérité incontestable, la milice ethnique de Deby,  n’a même pas pu faire face aux rebelles, la preuve est qu’ils étaient arrivés, le 02 février 2008, jusqu’à N’djamena. Ce qui c’étaient passé, à Abougoulem, Hadjer Marfeine, Abéché et  sur l’axe Massakory –Ndjamena, n’est pas de la fantasia, il y’a eu des violents combats ; les forces de Deby décrochaient sur tout les fronts.  Ceux qui font de l’armée de Deby, le fer de lance des forces africaines, se trompent bêtement, et sont bêtes les officiers en exil qui font l’éloge de l’armé de Deby et soutiennent ses actions.

    Les tchadiens n’ont rien à faire au Mali, ils ont d’autres missions plus importantes au sein même de leurs territoires.

     

    Mahamat Hassane Boulmaye

  • Bien avant l'éclatement de ce scandale, une correspondance particulière avait non seulement flairé cette affaire louche mais avait cherché également à attirer notre attention sur les malversations encours lors des conclusions des contrats d'explorations pétrolières (voir encadré). Cette affaire, selon certaines indiscrétions, est intimement liée à l'entourage du despote et sa femme.

    C'est par une dépêche de Radio Canada Internationale (RCI) que apprenons les pratiques, peu orthodoxes, de certaines sociétés occidentales ayant pignon sur rue à N'djamena. Selon RCI, une entreprise de Calgary, Griffiths Energy International, a accepté de payer une amende de 10,35 millions de dollars après avoir plaidé coupable de versements de pots-de-vin à des autorités tchadiennes. La société a été accusée d'avoir corrompu des agents publics étrangers, elle a admis avoir donné 2 millions de dollars pour un accès à des blocs d'exploration pétrolière convoités.

    Ces actes de corruption étant posés par ses prédécesseurs, la direction actuelle de Griffiths Energy « condamne sans équivoque » la conduite de de l'ancienne direction, précise l'avocate de l'entreprise, Kristine Robidoux.

    Contrats attribués à des sociétés fictives ?

    Le Tchad doit faire affaire avec les multi-nationales mais non avec les sociétés inexpérimentées et concoctées des toutes pièces par certains anciens employés d'Esso-Tchad. Ces individus, bien connaissant les rouages et les terrains ont concocté des sociétés fictives pour expérimenter le pétrole tchadien. Pourquoi les contrats de partages de productions du brut tchadien avec ces sociétés sont tenus dans la plus grande discrétions et à huis-clos (behind closed doors)? Les autorités tchadiennes n'ont jamais informé la population sur les attributions des contrats aux soient disant sociétés canadiennes: Griffiths Energy et United Hydrocarbon Le Canada oblige ses compagnies d'agir dans la plus grande transparence pour des contrats à l'extérieur de leur pays aux bénéfices des populations et les tient responsables en cas de non conformité aux lois et règles internationales. L'Etat crie du matin au soir, à la protection de l'environnement et investit des milliards de fcfa alors que d'un coté le même État attribue des contrats d'exploitation du brut tchadien à ces sociétés sans aucune expérience et aucun historique dans le domaine du pétrole. Quel amalgame ? L'exploitation du brut est accompagné avec des substances très nocives à l'environnement. La moindre erreur ou non la maîtrise des ces substances aura des conséquences très graves sur l'environnement et la santé de la population locale et nous coûtera très cher. L'environnement et la santé n'ont pas de prix, l'Etat tchadien ne doit pas s'aventurer avec ces compagnies fictives et virtuelles pour courir des risques.

    Mardi 6 novembre 2012 Correspondance particulière

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    Un père et son enfant de la tribu Ouled Himed

    Des informations alarmantes nous parviennent de la région du Batha faisant état d’une tension entre les tribus de Ouled Himed et Ouled Malick à l’indifférence totale des autorités civiles et militaires du régime maffieux et clanique de N’djamena.

    D’après les témoins qui nous ont alertés, le conflit a pour origine un puits situé aux confins du Hadjer_lamis, Bahr gazal et Batha ouest, revendiqué par les uns et les autres. A LEBEIDE, le nom du puits en question, ouled Malick et ouled Himed (qui sont très proches signalons le), se regroupent, se comptent, démontrent les armes pour un affrontement quasi inévitable.

    Non seulement l’inaction mais aussi le silence de ce régime clanique démontre à suffisance son implication avec sa théorie machiavélique qui consiste à diviser pour mieux régner. Les conflits tribaux dans cette contrée, ces dernières décennies sont nombreux. Rappelons nous du choc fratricide entre Khouzame et Ouled Rachid qui a fait 76 victimes ; l’antagonisme entre Kréda et Boulala, tous ont été soit provoqués par ce régime incapable, soit il les a encouragés.

    La brouille entre tribus, la discorde au sein des groupes ethniques, la mésentente entre ressortissants d’une région sont érigées en mode de gestion. En 23 ans de pouvoir MPS, la société tchadienne segmentée, son tissu social délité, la concorde nationale anéantie, bref, la solidarité entre les fils du Tchad, devient de plus en plus des lointains souvenirs.

    La Rédaction

  • TCHAD: Interview Choc de l'avocat François Serres/Les pieds dans les plats - Hissène HABRE: les quatre vérités qui dérangent.(Nouvelle Afrique)

    13/01/2013

    Les pieds dans les plats.

    Quelles sont les réelles motivations des ténors de « l'injustice » internationale qui veulent par tous les moyens faire la peau à l'ancien président tchadien ?
    Avant de lever un coin du voile sur cette machination aux ramifications insoupçonnées, voire même de créer la polémique, disséquons les faits.

     

    Froidement.

    « Je suis totalement d'accord qu'on organise une justice internationale indépendante, selon les normes du droit et que tous les Tchadiens à qui on reproche quelque chose viennent se présenter devant cette juridiction. On veut faire croire qu'Hissène Habré ramassait des gens dans la rue et les tuait ». Cette exhortation à la justice pour tous, loyale et équitable, exprimée par l'ancien chef d'État tchadien en août dernier dans une interview accordée à un quotidien sénégalais, est à l'origine de notre enquête sur ce qu'il convient désormais d'appeler « l'affaire Habré ».

    Si le principal concerné, celui sur qui pèsent des accusations aussi graves qu'odieuses, s'exprime ainsi, on peut penser qu'il y a quelque chose de troublant dans le dossier. Est-il possible que le monde entier ait été, jusqu'ici, trompé par certaines personnes à qui profitent les ennuis de l'ancien président tchadien ? Que se cache-t-il derrière ces plaintes ? Pourquoi assiste-t-on, depuis plusieurs années, à un feuille- ton judiciaire aussi grotesque que sans intérêt ? Pourquoi le Tchad, sur le sol duquel on veut nous faire admettre que ces « abominables crimes » sont supposés avoir été commis, ne manifeste-t-il que très peu d'empressement pour la tenue d'un procès ? Comment peut-on admettre que d'innombrables articles et documents aient été diffusés partout sur la « planification de ces crimes imprescriptibles » sans que « planification » ne soit avérée ?

    Une réalité déformée, des chiffres truqués

    Si l'on s'en tient à une affligeante réalité, l'idée selon laquelle les dirigeants africains sont des adeptes de la cruauté, doublés de dispendieux et peu crédibles gestionnaires des deniers de leurs peuples qu'ils dilapident, fait recette au sein de la fameuse communauté internationale. Dans les couloirs des organismes à vocation humanitaire, ces préjugés ne cessent de circuler. Parmi les fonctionnaires de ces organisations internationales, à la pause-café, pour susciter à peu de frais l'estime de leurs collègues, l'on évoque « l'irresponsabilité des dirigeants africains qui affament leurs peuples », et l'on insiste sur- tout sur la nécessité de « traduire ces mêmes dirigeants en justice », en précisant au passage que le procès devrait se tenir devant une juridiction internationale, parce que les Africains seraient peu compétents pour juger les leurs. Géné- ralement, chaque citoyen est sommé de s'inscrire pas- sionnément pour ou pathologiquement contre. Car, selon les milieux et les lieux, ces dogmes dilatoires s'imposent et ont parfois force de loi. Le plus souvent nourris d'inadmissibles a priori au relent esclavagiste qui n'ont qu'un très vague cousi- nage avec les réalités africaines du moment, qui méritent mieux que des controverses cousues de fil blanc et de mauvaise foi.

