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  • L'annonce de l'acquisition des parts Chevron dans l'exploitation du gisement Doba, dans le sud tchadien, avec le concours du conglomérat helvéto-britannique Glencore et ceci à hauteur de 1,3 milliards de dollars, a fait réagir les ONG helvétiques qui dénoncent l'opacité qui entoure cette opération.

    L'enchevêtrement inextricable des relations Tchad-Glencore

    Selon l'ONG helvétique Swissaid, Glencore avait déjà pris en 2012 une participation de 25% dans deux champs pétroliers de la société canadienne Griffiths – qui s'appelle désormais Caracal - dans le sud du Tchad, pour un montant de quelque 300 millions de dollars. Le géant des matières premières Glencore avait acquis le pétro-gazier Caracal Energy Inc, très actif au Tchad, au terme d'un accord définitif pour une considération de 5,5 £ (livres suisses) par action suivant un plan d'arrangement qui s'achèvera au second trimestre 2014, a annoncé le 14 avril la compagnie canadienne. La société helvèto-britannique via son entité Glencore Energy UK vend aussi, grâce à un accord signé en septembre 2012, une partie significative de la part de l'Etat tchadien sur les permis de Doba (opérés par Exxon-Petronas-Chevron).
    La Société des hydrocarbures du Tchad (SHT), qui est normalement en charge de la commercialisation, a donné un mandat à Glencore pour effectuer cette tâche. Cette commercialisation directe de la part de l'Etat sur Doba a été rendue possible suite à des négociations en 2012 avec le consortium dirigé par Exxon. Les conclusions de l'accord prévoient que la SHT commercialise directement 12,5% du débit total des champs. Auparavant, Exxon se chargeait de vendre 100% du débit (sources : Africa Intelligence).
    Les ONG qui traquent les comportements voyous de ces multinationales occidentales, critiquent le géant anglo-suisse de négoce Glencore et lui reprochent, en série, des pratiques peu orthodoxes dans le secteur des matières premières surtout en Afrique. Selon le site de l'ONG Swissaid, les organisations humanitaires «alertent le public et les parlementaires helvétiques pour une régulation des activités de Glencore qui, outre le négoce, détient, entre autres, 69% de participations indirectes dans la compagnie Mutanda Mining Sarl de production de cuivre et de cobalt à haute teneur en RD Congo». Selon le journal suisse le Temps, un rapport de l'ONG Pain pour le prochain /Action de Carême va se pencher, le 17 juin, sur des problèmes de pollutions au cuivre et au cobalt, des brutalités et ses pratiques de fiscalité liées aux activités de Glencore.
    C'est dans ces conditions que le régime autocratique d'Idriss Deby du Tchad a annoncé le rachat des parts de Chevron au profit de l'Etat tchadien avec un prêt contracté auprès de Glencore pour 4 ans.

    De Glencore à ... Glencore !

    Les appétits de Glencore pour le brut tchadien ne datent pas de 2012 mais plutôt 2004. C'est à cette date qu'un membre influent du clan au pouvoir à N'djamena rencontre un certain James T., représentant de Glencore dans un pays d'Europe du sud. C'est ce James T. qui introduira plus tard un autre businessman israélien, David K. (commandant en second d'une célèbre opération de libération d'otages dans les années 70), qui livrera beaucoup d'équipements militaires à Idriss Deby.
    Un accord a été conclu entre ce proche du pouvoir et James T. aux termes duquel le proche du clan doit convaincre Idriss Deby pour céder la vente du pétrole brut tchadien à Glencore. Au même moment, l'affaire dite de bonus pétrolier éclata. Au printemps 2000, un bonus de 25 millions de dollars US (environ 15 Milliards de F CFA) a été versé au Tchad lors de la reconstitution du consortium pétrolier chargé d'exploiter le gisement de Doba (sud du pays), avait déclaré le gouvernement tchadien. Ce bonus a été détourné ce qui a créé une sérieuse brouille au sein du clan au pouvoir aboutissant au fameux coup manqué de mai 2004 (in Yorongar: Tchad, le procès d'Idriss Déby: témoignage à charge).

    Pourquoi la société Chevron est partie?

