Pour commémorer la disparition d'Ibni, une journée de souvenir sera organisée concomitamment par le comité de soutien du défunt et Amnesty International à Orléans le Samedi 1er février 2014.
Il faut rappeler qu'Ibni Oumar Mahamat Saleh, chef de file de l'opposition intérieure, a été enlevé par le dictateur Idriss Deby et, depuis lors, sa famille n'a aucune nouvelle de lui. Une commission d'enquête, dite ouverte à l'international, a conclu non seulement à la mort d'Ibni mais a précisé que cette mort est le fait de la garde prétorienne de Deby. Malgré cela, la procédure judiciaire pendante devant les juridictions tchadiennes a été close par un non lieu et le dossier Ibni clôturé. Devant cette négation de justice, ce règne de l'arbitraire, les enfants du défunt ont saisi la justice française qui a ouvert une enquête et avait même dépêché un magistrat pour enquêter au Tchad.
Idriss Deby a systématiquement fait taire toute voix contradictoire à son régime. Cela n'a pas empêché des pays comme la France de s'associer à lui pour prétendre défendre la liberté et la démocratie que ce même Deby piétine depuis son avènement au pouvoir en 1990. Lorsque des élus français ont manifesté leurs désirs de voir enfin la vérité émerger, un ministre de la justice du tyran tchadien a cru bon de non seulement mettre en garde ces élus mais proférer à leurs endroits de menaces à peine voilées.
Il est légitime de se demander que pour lutter contre le mal doit-on s'associer à un autre mal ? C'est vrai, l'occident en général nous a habitués à des situations très contradictoires entre les dires et les faits. On prône officiellement la lutte contre le terrorisme mais cela n'a pas empêché les Etats-Unis de s'allier à leur futur ennemi numéro un, Ben Laden, pour combattre les russe, et la France de s'allier aux rebelles libyens pour destituer Kadhafi et dénoncer aujourd'hui ces mêmes libyens.

 

La Rédaction

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