     

    L'ex-président tchadien Hissène Habré alors au pouvoir

    Contrairement à l'opinion répandue, les faits existent. Encore faut-il se donner la peine de les analyser. Et pour trouver les bonnes réponses, il faut formuler les bonnes ques- tions. Doit-on rappeler que l'ancien président du Tchad est soupçonné de crimes contre l'humanité et de torture, des actes commis entre son arrivée au pouvoir le 7 juin 1982 et le 1er décembre 1990, jour où il fut déposé par un coup d'État mené par l'actuel homme fort du pays, Idriss Deby Itno, l'un de ses anciens et plus proches collaborateurs ? Or, en Afrique comme partout ailleurs, aucun chef d'État ne vient dans les rues de son pays pour procéder à l'arrestation des citoyens qui ne partagent pas ses idées. Aucun président de la République ne se rend lui-même dans les lieux de détention de son pays pour torturer de ses propres mains ses victimes. Par contre, il dispose de services de sécurité dont c'est justement le job. Ces services reçoivent des ordres de sa part ou de la part des membres de son gouvernement, par le biais de la délégation de pouvoirs. Autrement dit, pour que des actes inhumains et dégradants soient commis, il faut qu'au préalable, un ordre ait été donné. Cette décision ne peut être prise que dans le cadre d'une réunion et consignée dans un procès-verbal, avant d'être matérialisée par un décret en bonne et due forme. Or, depuis deux décennies, il n'y a pas l'ombre d'une preuve venant attester que l'ex-chef d'État tchadien aurait donné l'ordre d'exterminer ses opposants. Même ses accusateurs ne disposent d'aucune preuve solide et incontestable sur la « planification » de ces crimes par Hissène Habré.

    La crainte du régime de N'Djamena d'être éclaboussé par la tenue d'un procès

    Pourtant, depuis plus de vingt ans, pour la majorité des médias, il ne fait aucun doute que l'ancien président de la République était le « cerveau » ou le « planificateur » des viola- tions des droits de l'homme qui ont pu être pratiquées durant son règne. Dans une partie de la presse, il a même droit au substantif peu flatteur de « monstre ».

    Ces inquisiteurs peinent cependant, c'est le moins que l'on puisse dire, à apporter les preuves de leurs affirmations : aucun bout de papier, aucun document officiel du temps d'Hissène Habré qui viendrait prouver qu'ils ont raison. Notre propos n'est surtout pas ici de nier ces manquements les plus graves, ni d'exonérer ceux qui, parmi les officiels de l'époque, civils comme militaires, ont commis ces crimes contre l'humanité. Non ! Toute personne sensée voudrait voir juger et condamner des criminels par une justice rigoureuse, impartiale et respectueuse de la vérité. Tel est d'ailleurs le souhait de l'ancien président lui-même. En revanche, nous nous interrogeons surtout sur la partialité et le jeu trouble de la communauté internatio- nale. Pourquoi s'attaque-t-on exclusivement à un homme qui a déjà tout perdu, alors que des coffres sont remplis de preuves concer- nant l'implication des actuels responsables tchadiens dans ces douloureux événements? Pourquoi ces derniers, malgré d'autres crimes qu'ils ont continué à commettre au vu et au su de tout le monde, échappent-ils encore totalement à la justice ?

    Plusieurs documents et témoignages prouvent pourtant que ce sont plutôt les actuels maîtres de N'Djamena qui avaient intérêt à commettre des crimes, qu'ils ont préparés et exécutés afin de pousser le Tchad vers le chaos. Ceux-ci, désormais à la tête du pays, auraient même encouragé la commission de ces actes. Certains faits réels sont de nature à démontrer qu'ils ont souhaité et encouragé l'extermination des opposants pour justifier leur rébellion et donc le coup d'État qui a suivi : il fallait que la disparition de certaines personnes provoque de fortes émotions et une énorme indignation dans l'opinion pour que leur principal ennemi, celui qui les empêchait de s'emparer du pouvoir, l'ancien président Hissène Habré, apparaisse comme un monstre, pendant qu'eux, revêtaient les habits de l'ange libérateur. Or, nous avons découvert que ce sont eux qui avaient organisé cette « folie meurtrière ». Ce sont eux qui étaient les « vrais concepteurs » insoupçonnables de ces crimes dits de masse. D'ailleurs, ils se sont appliqués, après leur coup d'État, à étouffer cette vérité en faisant assassiner tous ceux qui risquaient de révéler ce plan secret. Il fallait surtout faire croire à l'opinion publique que seul l'ancien président était coupable et répondrait de ces faits devant la justice. Un effroyable mensonge s'est ainsi installé dans l'opinion avec l'aide de faux experts et de journalistes plus ou moins crédules, voire corrompus. Ce mensonge est si grand et si lourd que la communauté internationale préfère tergiverser, s'acharnant sur un seul individu en manipulant témoins et victimes auto-désignées. Pendant ce temps, l'affaire traîne en longueur, et un homme continue de faire l'objet de tracasseries et d'innombrables vexations. Depuis 2000, date à laquelle des « victimes tchadiennes » manifestement téléguidées ont saisi les juridictions sénégalaises, rien n'avance alors que le principal accusé, lui, clame son innocence. De qui se moque-t-on ?

    Les Occidentaux veulent profiter du procès pour faire la peau à l'ancien président

     

    « L'Afrique devrait, sur des thèmes controver- sés, être capable d'accéder à la vérité par sa propre investigation intellectuelle et se main- tenir à cette vérité jusqu'à ce que l'Humani- té sache que l'Afrique ne sera plus frustrée, que les idéologues perdront leur temps parce qu'ils auront rencontré des intelligences égales, capables de leur tenir tête sur le plan de la recherche de la vérité », disait Cheick Anta Diop. L'intox, les machinations et la lé- gèreté des accusations portées contre Hissène Habré sont si patentes que certains observateurs sérieux qui ne peuvent être accusés de sympathie envers l'ex-président, soupçonnent les puissances extérieures et leurs « suppôts locaux africains » de vouloir lui faire la peau ou de lui régler son compte définitivement. Hypothèse plus que probable : puisque, c'est dans un contexte de haine, de guerre et d'impasse politique, sur fond de luttes d'influence entre puissances occidentales que se jouait la crise tchadienne ayant débouché sur le coup d'État du 1er décembre 1990. Il ne s'agissait donc pas d'une simple crise interne mais plutôt d'un affrontement géopolitique, au cours duquel les puissances extérieures ont utilisé le Tchad comme une plate-forme stratégique de haute importance. Ces puissances occidentales voulaient à la tête du Tchad une ma- rionnette acquise à leur cause. Malheureuse- ment pour eux et fort heureusement pour les Tchadiens, du temps du président Habré, ces puissances extérieures ont collectionné des revers. Farouchement attaché à la souveraineté de son pays, Hissène Habré ne voulait pas que le Tchad soit une base arrière utilisée par les Occidentaux pour surveiller la région. Cette fin de non-recevoir a été perçue comme une insulte à leur toute-puissance. Il fallait donc en finir avec un homme qui en savait et qui sait encore trop sur les pratiques les plus détestables des puissances occidentales. D'ailleurs, beaucoup pensent que la perspective de l'exploitation du pétrole tchadien qui serait restée hors de portée si Habré avait conservé son pouvoir, n'est pas étrangère à sa mise à l'écart et, aujourd'hui, à cette volonté farouche de le liquider physiquement. Si cela ne tenait qu'à ces crapules qui tirent les ficelles de cette manipulation qui ne dit pas son nom, il n'y aurait pas de procès en bonne et due forme. Ils privilégieraient une élimination physique de l'ancien président plutôt que de le laisser s'exprimer dans le cadre d'un procès équitable. Car, ces puissances craignent que ne soient exposées sur la place publique, certaines vérités sur leurs pratiques haïssables dans certains pays du continent.

    L'Afrique timorée

    Le Sénégal et l'UA n'auraient pas pu signer un accord, le mercredi 22 août 2012, établissant des chambres spéciales pour, dit-on, « juger » l'an- cien président du Tchad.

    En apparence, l'Union africaine bataille, en effet, contre les poursuites engagées par des États européens contre ses ressortissants. Lorsqu'en 2008, l'Espagne a émis 40 mandats d'arrêt contre des membres clés du régime de Paul Kagamé, l'UA invitait ses membres à se doter d'instruments juridiques leur permettant de poursuivre en retour, des responsables occidentaux. Qu'en est-il de ce vœu pieux ? L'année suivante, le mandat d'arrêt lancé par la Cour pénale internationale, bras armé du Conseil de sécurité de l'ONU, contre le président Omar Al-Bachir, a choqué beaucoup d'Africains et déclen- ché les réprobations de l'UA. À ce jour, cette juridiction internationale n'a poursuivi que des Africains. Dans le cas où le continent se doterait des moyens pour juger les responsables de crimes de masse sur son sol, la CPI, qui agit en dernière instance, ne pourrait plus être activée aussi facilement. Mais la réalité est tout autre chose. Sinon, le Sénégal et l'UA n'auraient pas pu signer un accord, le mercredi 22 août 2012, établissant des chambres spéciales pour, dit-on, « juger » l'ancien président du Tchad. On nous rétorquera qu'au moins, il sera jugé sur le continent africains et par des juges africains. Soit ! Mais quelle légitimité a ces juges de temps moderne pour connaître des faits vieux de plusieurs décennies ? C'est là où réside l'absurdité de cette cabale qui n'a que trop duré et qui débouchera sur pas grand chose.