    Le départ de Chevron n'a pas surpris les observateurs les plus avertis de la situation économique, politique et sociale du Tchad. A en croire le site de l'information Journal du Tchad, le Tchad souhaiterait acquérir 5% du consortium qui exploite les champs, composé d'Exxon, Chevron et Petronas. Problème, Déby Itno veut que ces 5% soient cédés sans contrepartie financière. Exxon, qui cherche à partir du pays depuis plusieurs mois, tente de gagner du temps afin de laisser le futur opérateur gérer cette négociation. Selon certaines sources, le départ précipité de Chevron est dû aussi à la décroissance de la production du gisement exploité par ce consortium. Ainsi la production est passée d'une estimation de 225 000 barils/jour, à une production réelle de 110 000 barils/jour, pour retomber aujourd'hui à 86 000 barils/jour. Ces deux raisons auraient poussé Chevron à devancer Exxon.

    Pétrole tchadien et déculottée de la Banque Mondiale

    Au début du projet, la Banque Mondiale, et certains analystes économiques voire même politiques (voir à ce sujet la sortie de l'ancien 1er ministre français Michel Rocard), vantaient les retombées de cette collaboration avec le régime tchadien. En effet dans l'histoire d'exploitation pétrolière, une pareille collaboration était inédite. Ainsi, un investissement global de 3,7 milliards de dollars a reçu la caution morale de la Banque mondiale, dont le représentant se satisfaisait prématurément du respect du cahier des charges par tous les intervenants. Nils O. Tcheyan, le chef de la délégation de la Banque mondiale à la cérémonie de Komé a néanmoins tenu à rappeler qu'une «utilisation efficace et transparente des premiers revenus pétroliers par les autorités tchadiennes sera décisive pour renforcer la confiance du peuple tchadien et des instances internationales». Fidèle à lui, Idriss Deby avait accepté toutes les conditions avant de les dénoncer une fois le pétrole jailli. Ainsi les fonds dits de générations futures ont été débloqués et consommés.

      

    La gestion du pétrole tchadien à l'instar des autres secteurs de l'économie tchadienne est d'une opacité étonnante et incomparable. En réalité, dans les hautes sphères du pouvoir tchadien, personne ne peut débattre les décisions d'Idriss Deby. A ceux qui ont osé lui suggérer qu'ils sont ses collaborateurs et que à ce titre ils réfléchissent pour l'aider dans ses prises de décisions, la réponse de Deby était claire nette et sans ambages : «Vous êtes ici pour exécuter mes ordres et pas pour réfléchir». Selon une source proche du palais rose: «Tout le monde fait semblant. Personne ne fait quelque chose. Personne ne parle. Pas un mot. Rien. C'est tout». Une autre source renchérit «La collaboration se mesure à l'humeur du jour, un regard de travers et on doit décamper, c'est pire que Kadhafi». Ainsi va le Tchad.


