Tout d'abord le bureau du CNCD tient à remercier les compatriotes tchadiens, ainsi que les amis du Tchad qui sont venus en grand nombre, certains d'autres pays d'Europe, participer à cette série de conférences-débats ; et , naturellement, les contributeurs (conférenciers et modérateurs).

 « Les Tchadiens n'aiment pas les débats d'idées ; ils préfèrent les petites querelles politiciennes, sinon la bringue », « Les Tchadiens sont prisonniers du sectarisme politique » ; ces deux clichés qu'on entend souvent, ont reçu un démenti, à l'occasion de cette Journée de réflexion.

Nos compatriotes ont montré qu'ils étaient capables de se mobiliser massivement, pendant toute une journée pour participer intensément à des échanges de haute qualité intellectuelle sur des problèmes de fond.

Quant au deuxième cliché, à propos du sectarisme des Tchadiens, cela fut aussi démenti par la présence dans la salle, de participants venant d’horizons les plus divers: partis politiques, associations, mouvements politico-militaires, etc. ; certains s'étaient même présentés comme « indépendants ».
Ce qui prouve que ce sectarisme politique tant décrié, n'est pas une fatalité, et que les Tchadiens sont capables de se retrouver sans distinction et sans complexe, dans la diversité des opinions mais aussi dans la tolérance, pour débattre et réfléchir ensemble.

Au niveau du CNCD, tout cela n'était pas surprenant, dans la mesure où le colloque que nous avions organisé avec d'autres organisations africaines sur l'impasse des transitions démocratiques en Afrique centrale, en juin dernier, nous avait déjà donné un avant-goût ; quant à la capacité de nos compatriotes à briser ce double préjugé de la prétendue incapacité à mener des débats d'idées, et du sectarisme politique.

Dans le même sens, rappelons aussi la mobilisation consensuelle à chaque commémoration de l'enlèvement du Pr Ibni Oumar, en début février, qui voit participer massivement les Tchadiens de France et d'Europe, dans la diversité des sensibilités, des opinions et des affiliations.

D'ores et déjà, nous pensons que la leçon qui s'impose, c'est que des rencontres de ce type doivent se multiplier de façon régulière, dans tous les secteurs géographiques où se trouvent des Tchadiens, à l'initiative du CNCD ou d'autres organisations - partis, mouvements, associations ou groupe de citoyens concernés – peu importe .

Cela est un bon exercice démocratique pour dépassionner les problèmes et chercher ensemble des solutions à long terme, à travers la confrontation non pas des intérêts ou des appartenances, mais à travers la confrontation des arguments et des thèses.

 

DÉROULEMENT :

le programme prévu fut légèrement modifié et finalement, la journée s'est déroulée de 11h à 18h30.

Les exposés-débats étaient partagés sous deux grands thèmes : le premier grand thème couvrant les questions de gouvernance interne, le second grand thème étant consacré aux aspects extérieurs.

La série relevant de la gouvernance interne a été animée par les exposés du Dr. Fidel MOUNGAR, le professeur Douglas Yates, M. Frank Kodbaye, M. Adoum YACOUB KOUGOU et M. Brahim OUMAR.

Par mauvaise gestion du temps, le frère Mahamat Hassan BOULMAYE n'avait pas pu présenter son exposé sur l'aménagement territorial au Tchad.

Les questions extérieures, sous l’intitulé « Les enjeux géostratégiques régionaux et internationaux »  ont été traités par le professeur Albert Bourgi, MM. Thierry VIRCOULON et M. Acheikh IBN-OUMAR.

Les modérateurs étaient : Mme Marie-Roger BILOA, Présidente de Africa International Magazine ; M. Archippe YEPMOU, Président du réseau « Internet Sans Frontières », et notre camarade Mahdi Ali MAHAMAT, Délégué adjoint au Relations extérieures du CNCD.