     

    Par ailleurs, cette prétention à vouloir juger un homme qui réclame une véritable justice, masque mal les ambitions cachées et les calculs mercantilistes de certains, qui voient là l'occasion de s'en mettre plein les poches. L'objectif étant simple : faire porter le chapeau de la situation tchadienne qui ne s'est jamais améliorée depuis plus de vingt ans à un seul homme et se faire du beurre au passage. Les Africains,

    au lieu de reprendre à leur compte les arguments fallacieux des gens ne souhaitant que leur malheur, feraient parfois mieux de se regarder dans leur propre miroir sans tenir compte des pressions extérieures, et de se dire que si les Occidentaux veulent juger des « criminels contre l'humanité » comme ils le prétendent, ils doivent d'abord commencer chez eux. Ce n'est pas Hissène Habré qui a déclenché la guerre ayant fait des centaines de milliers de morts en Irak. Pourquoi juger Habré alors que George Bush, responsable de cette calamiteuse guerre, continue, lui, de se pavaner et de narguer ses victimes ? Et pourquoi s'empêcher de dénoncer cette politique de deux poids deux mesures ?

    Les Africains gagneraient à se faire à l'idée qu'aussi légitime soit-elle, cette volonté de rendre justice aux victimes de violations des droits humains, n'est pas dénuée d'arrière- pensées hégémoniques, qu'il faut réprimer avec force.● Yacoub Younouss.


     

    Interview de l'avocat d'Hissein Habré

    François Serres: « Ce procès est éminemment politique »

    Plus qu'un face-à-face, c'est un bras de fer qui oppose les nouvelles autorités sénégalaises aux conseils de l'ex-président tchadien, Hissein Habré, au sujet de son éventuel procès. Alors que Macky Sall et certains membres de son gouvernement font de la tenue du procès l'une de leurs priorités, Habré et ses avocats crient à la farce judiciaire. S'il y a un seul point sur lequel les deux parties sont d'accord, c'est celui-là : le rapport de force devrait continuer à s'amplifier, chacun brandissant ses arguments juridiques. Voici ceux du mis en cause. Interview exclusive.

    Propos recueillis à Paris par Adrien Poussou.

     

    Afrique Nouvelle : Le Sénégal s'empresse visiblement de juger votre client, le président Habré. Dans quel état d'esprit se trouve-t-il aujourd'hui ? Est-il inquiet ?

    François Serrès : Mon client est serein, confiant dans ses droits tels qu'ils ont été reconnus tant par les juridictions sénégalaises et communautaires de la CEDEAO, auxquelles le Sénégal ne peut déroger, et quelles que soient les mesures prises récemment pour constituer un tribunal dans des conditions parfaitement illégales aux fins d'organiser un procès expéditif, sans respect des principes élémentaires du jugement équitable et dont le résultat est connu d'avance, puisque c'est celui qui l'a déposé au terme d'un coup d'État qui le finance partiellement, distribue les preuves, définit le champ des poursuites, et s'accorde toutes les immunités nécessaires ; cette organisation, fruit d'une convergence d'intérêts politiques, économiques et financiers, est indigne et la « justice africaine » créée pour l'occasion ne peut en sortir grandie.

    Pourquoi s'intéresse- t-on tant à votre client ?

    Le président Macky Sall a-t-il pris des engagements avant son élection pour bénéficier de soutiens ? C'est la question que l'on peut se poser. Il est effarant de le voir multiplier les déclarations sur ce dossier depuis sa prise de fonction au vu de la situation politique et économique que traverse le Sénégal après la « présidence Wade». Est-ce une priorité pour les Sénégalais ? Pourquoi le Tchad passionne- t-il autant une frange de la classe politique sénégalaise ? Pourquoi y faire le lieu des « chambres extraordinaires africaines » que l'Union africaine (UA) n'est pas capable de mettre en place ? Et y a-t-il une explication à voir le Sénégal « adouber » le régime Deby en le faisant grand argentier et procureur du procès et partant en limitant le champ des poursuites aux années 1982/1990 ? Que s'est-il passé depuis ? Lisez les rapports des ONG....Pour- quoi Macky Sall et sa ministre de la Justice se taisent- il sur le sort actuel des Tchadiens ? N'y a-t-il eu aucune violation des droits de l'homme ces vingt-deux dernières années ? Quelle est la légitimité d'un tel procès du point de vue de la règle de l'impunité ? On viole la justice sénégalaise et communautaire et on accorde un blanc-seing à Deby ? À quel prix ? Qui sont ces juges qui participeront à cette mascarade ? On dit qu'ils se battent pour bénéficier de salaires mirobolants.

    Le président Macky Sall a-t-il pris des engagements avant son élection pour bénéficier de soutiens ? Est-ce une priorité pour les Sénégalais ? Pourquoi le Tchad passionne- t-il autant une frange de la classe politique sénégalaise ? Pourquoi y faire le lieu des « chambres extra- ordinaires africaines » que l'Union africaine (UA) n'est pas capable de mettre en place ?

    Il semble pourtant qu'un imbroglio juridique subsiste dans ce dossier, puisque la plus haute juridiction sénégalaise avait déjà annulé les poursuites contre votre client. Quelle est la nature du problème de droit ? Pourquoi veut-on qu'il ait absolument un procès alors que votre client a déjà fait l'objet d'un jugement ?

    Le problème juridique est simple et il a été validé tant par la justice sénégalaise que la Cour de la CEDEAO. La décision rendue au Sénégal en 2001 a autorité de la chose jugée. Elle est conforme au principe de non- rétroactivité du droit pénal reconnu par les juridictions nationales du monde entier. Le système judiciaire sénégalais a été disqualifié et on le remet en selle aujourd'hui en le saupoudrant d'un habillage « africain » (quelques juges non sénégalais composant la juridiction de jugement) condamné par la Cour de la CEDEAO. Sur quelle base peut- on remettre en cause la décision sénégalaise ? De par la volonté de Wade qui a été demandé un mandat de juger à l'UA, lui le garant des décisions de justice de son pays, sollicitant au passage 48 milliards de francs CFA pour juger Hissein Habré ? Quelle compétence avait l'UA pour ordonner un tel jugement, elle qui protège tant de criminels ? Sur quel dossier s'est-elle fondée, elle qui n'est pas une juridiction ? Le Président honoraire de la Cour suprême du Sénégal a lui-même souligné dans un article récent cette incompétence !

    Qu'est-ce qui serait aujourd'hui intéressant de faire ? Comment sortir de cette impasse ?

    C'est de respecter les décisions de justice rendues au Sénégal et devant la Cour de la CEDEAO et d'enquêter sur la situation actuelle au Tchad et saisir le cas échéant la CPI.

    Qu'attendez-vous concrètement du Séné- gal et de l'Union africaine qui semblent manifestement faire de l'affaire Habré un cas particulier, différent de ceux du Kenya et du Soudan ?

    L'Union africaine doit prendre ses responsabilités sur le comportement d'un certain nombre de chefs d'État. Mais peut-on demander à la Conférence des chefs d'État d'organiser leur propre jugement ?

    Que vous inspire la position de certaines puissances étrangères, notamment de la France, qui souhaitent ardemment le procès du président Habré ?

    Ce procès est éminemment politique. Le régime Habré a été liquidé sous la pression étrangère et avec la complicité des grandes puissances, pour des raisons évidentes tenant à « l'indocilité » du président Habré et aux enjeux stratégiques et économiques que représente ce pays. On le poursuit aujourd'hui de façon infâme pour que les chefs d'État en Afrique sachent bien ce qui les attend demain s'ils ne respectent pas les règles du jeu, et non par souci de privilégier la règle d'impunité. Voilà ce grand procès africain, qui s'organise en Afrique et par des Africains : un bel exemple de bonne gouvernance judiciaire. Quels juges vont accepter de signer de leur nom ce verdict ?! Réveillez- vous !

    Ces derniers temps, le Premier ministre sénégalais, Abdou Mbaye, est accusé, y compris au sein de son propre gouverne- ment, d'avoir aidé votre client à « blanchir » l'argent du Trésor public tchadien qu'il aurait amené au Sénégal. Qu'avez- vous pensé de cette situation ?

    Il s'agit de péripéties locales, de luttes de pouvoir au sein de l'équipe en place. Le Premier ministre dérange. Certains notamment semblent, selon la presse locale, avoir fait de l'affaire Habré un instrument politique, un levier d'accession à la première marche du pouvoir. Nous sommes très loin des questions de justice et des droits de l'homme. La vraie question pour la ministre de la Justice est de savoir où elle mettra le curseur des poursuites dans l'affaire des biens mal acquis ? Au risque d'inquiéter celui qui l'a nommée ? Là on verra bien si elle s'intéresse aux questions de blanchiment.

    À ce jour, c'est le moins que l'on puisse dire, la ministre de la Justice du Sénégal a décidé de faire du dossier Habré, l'affaire de sa vie. Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

    Effectivement au point de décider de la nomination des juges, des procureurs, des greffiers. Un joli système indépendant se met tranquillement en place dont, le Président honoraire lui-même de la Cour suprême questionnait récemment la constitutionnalité ? L'affaire de sa vie ? Nous verrons bien, ce que retiendra l'Histoire de ces événements. Le Sénégal a déjà été condamné par la Cour de la CEDEAO pour violation des droits de l'homme, voilà la marque qui pèse sur le régime de Wade. Ce qui se met en place ne peut que recevoir la même marque d'infamie.

    Au regard de ces agitations et de l'entêtement des autorités sénégalaises à vouloir juger vaille que vaille votre client, peut-on s'empêcher de penser que c'est finalement une affaire de fric ?