    Pour La Gazette et depuis N'djamena,

    Ahmat Youssouf

  • La guerre en Centrafrique a mis en évidence le rôle important et ambigu du Tchad : jadis considéré comme l'un des « Etats malades » de l'Afrique, tristement célèbre pour ses dictateurs, François Tombalbaye, Hissene Habré et aujourd'hui Idriss Deby, le Tchad, doté d'une rente pétrolière et d'un régime fort, est en passe devenir une puissance régionale. Exerçant la présidence tournante de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, le Tchad est aussi candidat à un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité.
    Voici dix ans, alors qu'Idriss Deby, qui avait lui-même chassé Hissène Habré par la force, était menacé par des groupes rebelles descendus de Libye, il ne dut son salut qu'à l'intervention de l'armée française, présente sur le territoire tchadien depuis 1986 dans le cadre de l'opération Epervier.
    Depuis lors, Deby, avec l'assentiment tacite de Paris, a cessé de financer un « fonds pour les générations futures », mis sur pied avec l'aide de la Banque Mondiale alors que commençait l'exploitation pétrolière. Se sentant menacé, il préférait utiliser les recettes de l'or noir pour répondre à des besoins immédiats : se doter d'une armée performante, capable de faire barrage à des groupes armés encouragés par la Libye de Kaddfhafi ou libérés après la liquidation de ce dernier, assurer la sécurité de ses frontières et se rendre indispensable dans la stabilisation des pays voisins.
    C'est ainsi que le Tchad a offert un soutien capital à l'opération française Serval, déployée au Mali et, au début de cette année, les troupes tchadiennes placées en première ligne face aux milices islamistes ont subi de lourdes pertes. En outre, c'est depuis le territoire tchadien qu'opèrent les Mirage français survolant la sous région. Du point de vue de N'Djamena, ces éminents services ont été mal récompensés, puisque, lorsqu'il s'est agi de nommer le chef militaire de la mission onusienne de stabilisation du Mali (Minusma), c'est un officier rwandais, le général Kazura, qui l'a emporté sur son rival tchadien.
    Ayant efficacement soutenu la France au Mali, le Tchad s'est montré plus ambigu en Centrafrique, un pays qui relève de sa zone d'influence et dont les dirigeants ont toujours été tiraillés entre deux pôles de solidarité, la Libye du colonel Kaddhafi et la France.
    C'est ainsi qu'en 2003, le Premier ministre centrafricain Ange Félix Patassé, proche de Tripoli et soutenu à l'époque par le Congolais Jean-Pierre Bemba, (qui s'est retrouvé à la Cour pénale internationale à la suite des viols commis par ses soldats lors de leur intervention à Bangui) avait été chassé du pouvoir par le général François Bozizé, un ami du président congolais Joseph Kabila. A l'époque, les troupes de François Bozize, parties du Nord du pays, ne l'avaient emporté que grâce au soutien de l'armée tchadienne.
    Dix ans plus tard, ses alliés initiaux ont constaté que Bozize les avait déçus : pas plus que ses prédécesseurs, il n'avait réussi à endiguer la corruption, mais surtout, il s'était rapproché de la Chine, où il avait voyagé en 2009, autorisant ensuite la société chinoise CNPC à entamer des prospections pétrolières à Boromata, dans le Nord-est du pays, au grand déplaisir des Français et des Américains.
    Il n'en fallait pas plus pour que le Tchad, voici un an, appuie la Seleka, « coalition » en sango, une nébuleuse de mouvements d'opposition bientôt rejoints par des « combattants sans frontières » venus du Soudan ou recrutés dans le vivier libyen.
    Dans un premier temps, la France, absorbée par son intervention au Mali et décidée à lâcher Bozize au profit de Michel Djotodia, un ancien fonctionnaire, détourna les yeux, laissant se déployer à Bangui une force africaine, la Fomac, dont le principal contingent, -650 hommes- était... fourni par le Tchad !
    Ces soldats tchadiens, reflets de la politique de leur pays, ont joué un rôle ambigu, refusant parfois de désarmer la Seleka, fournissant des brassards à ses soldats afin qu'ils puissent continuer à circuler. Cette attitude équivoque a poussé la population de Bangui à prendre à partie des commerçants d'origine tchadienne, très nombreux dans la capitale. Plus largement, des ressortissants centrafricains originaires des provinces du Nord et de confession musulmane ont été assimilés à des Tchadiens et massacrés par les milices « anti balaka » qui se sont créées pour défendre les chrétiens face à la Seleka.
    Alors que les troupes françaises, engagés à Bangui autant pour enrayer les massacres que pour réaffirmer le rôle de la France , sont accusées de partialité par les musulmans, leur allié tchadien redoute de voir ses 15.000 ressortissants vivant en Centrafrique être obligés de fuir pour cause de représailles.

     

