Le Conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur (CAMES) vient d'élever Idriss Deby du Tchad à «la dignité de Grand-Croix de l'Ordre international des palmes académiques ». On en croit rêver. Au moment où l'éducation nationale est secouée par une crise sans précédent due essentiellement à l'incompétence du régime et à sa politique consistant à promouvoir les médiocres et autres étriqués sur des bases purement tribales et népotiques, nos amis du CAMES décernent un prix au potentat tchadien. Sur quels critères s'est basé le CAMES pour distingué Idriss Deby ?
Rappelez vous, il y a quelques semaines, un journal sénégalais, l'hebdomadaire « Nouvel Horizon », avait décerné à Idriss Deby un prix (Sédar spécial) qui d'habitudes est attribué à des personnes ayant rendu service à la culture en générale (voir à ce sujet l'excellent édito de Karfa S. Diallo). Même si ce prix sénégalais pourrait s'expliquer par la nouvelle proximité « sénégalo-debyenne » sur fonds d'affaires Habré, la forfaiture du CAMES n'a aucune explication ni scientifique, moins encore morale. Concours de circonstances, il y a deux semaines les résultats du baccalauréat a été annoncé. Même pas 10% de réussites. Rien que cela aurait pu persuader le CAMES à surseoir à sa démarche honteuse. Nous titrons « ordre académique ou loge maçonnique » car même dans les loges où les entraides entre frères sont légions, un tel bilan aurait marqué des hésitations voire déclenché des réserves.
Le Tchad est aujourd'hui telle une proie, un trophée sous la domination d'un tyran sanguinaire et incompétent; tyran choyé, courtisé et encensé par des roublards malicieux qui n'ont d'autres objectifs que de participer au festin clanique au moment où la majorité des tchadiens crient famine. Ces pratiques ont atteint leur paroxysme lorsque le despote avait décidé d'attribuer un marché de plus de 400 milliards de nos francs à un entrepreneur sénégalais et ceci en violation totale du code du marché public tchadien. Contrat était non seulement les prémices de l'attribution du prix sénégalais mais aussi a sonné les glas de l'expulsion du bloggeur tchadien Makaila Nguebla du Sénégal et l'accélération de l'affaire Habré.
Les problèmes structurels de l'éducation au Tchad se manifestent essentiellement par une baisse de niveau chronique, une incompétence notoire poussant les intéressés à emprunter des raccourcis tels la corruption, le désintérêt, voire le sabotage. Ceux qui ne maitrisent pas les dossiers qu'ils ont entre les mains sont tentés de les monnayer ou les bloquer, pénalisant ainsi l'Etat. La méritocratie aurait pu palier à ce problème car c'est la maitrise de son travail qui engendre la passion et la productivité des agents de la l'Etat. Tant que le népotisme est la règle, ne cherchez pas des boucs émissaires Monsieur Dadnadji, le problème c'est votre chef.

Ahmat Abdelhakim

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