    C'est sans doute plus compliqué, et plus politique, même si comme je le soulignais des enjeux économiques et stratégiques importants pèsent dans ces décisions ; mais peut- être vous voulez parler du salaire des magistrats qui pourraient participer, ou bien du budget que l'on va allouer pour assurer la « communication » du procès ? Il y a là pour les magistrats et les journalistes sénégalais une vraie question éthique, déontologique, historique qui devrait les conduire à boycotter une telle farce judiciaire.

    Objectivement, dans l'éventualité d'un procès, est-ce qu'on peut réellement imaginer que ceux qui vont le financer, accepteront un verdict d'acquittement ?

    Ils seront payés pendant trois ans pour rendre la justice et ils ont pour mandat de juger. Imaginez-vous qu'ils vont, trois semaines après, constater les obstacles juridiques qui s'opposent à ce jugement ? Invalider le mandat de l'UA, dire que la Constitution a été violée ?

    Imaginons enfin qu'un petit génie apparaisse et vous accorde deux vœux. Quels seraient-ils ?

    Le premier a déjà été exaucé en 2010 après la condamnation du Sénégal (je devrais dire d'Abdoulaye Wade puisqu'il a provoqué cette procédure) devant la Cour des droits de l'homme de la CEDEAO. Le second ? Qu'Hissein Habré franchisse demain les portes de sa maison à Dakar où il est tenu en résidence surveillée depuis douze ans par une véritable lettre de cachet et marche en homme libre sur la terre où il est né.de l'homme de la CEDEAO. Le second ? Qu'Hissein Habré franchisse demain les portes de sa maison à Dakar où il est tenu en résidence surveillée depuis douze ans par une véritable lettre de cachet et marche en homme libre sur la terre où il est né.●

    ● Janvier 2013 - Afrique Nouvelle ●

    Sources: Letchadanthropus

     

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    ALI BINEY ET DJIBRINE AZENE

     

    Il n'y a pas un jour qui passe qu'on ne nous rapporte pas le cas des détenus ou ex détenus morts suite à leurs conditions de détention ou encore pire, d'empoisonnements. D'aucuns alertent l'opinion sur des cas d'empoisonnements méthodiquement organisés et planifiés par le régime pour se debarasser de ses opposants.

    Ainsi, après la mort injustifiée de Djibrine Azzène, ex CEMGA de l'ANCD, arrêté par les soudanais et livré à Deby, nous apprenions la mort en prison du Com escadron de l'UFDDF, Ali Biney. Il était arrêté dans les mêmes conditions par les soudanais et livré à Deby. Il est mort dans la prison de Moussoro, après avoir avalé des nourritures dans lesquelles on a savamment distillé un poison foudroyant. Le recours à ces genres des pratiques est très courant à N'djamena. Tous ceux qui ont été internés dans les prisons de Deby sont, soit morts, soit ont des ennuis de santé. Qu'ils soient opposants politico-militaires ou même des alliés en rupture de ban ou encore des aigrefins en disgrâce (cas de ex ministres, Zène Bada et quelques autres), les ex bagnards tombent, tels des feuilles d'automne, jaunies et emportées par le vent. De mémoire d'hommes, on n'a jamais assisté à une telle pratique au niveau de l'Etat.

    Il faut signaler aussi que une trentaine d'ex résistants sont toujours détenus injiustement dans les prisons de Deby. Il s'agit de:

    1. Mahamat Kodi
    2. Ahmat Alio
    3. Mansour Youssouf
    4. Adjbane Mine Allah Seid
    5. Hassan Hémichi
    6. etc

    Aucun chef d'accusation n'est retenu contre eux, depuis plus de deux ans qu'ils sont en prison. Nous demandons aux organisations de droit de l'Homme, surtout tchadiennes, de s'enquérir de leurs santés, car vu ce qui s'est passé avec Ali Biney, nous croyons sincèrement que leurs vies sont en danger.

     

     

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    Des informations très inquiétantes sur la sécurité des tchadiens vivants en RCA nous parviennent chaque heure. Selon nos correspondants à Bangui, une tension latente, attisée et entretenue par le régime Bozizé, risque d'éclater, à tout moment,  sur un conflit communautaire voire confessionnel.

    A force d'indexer les centrafricains du Nord et les tchadiens vivants à Bangui, des barrières tenues par des "patriotes" armés des arcs et machettes ont été dressées sur les artères principales de la ville. Ainsi, à part les rackettes ( il faut payer 50 000 F CFA) et les arrestations arbitraires, un jeune a trouvé la mort la nuit de saint sylvestre (voir Centrafrique: Un ressortissant tchadien tué durant la nuit de Saint Sylvestre. ). Il s'agit de Zakaria Ali, née en 1980.Lors de son enterrement, la cimetière du quartier "Boeing" a été totalement sacagée, les tombes profanées par des "patriotes".

    A la sinistre OCRB (Office Centrafricain de Répression  de Banditisme), gérée directement par "Jojo" Bozizé, plusieurs personnes d'origine tchadienne y sont internées.

    Au moment où certains tchadiens sont menacés, le régime clanique de N'djamena préfère protéger des autocrates, semblables à lui, que de venir au secours de nos concitoyens. Hier c'était la Libye, aujourd'hui la RCA, les tchadiens subissent les aventures et le mercenariat d'Idriss Deby.

  • Dans un communiqué signé par son Secrétaire Général Mr MAHAMAT Mahdi Ali (voir communiqué version pdf) dont la Gazette a eu une copie, L'Alliance Nationale pour le Changement et la Démocratie (ANCD) "apporte un démenti formel aux affirmations de Mr Josué Binoua, ministre centrafricain, insinuant la présence des forces de la résistance tchadienne aux cotés de la SELAKA". L'ANCD dont fait parti l'UFDD, opposition armée au régime d'Idriss Deby, est présidée par le Général Mahamat Nouri, nommément cité par Mr Binoua d'être un allié du SELEKA centrafricain.

    Selon l'ANCD si "Le régime aux abois de François Bozizé, politiquement incapable, militairement en déconfiture, cherche un bouc émissaire pour expliquer sa débandade, le Peuple opprimé de la Centrafrique, La Nation meurtrie de la RCA n’a pas besoin d’un concours externe pour faire partir Bozizé et sa clique". "C’est bien Mr Binoua et le gouvernement fantoche auquel il appartient" qui ont fait appel à l'étranger, poursuit le communiqué.

    "L’ANCD se consacre exclusivement à la lutte contre le régime maffieux et clanique de N’djamena. Bien qu’elle considère le départ de Bozizé salutaire pour le Peuple centrafricain, l’ANCD ne s’est jamais ingérée dans le conflit centrafricain" souligne le texte.

    "Décidée et déterminée, réconfortée dans ses analyses et inébranlable dans ses certitudes, l’ANCD lance un appel solennel à ses militants et ses sympathisants à la mobilisation et au rassemblement pour sonner le glas de cette tyrannie" conclut le communiqué.

    L'ANCD qui est née en mai 2010, est composée de quatre mouvements politico-militaires opérant dans l'Est du Tchad.

     

    Version originale du Communiqué.

  • Un ressortissant tchadien a été tué, dans la nuit du 31 au 1er janvier, par des militaires centrafricains. Le jeune tchadien a été arrêté à une barrière dressée par des "patriotes" pro Bozizé près de la buvette ABC, non loin du REX, à coté du marché. Interpelée par ces "patriotes" et remise à une patrouille motorisée, la victime a été abattue froidement.

    Les rafles des paisibles tchadiens vivants à Bangui sont quasi quotidiennes. Les prisons centrafricaines sont pleines d'innocents arrêtés sur simple, dénonciation ou pire, pour délit de faciès. Les autorités centrafricaines sont responsables des conséquences des appels à la haine lancés tout azimut.

  • logo_actusDans un communiqué du 24 janvier 2012, le Front Populaire pour le Redressement (FPR), faisait état de violents affrontements dans la localité frontalière de Kaka Bandaro (Centrafrique) entre ses Forces et les armées des dictateurs généraux présidents Déby et Bozizé.

    Les peuples du Tchad et de Centrafrique sont victimes de la folie guerrière des deux alliés de la Françafrique, qui s'incrustent aux pouvoirs en noyant dans le sang toute révolte contre leur tyrannie. Les compatriotes résidant en Centrafrique, suspectés d'être sympathisants du FPR sont massivement arrêtés. Ils sont en danger de mort dans les geôles de ces deux dictateurs. Lire la suite

  •  (AFP) –

    KHARTOUM — Le président tchadien Idriss Deby Itno a épousé vendredi la fille du chef présumé de la milice janjawid au cours d'une cérémonie à laquelle a assisté le président soudanais, Omar el-Béchir, accusé de crimes de guerre au Darfour.

    Ni le président Deby ni la mariée, Amani Moussa Hilal, n'étaient présents à la cérémonie religieuse organisée dans un hôtel de luxe de Khartoum, selon un photographe de l'AFP.

    Amani, fille du chef réputé des janjawid Moussa Hilal, est arrivée après la cérémonie. Vêtue d'une robe blanche de mariée, elle a rejoint un millier d'invités pour une fête animée par des chanteurs soudanais.