    Sources:Le carnet de Colette Braeckman

    19 juin 2014

  • Comme promis dans nos précédents écrits, nous essayerons de parler de l'armée Tchadienne, pardon de ce qui y tient lieu. Créée en 1961 soit une année après l'indépendance du Tchad, l'Armée Nationale Tchadienne, importante institution de l'Etat a vécu le temps d'un régime. Les généraux Doumro puis Félix Malloum qui l'avaient successivement dirigée, avaient déjà eu maille à partir avec le président de la république de l'époque Ngarta Tombalbaye.
    Le mimétisme de la structure militaire sur la France a tenu pendant deux décennies avec toutes les injustices et abus que l'on connait avant de s'effondrer à l'arrivée des groupes du frolinat aux affaires avec toute leur pagaille. Dans les années 82-84, le régime de l'ancien Président Habré avait essayé de corriger les inégalités ethniques et régionales avec le système des officiers et sous-officiers assimilés, mais ce fut un échec dont l'explication se trouve en grande partie dans les méthodes de son chef d'état major des armées de l'époque Idriss Deby.
    L'avènement du MPS au pouvoir a sonné le glas de l'armée Tchadienne. Pourtant depuis 1990, se trouve à la tête de l'Etat Idriss Deby, militaire formé, même si sa formation est douteuse, vu l'état désastreux de cette armée. Sorti de l'école d'officier inter-armée de Ndjamena avec comme camarades de promotion les colonels Abbas Koty et Becher Moussa qui ont toujours mis en doute ses compétences et n'ont pas hésité à le dire haut et fort pour le bien de notre pays. Cette vérité, hélas n'était pas bonne à dire, ils ont tous les deux payé de leur vie. Cet officier (Deby) qualifié tambour battant de « renard du désert » par certains fayots et certaines officines généralement intéressés n'est en réalité rien d'autre qu'un général d'opérette, prêt à prendre sa jambe au cou à la moindre étincelle. Nous reviendrons dans un prochain article sur ses faits d'armes. Ce qui nous intéresse ici, c'est l'armée Tchadienne.
    Rappelons que le rôle d'une armée est d'assurer la sécurité du territoire national contre toute agression étrangère et d'observer une neutralité absolue sur le plan intérieur, afin d'être le garant de la sécurité et la cohésion nationales. Dans la réalité l'armée tchadienne est devenue un instrument d'équilibre politique utilisée par Deby pour intimider sinon opprimer les tchadiens pour ainsi dissimuler ses carences derrière la brutalité. Au regard des missions qu'elle a accompli et les terrains sur lesquels elle s'est distinguée, cette armée a toutes les caractéristiques d'une milice familiale en perpétuel mouvement. Si elle n'accompagne pas Deby dans ses escapades régionales, elle tourne d'une région à une autre comme pour dire attention à ceux qui veulent s'offrir un minimum de liberté de parole ou de dénonciation. Pire elle est engagée à l'extérieur du Tchad au mépris de tous les usages légaux, pour des raisons de mercantilisme propre à Deby, dans des guerres qui ne la concerne absolument pas : RDC, Congo Brazzaville, Mali, Soudan, Centrafrique etc.... à tel point que les ressortissants de ces pays considèrent les Tchadiens comme des parias.
    Sans revenir sur les états généraux des armées dont les résolutions pertinentes ont été simplement jetées à la poubelle, il faut dire que les effectifs de cette armée ont été gonflés à dessein pour que le chef suprême des armées (Deby) puisse par divers subterfuges puiser à volonté sur le budget de cette armée. En effet il n'est pas le seul à se servir du budget de l'armée, car chaque responsable militaire dispose d'une liste fictive de plusieurs dizaines voire centaines dont les soldes lui sont directement versés à la fin de chaque mois. Cette pratique permet à Deby de détourner le regard des officiers de son train de vie ostentatoire et de celui de sa famille, mais elle lui permet également de tenir les officiers dont la loyauté devient un impératif de chaque instant. Ainsi, officiellement, l'ANT est composée de 30.000 hommes repartis comme suit : 18.000 hommes dans l'armée de terre, 7.000 hommes dans la gendarmerie et 5000 hommes dans la garde nationale et nomade (GNNT).
    Dotée d'une quincaillerie vétuste acquise à coup de milliards de dollars notamment en Ukraine, composée de 2 hélicoptère MI-24, 3 avions SU 25, une centaine de chars et une cinquantaine de RAM, cette armée budgétivore n'est en réalité qu'un alibi arrangé par Deby pour dilapider l'argent public. En février 2014, plus d'un milliard de dollars ont été décaissés sur les revenus petroliers pour l'achat de 600 véhicules Toyota et une énorme quantité d'arme par l'intermédiaire de deux de ses fils. Avec le cynisme qui le caractérise et surtout pour humilier l'armée, Deby nomme souvent à la tête de l'armée un de ses fils ou neveux après l'avoir promu général, grade aujourd'hui à la mode au sein de son clan. Nous pouvons ainsi recenser une bonne vingtaine de généraux uniquement de sa famille ITNO, pendant que des communautés entières n'en comptent pas un seul général en activité. Pour camoufler son jeu, le chef d'état major général des armées est choisi parmi les officiers malléables et son adjoint, le véritable décideur reste toujours un membre de sa famille.
    Depuis 2006, des jeunes de l'ethnie de Deby sont discrètement recrutés par centaines chaque année et promus aux grades de capitaine et commandant pour les plus jeunes et colonel pour les plus âgés. Plus étonnant, est la promotion par «décret muet » aux grades supérieurs des vieilles femmes d'Amdjarass dont les fils sont morts aux combats pour leur permettre de bénéficier de salaires en plus des gratifications faites par le même Deby à l'occasion de chaque descente à Amdjaras. Ces jeunes qui n'ont reçu aucune formation, souvent drogués et armées jusqu'aux dents sont des véritables machines à tuer. Voilà ce que les esprits malins appellent armée Tchadienne. Pris par le découragement, les vrais militaires de formation ont eux-mêmes demandé leurs mis en disponibilité et pour d'autres la retraite anticipée. Il ne reste que ceux qui ne savent que voler, tuer et violer, d'où chez nous au Tchad le treillis fait peur pendant que partout ailleurs il rassure le citoyen. Thomas Sankara disait « un militaire sans formation est un criminel en puissance ». Il est clair que Idriss Deby Itno et les siens sont des criminels qui finiront un jour par payer tous les actes ignobles commis sur les paisibles citoyens Tchadiens mais aussi les ressortissants des pays ayant subis leur folie meurtrière.
    Cependant, le peuple en lutte ne doit pas baisser les bras face à l'arbitraire. Le ras-le-bol général qu'exprime le peuple tchadien partout dans nos villes et villages mérite le soutien de tous. Fidèle à ses idéaux de liberté, de justice, et de démocratie, jeunesse ARDACHI appelle à la convergence de toutes les forces vives pour donner un coup de grâce à ce régime déjà à bout de souffle.