LES EXPOSÉS

 

1ère Série : «  LA RECONSTRUCTION NATIONALE : LES DÉFIS DES NOUVELLES AUTORITÉS ET DU PEUPLE TCHADIEN. »

 

èExposé le Dr Fidel Abdelkérim MOUNGAR, ex 1er Ministre, S.G. du parti ACTUS : «Les Promesses non tenues de la Conférence Souveraine ;et la déconstruction de l’État tchadien sous Idriss Déby

Ayant été le "premier Premier Ministre" de la Transition, après la Conférence Nationale Souveraine de 1993, le Dr Fidel-Abdelkérim MOUNGAR était particulièrement bien placé pour traiter ce sujet. En bon chirurgien, il a procédé à une « dissection » fine" et méthodique du dévoiement progressif de la transition démocratique jusqu'au blocage actuel.

La transition définie par la CNS, était un ensemble d'orientations, de missions et de structures qui devaient mettre le pays sur les rails de l'Etat de droit et de l'alternance pacifique au pouvoir.
Les principaux éléments étaient:

1) Les textes fondamentaux, à savoir: -Le Cahier des charges; - La Charte de la Transition; et - Les différentes résolutions de la CNS.
2) Les organes: - La présidence de la République ; - Le Conseil Supérieur de la Transition (CST); et - Le gouvernement de Transition.
3) Les acteurs de la transition: - Les partis politiques; - Les associations (particulièrement celles de défense des droits de l’homme); - Les syndicats.

Le Dr MOUNGAR, à travers son expérience à la tête du gouvernement de Transition a montré les faiblesses, les lacunes, et les faux calculs de la plupart des acteurs, y compris au sein de son équipe ministérielle et ses amis politiques.

Résultat: de tous ces organes institutionnels et ces acteurs politiques et sociaux, un seul, la Présidence de la République, avait réussi à instrumentaliser tout le processus, et plier la Transition dans le sens de l'objectif caché qui l'animait, à savoir: un régime faussement démocratique et clientéliste, pour déboucher sur une présidence à vie.

Les effets ravageurs de cette logique de confiscation du pouvoir à tout prix, ont été décrits, particulièrement sur le plan des finances, de l'enseignement, de la santé, etc.

Comment revenir à une gestion plus saine de l'Etat et la Société ? C'est sur cet aspect que le Dr MOUNGAR a conclu son intervention. Il a appelé à un sursaut de prise de conscience, particulièrement au sein de la Jeunesse, à un dépassement des clivages politiques, ethniques et confessionnels, pour un large front des forces aspirant à un changement bénéfique pour notre peuple dans son ensemble. Le débat démocratique collectif, à l'exemple de cette "Journée de réflexion" organisée par le CNCD, est un bon outil pour avancer dans ce sens.

èExposé du Professeur Douglas YATES, de l’Université Américaine de Paris : « La Malédiction du Pétrole et le Modèle de la Banque Mondiale: Pourquoi ça ne marche pas? »

Le professeur YATES est un éminent spécialiste de la théorie de "l'Etat rentier en Afrique" et de l'économie du pétrole

Les pays africains producteurs de pétrole font paradoxalement face à une multitude de problèmes, qui ont conduit à l’utilisation des expressions « la malédiction du pétrole » et le « syndrome hollandais ».

Dans un exposé dense et très instructif, le professeur Yates a expliqué que la question n’est pas simplement une question de gouvernance, de régimes politiques bons ou mauvais, de démocraties ou de dictatures, mais  une question de modèle économique.

Ce problème fondamental du modèle économique est expliqué par« la théorie de l’Etat rentier ». L « ’économie de la rente » consiste en ce que vous avez une richesse pour laquelle vous n’avez pas travaillé, sauf que vous avez eu le chance d’être sur un certain territoire dont le sous-sol est riche.

Les recettes de la Banque mondiale et autres organismes ne sont pas centrées sur la satisfaction des besoins essentiels des populations, encore moins développer une économie qui fonctionne, mais uniquement pour assouvir la faim des pays occidentaux, en termes d’énergie.

Il faut sortir du schéma de l’économie de rente et des modèles de la Banque mondiale. Il serait intéressant de prendre exemple sur les pays qui ont échappé à cette malédiction, comme la Norvège, et jusqu’à un certain degré, certains pays du Golfe. Former des cadres nationaux dans tous les domaines liés au pétrole, afin d’en maîtriser tous les circuits ; et surtout, créer les bases d’une économie nationale, tournée vers la production, l’esprit entrepreneuriale et l’innovation, et non seulement sur la bousculade (« the scramble ») pour le partage des revenus pétroliers

 

èExposé de M. Frank KODBAYE, Journaliste,  « Couper les ailes de la grande corruption »..

