Crédit à gogo
Selon les informations qui nous parviennent de N'djamena, toutes les banques de la place traversent une crise due essentiellement, selon les mêmes sources, aux difficultés de récupérer les créances et autres crédits accordés à leurs clients. Elles seraient toutes en état de quasi banqueroute. Ces mêmes sources précisent que les institutions de Bretons–Wood, de passage dernièrement à N'djamena, ont notifié à l'Etat tchadien de racheter ces créances douteuses afin d'éviter aux établissements bancaires une trésorerie négative. D'ores et déjà, une commission de recouvrement des créances bancaires est mise sur pieds. Elle serait dirigée au niveau ministériel.
Il faut signaler que depuis le début de l'exploitation du pétrole (2003), les banques accordaient des crédits à tout demandeur sans rechigner. La situation s'aggrava avec la dénonciation par le gouvernement tchadien des engagements qui le lient avec la Banque Mondiale et surtout le déblocage des fonds appelés «générations futures». Ce qui a permis aux proches du pouvoir d'amasser des richesses considérables. L'accroissement de liquidités explosera les dépôts poussant les banques à exercer un transfert sur leurs clients, mais le drame est qu'ils sont tous douteux. D'après ces mêmes sources, pratiquement tous les dossiers d'emprunts sont faux. Il peut arriver que ces faux sont parfois l'œuvre des cadres de ces banques sensés contrôler les dossiers. Des cadres des banques arrêtés pour falsification, faux en écriture ou encore abus de confiance sont innombrables.


Opération de renflouement des caisses : de l'émission des emprunts obligataires aux condamnations astronomiques des compagnies chinoises.
Le pouvoir cherche de l'argent frais. Il émet des titres obligataires au niveau du marché de l'Afrique centrale. Comment comprendre qu'un Etat qui aurait du être inondé par les rentrées pétrolières, émet des titres d'emprunts obligataires pour un montant de 85 milliards de francs CFA. Qu'a-t-on fait avec cet argent? Un ex premier ministre accusé un moment d'avoir soustrait une partie, se dit prêt le moment venu à indiquer la vraie destination de ce pactole.
Acculé de toutes parts et dans un besoin de trésorerie urgent (salaires, élections), le gouvernement se tourne vers sa poule aux œufs d'or: les chinois. Ces chinois, pragmatiques dans leurs intérêts, ne se préoccupent pas de certains détails (environnement, Etat de droit) et ont eu le malheur de croire leur interlocuteur qui n'est autre que le ministre du pétrole. Ainsi, le ministre du pétrole qui cumulait ce poste avec celui de Directeur adjoint de la raffinerie, serait informé du déversement de ce liquide et qu'il aurait même conseillé les chinois à utiliser des bâches en plastiques pour rendre ces mares imperméables, nous indiquent certains sources proches du dossier. Les chinois seront condamnés à une amende de 1,2 milliard de dollars, soit 600 milliards de francs Cfa.


Les salaires ne sont pas payés
Selon la Deutsche Welle la crise est grave. D'après DW, «pour faire des économies, le gouvernement a par exemple procédé à la réduction du nombre de ses ministres, qui sont passés de 42 à 27. Selon plusieurs sources, le Tchad a même supprimé les postes de sous-préfets adjoints pour pallier ces difficultés. Malgré cela, le Tchad connaît toujours des tensions en ce qui concerne la trésorerie». Interrogé par la DW le député Aba Djouassab Koi, par ailleurs 3ème vice président de l'Assemblée, dit «Moi qui vous parle, je n'ai pas encore reçu mes indemnités du mois de mai.»
Certains analystes vont jusqu'à dire que le départ de Deby de la Centrafrique est dû essentiellement à l'état de sa trésorerie. Les caisses sont vides, étonnement vides.


Depuis chawire Rassak Abdoulaye Abakar

 


Quelques images de la catastrophe

 

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