    En 2003, des rebelles du Darfour se sont soulevés contre Khartoum et se sont retrouvés confrontés aux janjawid soutenus par le gouvernement, entraînant une guerre qui a fait au moins 300.000 morts selon l'ONU. Khartoum parle de 10.000 morts.

  • raffinerie_djarmayeN'DJAMENA - La raffinerie de Djermaya au nord de N'Djamena, construite par la Chine et inaugurée en juin 2011, a été fermée jeudi par les autorités qui ont demandé lé départ de son directeur en raison d'un différend sur les prix de l'essence, de sources concordantes.
    Le secrétaire général du ministère du Commerce et de l'Industrie a fermé la raffinerie de Djermaya a annoncé la Radio nationale.
    Une mésentente sur les prix de carburant entre les autorités tchadiennes et les Chinois de la Compagnie nationale chinoise de pétrole (CNPCI) qui détient 60% de la raffinerie (contre 40% à l'Etat tchadien) est à l'origine de cette fermeture, de source proche du gouvernement.
    Celle-ci intervient six mois après la mise en service en juin 2011 de la raffinerie qui a coûté 60 millions de dollars.
  • Le Collectif Africain de Soutien au Président Habré se rejouit de la décision sage prise ce mardi 11 janvier 2012 par la justice sénégalaise, qui a, pour une enième fois, rejetté, la demande d'extradition de la Belgique concernant l'affaire de l'ancien Président tchadien Hissein Habré.

    En prenant une décision aussi courageuse, la Justice sénégalaise a confirmé aux yeux de l'opinion publique africaine et internationale son indépendance absolue et son refus de se plier à tout dicktat néocolonialiste, hégémoniste et impérialiste.

    Le Collectif Africain de Soutien au Président Habré, salue ce rejet et félicite l'ensemble des autorités judiciaires sénégalaises pour leur esprit d'independance. Rappelle à la Belgique que le temps et le contexte historique ne militent pas en sa faveur dans le dossier Habré. Lire la suite  {jcomments on}

     

  • DAKAR (AFP) - La justice sénégalaise a rejeté mercredi pour vice de forme la demande d'extradition en Belgique de l'ancien chef d'Etat tchadien Hissène Habré, poursuivi pour crimes contre l'humanité et réfugié à Dakar depuis sa chute en 1990, a-t-on appris auprès du ministère de la Justice.
    "La Chambre d'accusation de la Cour d'appel de Dakar a rejeté aujourd'hui la demande d'extradition de Hissène Habré en Belgique. Elle a estimé que la demande de la Belgique n'est pas conforme aux dispositions légales" sénégalaises, a affirmé à l'AFP un haut responsable du ministère.
    "La Belgique n'a pas respecté la procédure", a-t-il indiqué sans plus de précision.
    Un juge de la Cour d'appel de Dakar, joint par l'AFP, a estimé qu'il y a vice de forme dans la demande formulée par la Belgique, sans non plus préciser lequel.
    Reed Brody, avocat membre de Human Rights Watch (HRW) et à la pointe des démarches pour faire juger Hissène Habré, a estimé que "ce n'est pas un refus d'extradition" en tant que tel: la justice sénégalaise "a dit que les Belges n'avaient pas fourni l'original du mandat d'arrêt et d'autres documents".
    "C'est un jugement purement technique qui laisse la porte ouverte à une nouvelle demande d'extradition belge", a affirmé M. Brody à l'AFP. "Ce n'est pas un jugement définitif sur le bien-fondé" de la demande, selon lui.

  • Suite à une déclaration faite sur Radio France Internationale (Rfi), dans l'affaire de Matta-Léré, M.Daniel Deuzoumbé, leader de la société civile, qui préside à la tête de l'Association tchadienne des Droits de l'Homme Sans Frontière (DHSF), a été interpellé le 19 décembre 2011 par M.Mahamat Saleh, procureur prés le Tribunal de première instance de Ndjaména. Il a été auditionné, arrêté à la police judiciaire avant d'être transféré puis détenu arbitrairement pendant deux semaines au tristement célèbre bagne de Moussoro à 300 km de Ndjaména.

    Libéré à l'approche des fêtes de fin d'année, il nous a accordés une interview dans laquelle, il critique, dénonce et pointe du doigt, Me Bernard Padaré comme le premier responsable de son incarcération.

  • Que de dénégations enregistrées depuis le début de cette affaire qui demeurera l’un des plus grands scandales de la République ? Le juge d’instance de N’Djamena venait de libérer le sieur Daniel Deuzoumbé, président de l’ONG “Droits de l’Homme Sans Frontières“ de ses chaines de « criminel improvisé », au bénéfice du doute et après une grève de la faim de 7 jours. Le président de l’Assemblée Nationale venait de mettre en congé la commission parlementaire chargée d’examiner la demande de levée de l’immunité parlementaire du député Saleh Kebzabo, chef de file de l’opposition politique, poursuivi pour diffamation lui aussi, le dossier ayant été considéré « complexe et nécessitant d’autres investigations ». Cette trêve de raison, on le croyait, devait permettre aux uns et aux autres d’enterrer cette sinistre affaire en allant à l’apaisement et au bon sens, mais que nenni ?
    La désormais célèbre dame Lahr-Idi Rachel, l’une des veuves de Matta-Léré et la plus inspirée au cœur de cette cabale politico-judiciaire, revient à la charge en passant à une vitesse supérieure inattendue. En effet, cette femme paysanne quasi-analphabète mais lectrice attentive et avertie de N’Djamena Bi-hebdo et auditrice de RFI, se tourne vers le journal L’Observateur pour jeter un nouveau pavé dans la marre (N° 640 du 04 janvier 2012, “L’épouse du chef de village défunt parle“)!
    Acte 1 : D’abord d’entrée de jeu, le journal annonce : « Nous l’avons rencontrée dans un lieu tenu secret ». N’est-ce pas que le président de DHSF le sieur Daniel Deuzoumbé avait été enchaîné et jeté en prison à Moussoro pour avoir prétendu sur RFI que Mme Lahr-Idi aurait été enlevée de Léré ? D’où vient que cette femme invisible donne une interview dans un lieu tenu secret ? Qui menace Lahr-Idi ? L’intéressée déclare elle-même ceci : « Après leur forfait (les présumés assassins de son mari Massamba, ndlr), ils sont revenus, certains se sont mis à me frapper et nous interdire d’organiser les funérailles. C’est à ce moment que Saleh Kebzabo a appelé la brigade de Léré et les autorités administratives et traditionnelles pour leur dire qu’un évènement douloureux vient de se passer à Matta… Pour ma sécurité, j’ai été conduite chez le Gon à Léré où j’ai résidé à partir de ce jour ». Aucune menace nouvelle n’a jamais été signalée contre Lahr-Idi circulant librement vers son village de Matta et où sa coépouse est restée jusqu’à ce jour, comme l’exige la tradition et le deuil.


    Dans les traditions Moundang-Guidar, la veuve reste sous la protection de sa belle-famille, tant que les liens et effets du mariage ne sont pas révoqués. Mais aujourd’hui, Lahr-Idi ne répond plus de cette tradition d’adoption et déclare ouvertement vouloir porter plainte contre sa belle-famille (lire l’itw), le clan Ban-Djou qui avait déjà porté plainte contre X pour retrouver l’assassin de leur frère Massamba tué le 13 septembre 2011. Nous, les membres et répondants de cette tradition, prenons acte de cette rupture annoncée par voie de presse. Cependant, nous demandons à ceux qui cachent cette pauvre femme – peut-être veulent-ils l’épouser ? – d’être élégants et de venir se présenter à son ex belle-famille pour officialiser en bons termes ce changement de statut de Lahr-Idi. Cette formalité accomplie, ils n’auront plus besoin de la cacher, puisqu’en ce moment elle est portée disparue pour sa famille d’adoption !


    Les lois tchadiennes et internationales la considèrent comme “disparue“ ou “otage“ jusqu’à preuve du contraire. Cette preuve consistant en la production d’un acte du procureur de la république, seul habilité à la garder au secret pour raison de sécurité, ce qui aura le mérite de la clarté. A défaut, les « receleurs » de Lahr-Idi auront tôt ou tard à répondre de leur forfait !
    En attendant, nous demandons aux parents naturels de Lahr-Idi de réagir en exigeant que leur fille soit libérée et placée sous leur protection directe, dès lors que sa belle-famille Moundang et Guidar se trouve dans l’impossibilité de le faire, en attendant que les autres règlements suivent.
    Acte 2 : Mme Lahr-Idi, consciemment ou non, est sujette ou instrument d’une grave crise politico-juridique et sociale (communautaire). Elle (ou ses mentors cachés) avait accusé deux personnalités de l’avoir diffamé. Aujourd’hui, elle change subitement de chef d’accusation pour viser carrément le crime, en accusant noir sur blanc le député Saleh Kebzabo d’être la tête du gang qui aurait assassiné son mari. « C’est lui (Saleh Kebzabo, ndlr) qui a tué mon mari et c’est pourquoi j’ai porté plainte contre lui. Pourquoi est-ce lui qui est le premier à être informé de l’évènement pour en informer les autorités ? C’est qu’il a préparé cet acte avec les assassins de mon mari… Je veux que Saleh Kebzabo soit arrêté, car c’est lui l’auteur de la mort de mon mari. A ce titre, il doit prendre la charge de mes enfants ». Toute les procédures actuellement en cours tombent caduques, car il y a désormais plus grave : le chef de file de l’opposition tchadienne mériterait le peloton d’exécution pour avoir planifié un meurtre odieux, celui du mari de cette femme qui venait de reconnaître avoir la vie sauve grâce à la prompte alerte de ce même Saleh Kebzabo ? On tombe des nues !


