N’djamena vit à l’heure actuelle une situation très inquiétante. Des députés interpelés chez eux, foulant aux pieds les textes de la Constitution de ce pays et son article 110 proclamant l’immunité accordée aux élus ; des hauts fonctionnaires obligés à rentrer dans la clandestinité ; bref une situation où se mêlent terreurs nocturnes et fuite à l’étranger. Ainsi, à part les députés Malloum Kadre et Saleh Makki arrêté la nuit du 1er au 2 mai, nous apprenons aussi l’arrestation des généraux Weidding Assi Assou et David Ngomine, le gouverneur du Salamat Ahmadou Ahidjo, le Pr Khalil Alio etc.

 

Qu’est ce que s’est passé le 1er mai?

Le 1er mai, deux événements indépendants l’un de l’autre se sont produits concomitamment, l’un à Gassi et l’autre dans le 7ème arrondissement de N’djamena.

A Gassi, une fusillade opposant des éléments de la garde prétorienne (fusillade dont les causes restent jusqu’ à aujourd'hui obscures et aucune information n’est sortie dehors du cercle clanique) s’est déclenchée vers 11 heures locale faisant beaucoup de victimes selon certaines sources. Les spéculations sur cet événement vont bon train. Allant de la revendication des primes liées à la guerre au Mali (en effet, Idriss Deby aurait promis un émolument allant jusqu'à 100 000 dollars US par soldat, et le double en cas de décès), au mécontentement inter clanique, voire une jacquerie. En tout cas, l’état major de la garde présidentielle qui n’est autre que le fils du despote, a écrasé la fronde dans le sang.

Après le déclenchement de ces évènements, le régime, fidèle à sa réputation de brasseur des intrigues, s’est lancé dans des manœuvres diaboliques, appâtant certains opposants, le poussant ainsi à la faute, s’il y a faute.

Ceux qu’on a présenté à l’opinion comme des comploteurs tapis dans l’ombre et combinant des manigances, ne sont que des tchadiens soucieux du bien être de leurs compatriotes et préoccupés par la situation chaotique de notre pays. Si Moussa Tao était rebelle et avait pris les armes contre ce régime, tous les autres accusés étaient des fervents croyants de cette démocratie apportée sur un plateau en argent par Deby un jour de décembre 1990. Mais de désillusions en désillusions, les rancœurs et les contrariétés dissipant l’espoir suscité par le discours du 4 décembre 90, les cadres dignes de ce pays s’organisent pour mettre terme à cette dérive. C’est dans ces conditions qu’il était arrêté d’imprimer et distribuer des tracts dans la ville de N'djamena. Chose qui, sous d’autres cieux, est considérée comme moyen d’expression. Le délit d’opinion est, il faut le souligner, en vigueur au Tchad.

L’amalgame entre la fusillade et les arrestations est intentionnel. Le but est de gonfler les réalités de ces événements et profiter pour régler les comptes de certains persévérants tenaces.

 

Le Député Saleh Makki

Il faut signaler que juste avant ces accusations, une rencontre entre Idriss Deby et la CPDC, principale coalition de l’opposition interne, pour réactualiser les accords dits du 13 août 2007, a eu lieu. A la sortie de cette audience, le Secrétaire Général adjoint de la CPDC (pour rappel  le SG titulaire était Ibni Oumar, disparu depuis le 03 février 2008) n’a fait aucune déclaration et a préféré réserver la primauté aux militants. Mais selon certaines indiscrétions, aucun progrès, la situation est figée. Devant l’intransigeance de Deby, les partis n’ont pas pu trouver un terrain d’entente. De là à fomenter une conspiration contre la CPDC, il n’y a qu’un pas que Deby n’hésite pas à franchir.

 Le régime d'Idriss Deby montre ses faiblesses, tergiverse, signes prémonitoires de fin de règne?

La Rédaction de la Gazette de N’djamena.

 

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