Au départ on avait cru à un canular, une farce montée par l'équipe du « petit journal » de canal plus, mais que nenni, le ministre tchadien de la culture veut s'adonner à la censure de la presse et ceci dans l'enceinte même de l'Unesco. Si cette histoire a fait ricaner le plateau de l'émission, nous tchadiens, nous avons eu, en ce moment précis, une pensée particulière, à nos frères journalistes croupissant dans les bagnes d'Idriss Deby. (Voir le communiqué de RSF: DÉJÀ UN MOIS DE DÉTENTION POUR LES JOURNALISTES ERIC TOPONA ET MOUSSAYE AVENIR DE LA TCHIRÉ)
Si un journaliste de canal plus, exerçant en France, a fallu être soumis au «visa du censeur», on peut facilement imaginer les conditions de travail des journalistes, bloggeurs et autres syndicalistes au Tchad de Deby. Les journalistes tchadiens, dans leur majorité, sont réduits au silence. Pire, certains, exploitant leurs génies créateurs, sont devenus intarissables en termes d'éloges à l'endroit de Deby, des vrais griots. Nous saluons ceux d'entre eux qui, malgré leurs mises aux placards, dignement et fièrement, font leur travail sans bassesses ni avilissements.
Le dictateur tchadien, surfant sur le vent d'après guerre du Mali, pensait être au moins honoré, sinon distingué et cité non seulement pour sa «claire voyance» et sa «témérité» dans les Adrars des Ifogas, mais aussi pour son «sens élevé de la bonne gouvernance» et ses «contributions à l'émergence » de la démocratie au Tchad. Mais n'a-t-on pas dit «chasser le naturel, il revient au galop»? Dans l'intervalle, croyant que le monde lui est redevable, le despote tchadien s'est vite trouvé un complot, qui serait ourdi contre sa personne et les institutions de la République, pour casser toute opposition à son régime. Le peu de crédit que lui a apporté le Mali s'est vaporisé.
C'est l'endroit ici, d'exprimer toute notre solidarité à notre frère Kaar Kaas Sonn ( voir à ce sujet: Tchad/France : Kaar Kaas Soon est en grève de la faim.), qui est à sa 3ème journée de grève de la faim. Nous invitons toute personne éprise de paix et de liberté de le rejoindre le samedi 7 juin au parvis de droit de l'Homme.

 

Deby à l'Unesco

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