    Nous ne pensons pas qu’il y ait une accusation plus grave que celle-ci dans notre grande communauté Moundang-Guidar, comme ailleurs à Iriba, Faya ou Mao ! Et comme tous ceux qui s’investissent pour dénouer ce dossier macabre tiennent le même langage, c’est sa communauté d’adoption que Lahr-Idi vient d’accuser de complicité d’homicide ! Mais avant d’aller plus loin, nous voulons nous assurer auprès de ses parents naturels que Lahr-Idi jouirait actuellement de toutes ses facultés et de sa liberté pour assumer la nouvelle tournure que risquerait de prendre ce feuilleton ? Nous avons du respect pour les parents naturels de Lahr-Idi et nous souhaitons leur implication à ce stade de dérives aux conséquences inimaginables.


    Jusqu’ici, nous avions tous considéré, Moundang et Guidar, avoir affaire à une femme perturbée, prisonnière de personnes odieuses et sans moralité ni mesure, mais cette sortie dans un journal respectable de la place nous choque, au moment où nous étions en train de vouloir profiter de la « trêve » pour réconcilier les familles et traiter équitablement les cas de la vingtaine de veuves et des dizaines d’orphelins laissés par ces bourdes criminelles. Nous considérons que c’est la dignité de notre communauté qui est atteinte de plein fouet et que cela dépasse maintenant le seul contexte de règlement de comptes politiques.
    Le journal L’Observateur a oublié de signaler en quelle langue Lahr-Idi aurait donné son interview et qui ferait foi le moment venu, puisque qu’elle a au moins deux langues d’adoption en plus de sa langue maternelle ?
    Nous sommes conscients du péril qui plane sur notre communauté actuellement et c’est pour cela que nous nous retrouvons tous solidaires dans nos liens les plus sacrés, quoiqu’il arrive ! Mais pourquoi c’est une pauvre fille du Tchad profond que le destin a uni à notre communauté qu’ils (ses kidnappeurs et manipulateurs) ont choisi cyniquement comme combustible pour ce complot odieux ? Trop c’est trop !
    Enoch DJONDANG
    Membre de la communauté d’adoption de Lahr-Idi Rachel

  • L'opération montée en octobre 2007 par l'ONG française l'Arche de Zoé - la tentative avortée de faire sortir 103 faux orphelins du Tchad en vue d'une adoption en France - pourrait bien avoir été "publicitaire", pour populariser la cause du Darfour (la province soudanaise voisine) auprès de l'opinion publique européenne et française en particulier, avec un appui "en sous-main" du président Nicolas Sarkozy, affirme un livre paru mardi.

    Selon les auteurs, François-Xavier Pinte - le "deuxième pilote belge" qui avait recruté un collègue, Jacques Wilmart - et le journaliste Geoffroy d'Ursel, un "faisceau d'indices" laisse penser que Nicolas Sarkozy et son ministre des Affaires étrangères de l'époque, Bernard Kouchner, ont pu couvrir les préparatifs de l'opération, sans en avoir "la preuve irréfutable".

    Ils citent notamment dans cet ouvrage, intitulé "Sarkozy dans l'avion? Les Zozos de la Françafrique", le fait qu'une lettre de garantie pour la location du Boeing 757 qui devait emmener les enfants d'Abéché (est du Tchad) à Vatry, près de Reims (nord

  • Les funérailles de Lisette Talate, militante de la cause chagossienne a réuni, dans un  moment d’intense émotion, tous ceux qui se sentent proches de ces natifs de l’archipel des Chagos déracinés de leurs îles.
     
    Il y avait foule, ce jeudi 5 janvier, en l''église de St. Sacrement à Cassis. Presque tous les membres de la communauté Chagossienne et leurs amis avaient tenu à rendre un dernier hommage à Lisette Talat, décédée, à l'âge de 70 ans, le mercredi 4 janvier.

    L’absoute a été dite parle curé de la paroisse le Père Gérard Mongelard en présence de Mgr Maurice Piat, l’Evêque de Port-Louis, qui a encensé la dépouille et d’autres prêtres dont le Père Philippe Fanchette.

    Dans une émouvante intervention, Olivier Bancoult, le président du Groupe Réfugiés  Chagos (GRC) a rendu un vibrant hommage à Lisette Talat. «  C’était mon guide, c’est elle qui m’a inspiré », a-t-il d’une voix émue. Avec Charlézia Alexis, et Rita Bancoult, Lisette Talate a été à la base du premier mouvement de revendication des chagossiens dans les années 70. Elle était parmi les grévistes de la faim qui avaient jeûné pendant 18 jours au Jardin de la Compagnie en 1978.

    Bancoult a poursuivi en rappelant le courage avec lequel, Lisette Talate menait son combat pour le retour des Chagossiens dans leurs îles. «  Elle n’avait pas fait des grandes classes, mais elle avait la connaissance de la souffrance », a-t-il dit.

     Lisette Talate, originaire de Diégo Garcia a quitté son île à 30 ans. Elle a témoigné de la brutalité avec laquelle les Chagossiens ont été expulsés de leurs îles pour laisser la place à une base militaire américaine à la fin des années 60. «  Bato la perle vinn lambilans », avait-elle chanté au moment de l’exil. En effet les Chagossiens étaient embarqués de force pour Maurice à bord bateau de pêche « La Perle ».

    Cette femme au physique frêle ne parlait pas beaucoup, mais elle menait son action avec détermination.  Ceux qui ont fait des témoignages lors de la cérémonie ont rappelé comment elle a dans un premier temps refusé de venir à Maurice après avoir été contrainte de quitter Diégo-Garcia. Elle s’est battu pour pouvoir rester à Peros Banhos, pendant quelque temps avant d’être forcé à l’exil.

    Olivier Bancoult a raconté une anecdote fort significative. Un jour au moment des auditions du procès que les Chagossiens avaient intenté aux autorités britanniques devant la Haute Cour de Londres, la délégation du GRC avait été conviée à déjeuner au Lunch Room de la Chambre des Communes.

    A un moment l’hôte, un député anglais a demandé à Lisette Talate pourquoi elle ne mangeait pas. La militante de la cause chagossienne a demandé à ses amis de dire au parlementaire qu’elle ne peut prendre un repas sur les lieux mêmes où avait été prise la décision de la déraciner de son  île natale. L’anglais a demandé pardon pour cet acte au nom de ses compatriotes.

    Cette femme était très attachée à son île. Lors de la visite à Diégo Garcia autorisée par le gouvernement britannique en 2006, quand elle est arrivée dans l’île la première chose qu’elle a faite a été de se jeter sur le sol.

    « Son souhait été de finir ses jours dans son île natale, mais elle est morte en exil », a dit le Père Gérard Mongelard.

    L’ancien Président de la République Cassam Uteem, le ministre des Affaires étrangères Arvind Boolell, le leader de l’opposition, Paul Bérenger et les députés de la circonscription No.1, Ariane Navarre-Marie, Jean-Claude Barbier et Veda Baloomoody ont assisté aux funérailles. 

    Des chercheurs comme le Pr.  Vinesh Hookoomsing, la Président du Centre Nelson Mandela pour la culture Africaine, le comédien Gaston Valayden qui a joué la pièce Maddogs of Chagos aux Etats-Unis l’année dernière étaient aussi présents.

    Marie-Michelle Etienne ancienne animatrice à Radio One a lu plusieurs messages de condoléances venant de l’étranger. On relève entre autres, ceux de David Snoxell ancien Haut-Commissaire Britannique à Maurice, d’Elie Hoareau, dirigeant du Parti Communiste Réunionnais et ancien député européen et de plusieurs  ONG’s qui soutiennent la lutte des Chagossiens.

    Tous ceux qui ont fait déplacement à l’église de Cassis, pour dire adieu à Lisette Talate reconnaissent à l’unanimité le combat de cette femme qui a donné sa vie à la cause chagosienne.

    Cassam Uteem ancien président de la République: "C’est bien plus qu’un symbole qui a quitté le peuple des chagossiens, ainsi que la nation mauricienne. C’est une grande perte pour la communauté chagossienne, car elle a été une des premières voix à s’élever férocement contre les Britanniques. C’est une source d’inspiration pour bien de combattants. C’est dommage qu’elle n’ait pu dire un dernier au revoir à sa terre natale."

     Olivier Bancoult président du Groupe Réfugiés Chagos : "L’Etat doit rendre hommage à cette femme qui a donné sa vie à la lutte chagossienne. Nous faisons un appel pour que les autorités aménagent un espace au jardin de la Compagnie pour honorer sa mémoire. C’est dans ce même lieu qu’a commencé son combat, elle y a mené plusieurs grèves de la faim."

