Un véritable corps à corps s'est éclaté hier matin au ministère de la santé publique opposant deux illustres responsables de ce département à N'djaména. S'il avait agi de deux subalternes, le sujet aurait fait moins de bruits. Mais ici il s'agit du ministre titulaire et de son secrétaire d'Etat qui, en sont venus aux mains. Qui sont les deux baroudeurs? Quels sont leurs parcours politiques? Nous allons faire une esquisse de leurs carrières politiques.
A tout seigneur tout honneur, commençons par le ministre titulaire.
Ahmed Djidda n'est pas un inconnu du microcosme n'djaménois. Ce natif du Chari Baguirmi est le cousin du délégué du gouvernement auprès de la commune de N'djaména, Haoua Outhman Djamé. Après des études en Algérie, il poursuit ses études en France. Une fois au pays, il est nommé comme directeur commercial de la SONASUT. Il adhère au parti ALNASSOUR membre de la majorité présidentielle. Après la victoire d'Idriss Deby aux présidentielles, il occupe le portefeuille de l'enseignement supérieur, poste qui revient à ALNASSOUR. Ses premiers ennuis commencent quand, outrepassant les instructions de Deby, il a fait valider le résultat du baccalauréat avec un repêchage jusqu'à 8,5/20 (voir à ce sujet notre article consacré à ce problème: Ahmat Djidda, ex Ministre de l’enseignement supérieur, victime expiatoire d’un déficit de politiques éducatives au Tchad.). Arrêté et démis de ses fonctions, il revient quelques temps après au ministère de la santé avec comme secrétaire d'Etat une certaine Nouralhouda Abakar qui sera atteinte par des éclaboussures liées à la gestion d'un projet dont elle fut gérante.
Hassan Soukaya, quant à lui, son parcours est diamétralement opposé à celui de son titulaire. Après des études en Afrique de l'Ouest, il rejoint le Mouvement pour la Démocratie et la Justice au Tchad (MDJT), du feu Youssouf Togoimi opérant dans son Tibesti natal. D'ailleurs étant dans le cabinet de Togoimi, il était parmi ceux qui l'ont accompagné lors de son évacuation en Libye. Rappelons que Youssouf Togoimi n'est jamais revenu de ce voyage (voir à ce sujet les aveux d'Abdallah Senoussi:EXCLUSIF : ABDALLAH SENOUSSI, PATRON DES SERVICES DE RENSEIGNEMENTS DE KHADAFI REVELE : YOUSSOUF TOGOIMI A ETE LIVRE A IDRISS DEBY). Il s'allie avec Choua contre Mardigué et fini par faire cavalier seul dans la zone de Zouar dont il est issu jusqu'à son ralliement en 2010. Nommé comme conseiller chargé de missions à la présidence, il entre comme ministre des infrastructures au 2éme gouvernement Dadnadji (géopolitique oblige, il remplace un autre natif du Tibesti: ABBALI Salah) avant qu'il ne soit rétrogradé au poste de secrétaire d'Etat à la santé cédant ainsi sa place à Adoum Younous. Bien qu'il fût ministre des infrastructures, les mauvaises langues disent que tous les contrats et projets sont transférés aux grands travaux présidentiels, gérés par un des fils Deby.
Cette rixe entre membres du gouvernement n'est pas la première du genre. Rappelons au passage la bagarre entre Bachar Ali Souleymane et Ahmat Bachir devant le premier ministre. Ce comportement dénote à suffisance le vacillement de ce régime à bout de souffle et dont même les membres deviennent de plus en plus incrédules. Et pendant ce temps, le pacha Deby coule des nuits tranquilles aux bords de ouadi HAWAR.

 

La Rédaction de la Gazette

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