L'exposé du compatriote Frank KODBAYE, sur la corruption est une suite logique à celui du professeur Douglas YATES sur la mauvaise gestion des ressources pétrolières.

M. KODBAYE, aurait pu s'étendre longuement sur la description des mécanismes et la dénonciation des méfaits de la corruption au Tchad et en Afrique, comme on le fait à longueur d'articles, à longueur de livres, et à longueur de programmes politiques. Il ne nous aurait vraiment rien appris, tant ce phénomène est vécu au quotidien par nous tous. Heureusement, il a su éviter cet exercice facile et répétitif de descriptions et de complaintes et consacra l'essentiel de son propos à la recherche des solutions pour combattre ce phénomène.

Sa thèse principale est que l'action civique, à plusieurs niveaux est capable de déclencher un processus d'endiguement de ce phénomène.

Le premier niveau, le plus élémentaire, est l'action individuelle des citoyens, par l'utilisation des mécanismes juridiques existant, pour interpeller les décideurs. Il donna, à ce sujet l'exemple très intéressant d'initiatives citoyennes en Suède. Le deuxième niveau est celui du mouvement associatif. Enfin, le niveau institutionnel, local et international.

èExposé de M. Adoum YACOUB KOUGOU, Coordinateur du FPRN, ancien Chef d’État-major,« La réforme de l’Armée Nationale Tchadienne ; un défi majeur dans la Reconstruction du Tchad »

Ayant été Chef d'Etat-major général des forces armées, un responsable politico-militaire de premier plan dans pratiquement toute les phases du conflit tchadien, et chef d'un des mouvements fondateurs du CNCD -le FPRN-, il était particulièrement bien placé pour traiter cette question, cruciale s'il en fut, de la réorganisation de l'armée. Malheureusement, des difficultés d'organisation ayant placé son intervention, ainsi que celle du camarade Brahim OUMAR sur l'éducation, à la fin de la journée, le temps avait manqué pour une présentation complète de leur travail et un débat exhaustif avec la salle. « Ce n'est que partie remise », avait promis la Coordination du CNCD.

Le sujet fut déroulé en six parties :

 1) Les conditions de la naissance de l'Armée Nationale Tchadienne (ANT), à partir des anciens  officiers et sous-officiers des unités indigènes des forces coloniales françaises. 2) La période du président TOMBALBAYE caractérisée par l'implication de l'ANT dans les tâches de maintien de l'ordre intérieur, et la naissance du Frolinat. La période du CSM caractérisée par le tâtonnement et la confusion ayant débouché sur la guerre civile et l'apparition du phénomène des « tendances ».

3) Les tentatives de réunification cacophoniques du GUNT.

4) La réintégration quasi complète de toutes les fractions sous Habré et les débuts d'une réorganisation nationale.

5) L'énorme gâchis sous le régime du MPS, reconnu par le président DÉBY ITNO lui-même.

6) En conclusion : le camarade Adoum présenta sa conception d'une solution à ce problème :

 - D'abord, il faut une réconciliation et une paix réelles pour mettre fin au fractionnisme politico-militaire ;

-Ensuite, il faut constater qu'il n'existe pas véritablement d'Armée nationale, et considérer que les forces armées et de sécurité doivent être rebâties à partir de zéro.

 

Exposé de M. Brahim OUMAR ( ancien Chef de Département des Sciences et Techniques de l'Information et de la Communication à l'Université de N’Djamena) : « La crise du système éducatif tchadien ».

En tant que pédagogue ayant été au cœur du système éducatif au Tchad, le camarade Brahim OUMAR a donné un diagnostic d' « initié » du mal qui ronge l'enseignement au Tchad, sous la gestion catastrophique du MPS.

Sa conclusion est sans appel : le système éducatif n'est pas seulement malade, il est pratiquement dans un état « comateux ».

On a beau savoir que le niveau scolaire a connu une chute spectaculaire, que ce secteur est gangrené par le favoritisme, la violence et le dénuement matériel, on est quand même saisi d'effroi par les exemples précis de dysfonctionnement, ou plutôt de sabotage systématique, donné par le conférencier.