    Arianne-Navarre-Marie députée et originaire des Chagos : "Elle était à elle seule une source d’information inépuisable concernant l’histoire des chagossiens. Elle se souvenait de touts les faits marquants de son île natale. J’ai été profondément choquée par la mort de Lisette. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle nous quitte d’autant plus que lorsque je suis allée lui rendre visite à l’hôpital, elle m’avait l’air en pleine forme."

     Arvin Boolell ministre des Affaires Etrangères : "C’est une femme au grand courage qui nous a laissé. Je suis d’avis que l’Etat doit lui rendre hommage, nous allons considérer l’appel d’Olivier Bancoult en ce qui concerne l’aménagement d’un espace au jardin de la Compagnie pour honorer sa mémoire. Je me souviens de toutes les fois qu’elle s’est présentée à mon bureau, elle affichait toujours humilité et fermeté."

    Fernand Mandarin dirigeant du Comité Social des Chagossiens : "Elle était sincère dans son combat. Son combat était authentique. Je lance d’ailleurs un appel à l’unité chagossienne, pour que nous continuons de combatte contre la répression Britannique. Je compte aussi écrire un livre pour évoquer l’histoire du peuple chagossien, et je ne manquerai pas de rendre hommage à la mémoire de Lisette. "{jcomments on}

  • Le Parti socialiste est en ordre de bataille, avec l’intention de remporter au printemps une élection qui lui échappe depuis 1995. S’il ne fait pas de la politique étrangère et de la relation franco-africaine un enjeu clé de la campagne, tout en affichant des volontés de réforme, son historique et son passif en la matière appelle à une certaine vigilance.

    Arithmétique sondagière oblige, nul besoin d’être devin pour annoncer qu’au printemps pro­chain, il y a une chance sur deux pour que la France soit gouvernée par une équipe ministérielle à forte composante socialiste. Sur les sujets qui préoccupent Survie, les positions défendues par ce parti, son candidat et ses conseillers et les négociations amorcées avec ses partenaires politiques revêtent donc une certaine importance (Billets d’Afrique n°208). Même si l’on sait d’expérience que les points de vue exprimés lors d’une campagne ou inscrits dans un programme ne sont pas nécessairement suivis d’effets.

    Davantage que les annonces de campagne, ce sont bien l’étude des dynamiques à l’œuvre à l’intérieur du parti, les personnalités clé de son positionnement à l’international avec ses partenaires qui peuvent permettre d’apprécier la future ligne du PS sur l’épineux sujet des relations franco- africaines.

    L’encombrant héritage Mitterrand

    Le PS est, comme l’UMP, un parti qui a fait partie intégrante de la Françafrique du fait de ses compromissions et renoncements tout au long des deux septennats de François Mitterrand et des cinq années de gouvernement de Lionel Jospin.

    Le parti n’a pas fait de réelle autocritique sur ce point, vantant même parfois la clairvoyance de François Mitterrand à La Baule en 1990 ou la réforme de la coopération menée sous le gouvernement Jospin et sa doctrine « ni ingérence ni indifférence » qui n’a jamais empêché les réseaux officiels et occultes de prospérer et de réinstaller Sassou au pouvoir à Brazzaville à l’issue d’une funeste guerre civile.

    Installé dans son rôle d’opposant depuis 2002, le PS s’est ensuite montré de plus en plus critique vis à vis de la politique africaine de Jacques Chirac, en particulier à partir de 2005, comme l’ont attestés quelques communiqués de presse et interventions de par­lementaires sur la politique française au Tchad ou au Togo. Les élections de 2007 ont constitué une occasion pour Survie et le CRID de demander au parti de clarifier son positionnement dans le cadre d’une campagne d’interpellation qui s’est prolongée après 2007 dans le cadre de la Plateforme citoyenne France-Afrique. Ces démarches ont permis de cerner quelques tendances : effacement progressif de l’influence des personnalités telles que Guy Labertit et Hubert Védrine, lente émergence de nouvelles générations critiques sur le bilan de Mitterrand et de Jospin (au sein notamment du Mouvement des jeunesses socialistes), difficulté à faire « bouger les lignes » sur la question du Rwanda et, surtout, positionnement modéré et discret, parfois même très ambigu des « éléphants » socialistes, en particulier de Ségolène Royal.

    Cette dernière, comme l’ont révélé ses déclarations souvent alambiquées (discours à Dakar en avril 2009) voire totalement compromettantes (éloges du régime de Compaoré à Ouagadougou en novembre dernier), n’a jamais eu une vision clairvoyante sur les relations franco-africaines.

    Un casting partiellement renouvelé

    Depuis 2007, les positions n’ont pas beaucoup évolué au sein du Parti socialiste. Plusieurs personnalités s’expriment cependant régulièrement sur les questions liées à la politique de la France en Afrique. A l’Assemblée, le président du groupe socialiste, Jean- Marc Ayrault, qui répond fréquemment aux courriers d’interpellation de Survie et intervient parfois à la tribune, comme le 2 mars 2011, lors d’un débat organisé spécifiquement sur les relations franco-africaine. Parmi les autres députés actifs, citons Henri Emmanuelli, spécialiste de l’aide publique au développement, Gaétan Gorce (sur le Tchad) et les députés François Loncle et Jean-Paul Bacquet, qui ont tous deux participé à la Mission d’information parlementaire de 2007-2008 sur les relations France-Afrique.

    Dans l’appareil du parti on peut noter la place spécifique de Pouria Amirshahi, le secrétaire national à la coopération, à la francophonie et aux Droits de l’homme, aujourd’hui candidat au poste de député de la 9 e circonscription des Français de l’étranger (qui englobe le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest) et de Thomas Melonio, chargé de l’Afrique au sein du parti. Ce sont eux qui rédigent une partie importante des communiqués de presse socialistes portant sur les relations franco-africaines. On entend plus rarement Jean-Christophe Cambadélis, en charge des questions internationales mais très en retrait sur Afrique, à l’exception d’un déplacement à Abidjan en octobre 2010 et au FSM de Dakar en février 2011 où il a brillé par sa discrétion. Les principaux cadres dirigeants du parti ne s’exposent pas davantage, hormis lorsque les caméras sont braquées sur eux, à l’occasion d’une actualité spécifique permettant de critiquer la position de la France ou lors d’un déplacement en Afrique. Martine Aubry avait cependant affiché lors du dernier FSM sa volonté de « mettre un coup de balai sur la Françafrique », avouant même qu’il en existait des relents dans son propre camp.

    Son rival à la primaire socialiste, François Hollande, s’est quant à lui toujours montré particulièrement discret sur le sujet, ne faisant jamais de la politique extérieure un enjeu de débat national, ce qui n’est pas de bon augure si l’on attend qu’une place significative soit donnée à la contestation des dérives de la Françafrique dans le débat électoral. Hollande, qui vient de dévoiler son équipe de campagne, aura pour conseiller sur l’Afrique l’ancien secrétaire d’Etat Koffi Yamgnane, revenu de son expérience électorale manquée au Togo.

    Dans les cercles influents du PS pour ce qui concerne l’élaboration de positionnements sur la politique étrangère, on peut citer les think tank proches du parti comme la Fondation Jean Jaurès. Son délégué général, Gilles Finchelstein, est aussi directeur des études d’Euro RSCG, entreprise de communication, propriété, via Havas, du groupe Bolloré et fournisseur régulier de « conseils » tarifés à quelques chefs d’Etat africains. Euro RSCG a également des liens organiques et financiers avec l’autre think tank du PS, Terra Nova. C’est cependant la Fondation Jean Jaurès qui a édité « Quelle politique africaine pour la France en 2012 ? » de Thomas Melonio, employé de l’AFD depuis 2005 et ancien attaché parlementaire de Dominique Strauss Kahn.

    La Fondation Jean Jaurès, a compté de 1997 à 2006 parmi ses responsables, l’ancien « Monsieur Afrique » du PS, Guy Labertit, toujours très actif parmi les soutiens de Laurent Gbagbo.

    Une doctrine hésitante

    Du fait de ces interventions peu coordonnées, on ne distingue pas de positionnement clair au sein du parti sur la relation franco-africaine. Cette difficulté à définir une nouvelle ligne a plusieurs explications.

    Il y a d’une part les débats existants sur l’héritage Mitterrand et sur le bilan du gouverne­ment Jos­pin. Certaines per­sonnalités ont eu un rôle clé dans ces périodes et continuent de conseiller certains membres du parti (Sé­golène Royal a par exemple auditionné Hubert Védrine avant de rédiger son discours de Dakar) tandis que pour d’autres, elles incarnent une forme de cynisme d’Etat dont il faut se défaire.

    Des réseaux d’amitiés avec des personnalités africaines telles que Laurent Gbagbo peu­ vent également avoir une influence sur les prises de position du parti ou de certaines individualités (Jack Lang, Henri Emmanuelli, Jean- Marie Le Guen), d’où la cacophonie régnant au sein du PS sur la Côte d’Ivoire.

