Lors de l'inauguration des locaux de l'assemblée nationale et ceux de l'hôpital dit « moderne » de N'djari, une présence a été remarquée par les téléspectateurs, celle de l'ancien premier ministre Emmanuel Nadingar. Il faut dire que Nadingar a eu son quart d'heure de gloire. Ainsi, dans toutes les interventions, après les « excellences » monsieur le président et première dame, on s'est fondu par un excellence monsieur «l'ex premier ministre». Pourquoi le régime bouscule ainsi les règles de ses services protocolaires? Pourquoi on s'intéresse subitement à Nadingar?


Selon des sources dignes de foi, ce regain d'intérêt pour Nadingar, cache une stratégie utilisée à volonté par le régime pour stopper le vent de révoltes qui couvent dans les régions (Mao, hier). Ainsi, au moindre mécontentement, le régime recourt à d'autres fils de ces mêmes régions, fils cooptés et corrompus, pour éteindre les flammes des soulèvements et mutineries. Selon cette même source, à Bébédjia, ville dont est originaire Nadingar, la population est dans un état quasi insurrectionnel. Elle affiche son désapprobation sur une question essentielle : l'opacité qui entoure l'exploitation du pétrole de la région. C'est l'attribution des contrats d'exploitation à l'ex sénateur nigérian Ali Modou Sherif qui a déclenché la fronde. Le préfet de la Nya (le département) et le maire de la ville Bébédjia ont failli venir aux mains. De l'invective aux sarcasmes et autres injures, entre le représentant de l'Etat et le 1er magistrat de la ville rien ne va plus. Pour certains témoins, ce qui a attisé cette colère est le népotisme qui caractérise les attributions des contrats pétroliers.


La présence de Nadingar à coté de Payimi ce matin à Gassi et à N'djari est non seulement pour calmer cette effervescence à Bébédjia mais aussi, et surtout, pour contrarier voire dépiter un autre ex 1er ministre qui avait osé parler de division dans sa lettre de démission. Ce même Nadingar, rappelez-vous, sur qui le régime avait lâché ses meutes, le traitant d'incompétent et inapte.


Le régime aux aboies louvoyant, oscillant, tel un naufragé agitant ses bras dans l'espoir d'attraper le vide, a perdu son outrecuidance. Toutes ses combines et manigances sont systématiquement décelées. Ou alors il s'agit tout simplement d'un autre tabou jeté à la figure des tchadiens par un ex 1er ministre: et si c'est la santé du despote qui est chancelante.

 

Ahmat Hassan

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