Sa conclusion est sans appel : le Tchad va payer très cher, le prix de la gestion irresponsable du régime MPS, pour les trois ou quatre générations à venir.

Comme pour les forces armées et de sécurité, il faut tout revoir à partir de zéro : les textes réglementaires, les conditions de création et de fonctionnement des établissements privés, la formation des enseignants, les programmes scolaires, les critères de nomination des responsables académiques, les conditions de vie et de travail des professeurs et chercheurs, et surtout remettre l'éthique et la conscience professionnelle au cœur du système éducatif.

 

2ème Série :LES ENJEUX GÉOSTRATÉGIQUES RÉGIONAUX ET INTERNATIONAUX :

èExposé du professeur Albert BOURGI ( Professeur agrégé de Droit Public) : « La Relation Afrique-France. La Spécificité tchadienne. »

On ne présente plus le professeur BOURGI : référence universitaire cardinale, aux titres et publications innombrables, dont on retiendra surtout qu'il a formé des milliers de cadres africains, parmi lesquels, on citera, pour ce qui est du Tchad, feu Youssouf Togoïmi, et dont on retiendra aussi l’engagement politique de toute une vie aux côtés des peuples en lutte, dans son pays de naissance, le Sénégal, mais aussi en Afrique et dans le Tiers-monde en général.

Son exposé commença par l'historique de ce qu'on appelle la Françafrique, ou comment le pouvoir gaulliste avait mis en place le système néo-colonial sous couvert d'indépendance, afin d'assurer la continuité des intérêts impérialistes dans les pays africains.

Pour ce qui est du Tchad, il y a un particularisme frappant qui le met à part dans le pré-carré franco-africain : c'est que la politique française vis-à-vis de notre pays, est « surdéterminée » de façon exorbitante, par le facteur militaire. Le Tchad est perçu comme un atout principalement stratégique et non pas économique ; et la haute hiérarchie militaire française a toujours le dernier mot dans la définition des politiques de la France. D'où le soutien aveugles à des régimes dictatoriaux d'une très grande brutalité, parce que perçus comme garant de l'insertion du Tchad dans le dispositif militaire français en Afrique. Le président Idriss DEBY ITNO peut massacrer, piller, autant qu'il veut, il sera toujours soutenu tant qu'il conserve l'amitié des généraux français.

La question qui se pose actuellement, c'est : « est-ce-que le nouveau pouvoir socialiste français sous la présidence de François HOLLANDE, pourra changer ces relations « incestueuses » entre la France et l'Afrique. Tout en appelant les forces progressistes à ne pas gober naïvement les déclarations des nouveaux responsables français, le professeur BOURGI a estimé qu'avec ce gouvernement de gauche, il y a quelques lueurs d'espoirs.

D'abord la personnalité du président François HOLLANDE, qui est « vierge » par rapport à l'Afrique, et qui est plus sensible à l'opinion de la base militante, et des forces démocratiques africaines. Cependant la vigilance doit être de rigueur, carseules la mobilisation citoyenne, la pression politique et les luttes populaires, seront payantes.

èExposé de M.Thierry VIRCOULON, (Directeur du Programme Afrique Centrale d'International Crisis Group) : « La Communauté internationale et les crises en Afrique centrale. »

Expert au sein du Think Tank ICG (International Crisis Group), M. VIRCOULON est un fin observateur du phénomène des crises dans notre sous-région de l'Afrique Centrale.

Le fil conducteur de son exposé était l'explication de l'inefficacité des forces de maintien de la paix – de l'ONU ou de l'Union africaine – dans le règlement des conflits ; en prenant l'exemple de la MUNOC -devenue MUNOSCO- en RDC – de la MINURCAT au Tchad et en RCA, et de l'UNAMID au Darfour. Les failles dans les opérations internationales sont assez connues : non qualification des personnels, inadéquation des moyens, interférences des intérêts stratégiques des grandes puissances, rôle prépondérant des USA et de l'OTAN dans le financement. Mais là, où l'assistance a été interloquée, c'est quand M. VIRCOULON a expliqué que la mission des forces de « paix », par essence même, n'est pas...d'instaurer la paix ! Il s'agit uniquement d'apaiser un peu les tensions, c'est à dire d'agir comme un calmant !  C'est ce qu'on appelle « la gestion des crises », notion différente de « la résolution des crises".