    Des amitiés ont, en effet, souvent lié le PS à des chefs d’Etat membres de l’Internationale so­­cia­ liste, comme Ben Ali ou Moubarak, ce qui a ouvert, au moment du printemps arabe de 2011, un débat opportun mais tardif au sein du parti. La première secrétaire, Martine Aubry, promettant de faire le ménage au sein d’une organisation dont la vice-présidente n’était autre que... Ségolène Royal.

    Le PS, lorsqu’il était au pouvoir, a aussi et surtout maintenu des liens étroits avec des régimes pourvoyeurs en valises et autres services, comme l’a illustré l’affaire Elf, bien avant les révélations de Robert Bourgi. Les déclarations embarrassées du parti lors du décès d’Omar Bongo et la présence de l’ancien ministre socialiste Charles Josselin à ses obsèques illustrent cette difficulté à se démarquer des liens du passé. Dans son livre d’entretiens « Blanc comme nègre » (page 196), Omar Bongo, donne ainsi la liste de ses amitiés à gauche, nommant en par exemple Michel Rocard, Pierre Mauroy, Laurent Fabius et Elisabeth Guigou.

    Lorsque le PS paraît trahir cette « fidélité », il est vite rappelé à l’ordre par ses anciens amis. Le récent communiqué de presse sur les législatives au Gabon a ainsi suscité une réaction musclée dans la presse gabonaise.

    Un programme aux ambitions ambiguës

    Sur la question du soutien aux dictateurs, le discours a cependant un peu évolué, grâce sûrement aux révolutions tuni­ siennes et égyptiennes et aussi peut-être à des interpellations directes menées par des associations comme Survie.

    Mais au-delà du programme socialiste ou des communiqués de presse citant le Tchad ou le Congo Brazzaville, des prises de positions fortes se font souvent attendre sur la diplomatie de la France à l’égard des dictatures africaines, à l’exemple de l’« élection » du 9 octobre au Cameroun qui n’a pas suscité de réaction officielle. Le PS n’a pas vu venir les révolutions arabes et ne paraît pas, à cette heure, avoir suffisamment tiré de conclusions sur l’attitude à adopter face aux régimes soutenus depuis trente ans par la France.

    L’autre problème majeur du posi­ tionnement du PS, c’est aussi sa propension à formuler des pro­ positions grandiloquentes sur le plan géostratégique (volonté de définir une « vision » prospective du continent africain en étudiant son économie et sa démographie, etc.) ou à verser dans l’anecdotique par rapport aux enjeux réels. Les programmes de 2007 et de 2012 ont ainsi en commun de vouloir mettre en avant des thématiques telles que l’aide publique, la coopération culturelle et la Francophonie, mais aussi le micro-crédit, la coopération décentralisée, tout en restant extrêmement discrets par exemple sur le franc CFA, les bases militaires ou les entreprises françaises. Si Thomas Melonio s’est risqué à aborder ces thèmes dans son ouvrage publié à la Fondation Jean Jaurès (op cit), celui-ci n’est pas reconnu comme un document émanant du parti.

    Il faut donc s’en tenir pour l’heure au programme formel établi par le PS et à son accord avec son allié électoral EELV qui, parmi les ministères potentiels à se partager, lorgne sans doute celui de la coopération. Les propositions du candidat François Hollande, qui envisagerait un déplacement en Afrique au cours de la campagne, se font encore attendre. Contentons-nous d’espérer que les promesses qui ne manqueront pas d’être émises à cette occasion ne connaîtront pas le même sort que celles de Nicolas Sarkozy en 2006 à Cotonou.

    Source: Suirvie

  • Je suis comme un cueilleur de champignons, se décrit Michel Brunet. J'ai mis vingt ans à découvrir un coin où pousse un hominidé ancien et j'y reviens chaque année pour en trouver de nouveaux. » Son terrain de fouille couvre un territoire infini de dunes éparses au nord du Tchad. Ce désert figure parmi les plus éprouvants de la planète, balayé par d'incessantes tempêtes de sable et des amplitudes thermiques quotidiennes de plusieurs dizaines de degrés. Au total, 2,5 millions de kilomètres carrés de solitude où le scientifique a usé plusieurs panoplies de baroudeur pour quadriller minutieusement le terrain.

    « J'ai ratissé ce sol brûlant des milliers d'heures sans jamais rien trouver », se souvient-il. Jusqu'à ce jour de 1994. A 2.500 km de la vallée du Rift où l'on croyait être l'origine de l'homme, des couches géologiques anciennes mises au jour par le vent vont livrer au chercheur deux crânes primitifs d'hominidés, Abel puis Toumaï (daté de 7 millions d'années, soit plus du double de Lucy), et avec eux les restes fossiles d'une douzaine d'individus. Sans doute la plus ancienne famille humaine... Depuis cette première découverte, les scientifiques ont identifié plus de 500 sites du même âge dans la partie occidentale de l'erg dunaire du Djourab. Michel Brunet en a tiré une hypothèse révolutionnaire : l'homme ne serait pas né dans la savane comme le suggérait la théorie de l'East Side Story, mais dans une forêt clairsemée par le réchauffement climatique qui aurait contraint Toumaï et ses congénères à pousser plus loin leur quête de nourriture, sur deux pieds pour ramener au clan le fruit de leur cueillette dans leurs mains libres.

    Source: les Echos {jcomments on}

  • Au cours d'une interview accordée à deux journalistes français (RFI et F24), le Président Abdoulaye Wade a, entre autres, déclaré : « ...La Cour d'Appel de Dakar est actuellement saisie d'une demande de la Belgique. Et, incessamment elle va trancher la question. Et très probablement, Hissein Habré va être envoyé en Belgique... Et donc, si la Cour d'Appel décide de l'extrader, je l'extraderai.». A la question de savoir s'il était prêt à ce qu'il aille en Belgique, le Président Abdoulaye Wade a indiqué : « Absolument, parce que je suis couvert par l'Union africaine ».

    Aussi, nous tenons à porter à l'attention de l'opinion nationale et internationale ce qui suit :

    L'affaire Hissein HABRE a déjà fait l'objet de SIX décisions de justice. Cinq Arrêts dont quatre de la Cour d'Appel de Dakar et un de la Cour de Cassation du Sénégal ; et la sixième de la Cour de Justice de la CEDEAO. Toutes les décisions rendues par les juridictions sénégalaises ont acquis l'autorité de la chose jugée, et ont donné toutes, gain de cause au Président Hissein Habré. La demande d'extradition belge, illégalement répétitive, a fait, à elle seule, l'objet de trois décisions de justice, toutes également favorables au Président Hissein Habré et déboutant la Belgique de ses demandes.

  •  

    Dénonciation

    Le Syndicat National des Télécommunications (SYNATEL) a le regret de constater qu’AIRTEL TCHAD ex CELTEL TCHAD société de téléphonique mobile concurrente de l’opérateur Historique National SOTEL TCHAD foule aux pieds les Lois de la République en matière de la concurrence déloyale et se comporte en prédateur absolu.

    Cette société  avait obtenu sa licence d’exploitation d’un réseau cellulaire à un vil prix 1,230 milliards de franc CFA  grâce  à la complicité de la Banque Mondiale et de sa société filiale SFI qui ont accordées un prêt au groupe CELTEL INTERNATIONAL.

     L’explosion du marché de la téléphonique mobile a dépassé spectaculairement les prévisions de tous les experts du monde entier et c’est ainsi que CELTEL INTERNATIONAL après cinq ans d’existence a été vendu à deux reprises avec des bénéfices énormes à ZAIN BAHRAIN  puis à AIRTEL BHARTI INDIEN sans que l’Etat Tchadien touche un franc CFA de plus value.

     

     Cette double opération a été possible grâce au renouvellement de la licence de CELTEL TCHAD pour une valeur insignifiante à cause de la naïveté du Gouvernement du Tchad  et de la complicité de deux cadres de l’Etat Messieurs ABDELHAMID MAHAMAT SENOUSSI et ISSA AHMAT DING

  • Un rapport commandé par l'Union européenne dénonce la corruption et les conditions d'enquête sur la mort d'un des principaux opposants politiques d'Idriss Déby au Tchad en 2008 et estime possible le lancement d'une procédure internationale. Début février 2008. Idriss Déby, président autoritaire du Tchad depuis 1991, est retranché dans son palais assiégé. Des troupes rebelles soutenues par le Soudan ont décidé de mener une offensive sur la capitale N'Djamena, submergeant un temps l'armée régulière. Mais elles sont finalement repoussées, grâce à l'aide de la France, qui a fourni des renseignements et des munitions. Dans la confusion générale, l'opposant politique Ibni Oumar Mahamat Saleh, président du Parti pour les libertés et le développement, est enlevé. On ne le reverra jamais. Il a vraisemblablement été éxécuté.Paris est embarrassé par le rôle indirect potentiel qu'il a pu jouer dans la disparition de ce mathématicien formé à Orléans, très respecté. Dès le 27 février 2008, Nicolas Sarkozy déclare que «la France veut la vérité et je ne cèderai pas sur ce point». Une enquête est ouverte bon gré mal gré par le gouvernement tchadien.