L'accusation de vol portée par Deby contre ses ministres n'est pas fortuite. Y a-t-il quelqu'un travaillant avec Deby qui n'a pas volé? Ou qui n'a pas facilité le vol de Deby et sa famille?

Il faut l'avoir entendu par ses propres oreilles pour le croire. Idriss Deby vient, lors des présentations des vœux du comité islamique du Tchad, de qualifier ses ministres de voleurs et que ceux-ci, tenez vous bien, détournent pas moins de 30% du budget de l'Etat. Dans quel pays vivons-nous? Comment est on arrivé jusqu'à ces diatribes dirigées contre ses propres ministres.


L'anarchie érigée en mode de gestion.
Depuis l'avènement de Deby au pouvoir il y a eu une volonté manifeste d'instaurer une anarchie à tous les niveaux de l'Administration provoquant dès lors le délitement de toutes les entités de commandement et de gestion de ce pays. Ainsi, au tant sous le régime précédent un Etat au sens du mot existait (quoi qu'on puisse lui reprocher), au tant un désordre, une confusion voire une désagrégation des structures étatiques furent planifiés et accomplis. Ainsi, on applique la logique qui consiste à dire que pour maquiller ses insuffisances, il faut s'entourer par plus incompétents que soi. Le caractère de nominations méritocratiques, en fonction non seulement de compétences et de promotion voire même de cooptation des cadres, a cédé sa place au népotisme, au favoritisme concourant ainsi à l'émergence d'une classe de dirigeants incultes, cupides et antipatriotiques. Pour faciliter le travail des hordes de pilleurs venus de l'étranger, la tactique était de saper tout esprit privilégiant l'intérêt national et promouvoir des incapables pour mieux dépecer le Tchad. Ainsi, tout un chacun, tapis dans l'ombre, sait que son tour viendra pour assouvir sa cupidité et devenir « quelqu'un », comme se dit dans les rues de N'djamena. Les quelques rares cadres qui ont refusé cet état de faits, se sont vus marginalisés, écartés et, parfois même, attenter à leurs vies. Certains, de bonne foi, ont cru naïvement, pouvoir faire évoluer les choses en collaborant avec le despote. Ils apprennent, à leur dépend, que l'idée qu'a le potentat de N'djamena du pouvoir et leur conception à eux sont diamétralement opposées. Pour le despote, ce pouvoir est conquis par la force, il n'a de compte à rendre à personne et on doit être avant tout à son service et pas à celle de la Nation. Les choses sont claires. L'Etat est privatisé, c'est une propriété de Deby et son clan. Cette réalité est attestée par la main mise sur l'armée, l'occupation des toutes les régies financières, l'appropriation du pétrole tchadien, bref le doute n'est pas permis.

 

Une culture d'impunité généralisée
Au Tchad voler les biens de l'Etat n'entraine aucune sanction à son auteur. Si ceux qui n'appartiennent pas à la famille peuvent faire l'objet d'enfermement pour quelques jours, les proches ne sont même pas inquiétés. Ce qui est encore plus grave, que cela soit au niveau des proches de Deby ou aux autres, les biens volés ne sont jamais restitués. Ainsi une culture de vol généralisé est instaurée et entretenue à tel enseigne que voler est la règle fondamentale dans les rouages de l'Etat tchadiens. L'accusation de vol portée par Deby contre ses ministres n'est pas fortuite. Y a-t-il quelqu'un travaillant avec Deby qui n'a pas volé? Ou qui n'a pas facilité le vol de Deby et sa famille? On est tombé très bas. Pour moins que cette accusation, ailleurs des ministres ont démissionné. Au Tchad, tels des damnés suspendus à une corde, les ministres courbent l'échine car Deby peut, à la moindre protestation, envoyer le contrôle d'Etat et vérifier leurs biens brique par brique. Et là, dans le système actuel, les propres ne sont pas nombreux.

 

Humiliation insupportable
Qui n'a pas reçu un coup de canne? Un jet de cendrier? (A tel point qu'il parait qu'on a changé les cendriers en métal par des cendriers en plastiques). A ces atteintes physiques, les agressions morales sont légions. Une image étonnante. Le premier ministre au visage renfrogné et acariâtre, chef du gouvernement, est placé au même rang que les conseiller lors de présentation des vœux du Tabaski. Ce 1er ministre est une calamité. D'aucuns avaient avancé ses tentations sécessionnistes, mais après études, Nadingar est meilleur que lui malgré ses insuffisances. Le rapport entre Joseph et Deby est tout sauf de collaboration entre un président et son 1er ministre. Jusqu'à quand Joseph et ses ministres endureront ces humiliations cruelles?

 

Espoir de tout un Peuple
Soulèvement à MaoSoulèvement à MaoLes événements récents de Mao suscitent l'espoir des tchadiens sur la possibilité de soulèvement de ce Peuple meurtri par plus de deux décennies de tyrannie. L'insurrection conduite par la population de Mao contre ce régime est un exemple à suivre dans toutes les villes du Tchad. Deby est seul, gouverne seul, même ses ministres l'ont compris et l'ont lâché même s'ils ne le disent pas officiellement. L'heure de mobilisation a sonné, le soulèvement est plus que certain.

 

 


VIDEO LE DICTATEUR IDRISS DEBY PRESENTE SES VOEUX DE...

Ahmat Hassan

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