C'est la source d'un grave malentendu avec les populations concernées qui voient ces forces comme un sauveur providentiel dont on attend des miracles, et aussi avec les opinions africaines et même dans les pays occidentaux.

La solution véritable serait qu'au niveau politique (principalement le Conseil des sécurité) on redéfinisse la mission fondamentale des forces internationales. Il faudra aussi élargir le champ d’action de la Communauté international qui se limite strictement aux aspects politiques et humanitaires, alors que les racines profondes de ces crises sont d’abord économiques et sociales.

 

èExposé de M. Acheikh IBN- OUMAR, (Coordinateur 1er Adjoint du CNCD, ex Ministre des Affaires Etrangères) : « Les nouvelles menaces dans le Sahel-Sahara et leurs implications géostratégiques »

L’exposé du camarade Acheikh IIBN-OUMAR était articulé comme suit :

-D’abord clarifier les notions utilisées : Qu’entend-on par « géostratégie » ? Faut-il parler de mutations, voire de « révolution » géostratégiques ou de simples « changements »

- Définition de l’espace concerné : La situation d’insécurité, et de troubles dans la région Sahel-Sahara, ne se limite ni dans l’espace, ni dans le temps aux défis des mouvements islamistes et sécessionnistes dans le Nord-Mali. La zone de troubles va du Sahara occidental jusqu’à en Somalie, la limite sud étant le nord de la Côte d’ivoire du Nigéria, de la RCA et du Sud-Soudan.

-l’insécurité n’a pas la même signification pour les populations, les pouvoirs étatiques et le monde occidental.

- Distinction de trois (3) Les phases historiques : 1) Des Indépendances à 1990 : la guerre froide ; 2) De 1990 à 2001 : Les tentatives démocratiques ; et 3) A partir de 2001  (11 septembre 2011) : « lutte contre le terrorisme ». Chacune de ces phases est caractérisée par des enjeux, des acteurs et de stratégies différentes.

La phase actuelle voit surgir des acteurs nouveaux, et un repositionnement des acteurs traditionnels. L’aspect le plus marquant, ce sont les nouveaux types de de réponses militaires, mises en place par la France ; les Etats Unis, basées sur les opérations spéciales, voire clandestines et le recours massif aux nouvelles technologies informatiques et aux équipements  ultrasophistiqués.

Dans cette nouvelle course, les acteurs africains sont "largués". Nos Etats risquent de perdre encore plus leur de leur souveraineté. Il faut résoudre les problèmes à la racine. Les causes profondes de la fragilité de nos Etats, ce sont : - la corruption, qui crée un fossé entre les masses, surtout la Jeunesse, et l’administration centrale ; . La faiblesse du sentiment national ; - l’inconsistance des institutions sous-régionales et continentale et le manque de vision à long terme, particulièrement sur le plan stratégique. La responsabilité commence au niveau de chacun, en tant qu'individu, avant d’être celle des organisations et des institutions.

 

CONCLUSION GÉNÉRALE/

Comme nous l’a rappelé la première modératrice, Mme Marie-Roger BILOA, se contenter de dénoncer le régime actuel, est loin de constituer une assurance qu’on fera mieux que lui, si on ne développe dès maintenant des projets réalistes, construits à partir de solutions concrètes aux maux dont souffrent nos sociétés. Au niveau du CNCD, nous sommes bien conscients que l’opposition tchadienne dans son ensemble ne doit pas se contenter de critiquer, dénoncer et condamner,  mais avancer des réponses cohérentes, précises et crédibles aux problèmes essentiels du Tchad. C’est pourquoi, nous avons voulu cette Journée de réflexion comme le coup d’envoi d’une série continue de conférences, colloques, tables-rondes, etc. afin d’étudier en profondeur toutes les questions sociales, économiques, et politiques liées à un programme de redressement national.

Nous reviendrons sûrement plus en détails sur certains sujets abordés (comme le pétrole, de l’Armée, et l’Education), de même que nous ouvrions d’autres chantiers de réflexion. Les Tchadiens et les amis sont vivement invités à nous faire des observations, des propositions, et des critiques aussi, sur la forme et le contenu des débats passés et à venir.

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