     

    Fait à N'djamena le 20 juin 2014
    Jeunesse ARDACHI

  • L'affaire Hissène Habré (HH) se poursuit entre Dakar et Ndjamena, trainant derrière elle comme à l'accoutumée d'innombrables violations du Droit et des droits de l'ex Président Tchadien, exilé au Sénégal depuis bientôt un quart de siècle au nom de la fameuse TERANGA.

    Cela fait un an et cinq mois que les Chambres Africaines Extraordinaires d'instructions (CAE) carburent à plein régime, consommant sans compter l'impressionnant budget de 18 milliards de francs Cfa mis généreusement à leur guise par un homme perdu, Idriss Deby Itno qui, 23 ans après avoir conquis le pouvoir par les armes, règne fatalement sur la destinée du Tchad par le fait de la corruption, des fraudes électorales répétitives, des assassinats des élites intellectuelles, politiques et militaires tchadiennes, des interventions militaires à l'extérieur du territoire national (au coût invraisemblable !), le tout couvert par une certaine communauté internationale intéressée.

    Les CAE sont l'ultime étape d'un odieux deal politique conclu entre des groupes d'intérêts à obédience maçonnique pour mettre la main sur un homme et un seul, le Président HH. Illégal sur toute la ligne, ce Tribunal d'exception a été dénoncé par tous les Juristes Sénégalais et Africains indépendants. L'artifice juridique pensé par Reed Brody de Human Right Watch pour la création de ces CAE a été ainsi démonté pièce par pièce. Les accords de coopération judiciaire signés en renfort entre le Sénégal et l'Union Africaine d'une part et le Sénégal et le Tchad d'autre part, n'ont à l'évidence pas suffit pour donner aux CAE un semblant de légalité.

    Est-il encore nécessaire de rappeler ici toutes les péripéties de cette affaire, notamment les décisions de justices rendues jusque-là, à savoir celles de la Justice sénégalaise depuis 2000 et celles de la Cour de justice de la CEDEAO qui interdisaient au Sénégal d'organiser un tel procès ? Il faut seulement se rendre à l'évidence que nous sommes au Sénégal, un pays pivot de la Françafrique où l'argent est roi, c'est la seule chose qui compte véritablement, tout le reste est secondaire. 18 milliards de francs, ce n'est pas rien, surtout en ce temps de crise financière. Une mangeoire à laquelle s'invitent sans honte ni vergogne une kyrielle de Sénégalais de « bonne famille » parmi lesquels des politiciens, juristes, militaires, journalistes, hommes d'affaires, marabouts, etc. Ce ne serait pas exagérer de dire que l'arrestation du Président HH a ouvert les vannes des pétrodollars tchadiens pour ces individus. Le Président Macky Sall, son Premier ministre Aminata Touré (ex Ministre de la justice, chef d'orchestre de ces CAE), le Procureur général des CAE Mbacké Fall, les Juges d'instructions, les organisations de défense des droits de l'homme, Atepa Goudiaby, etc., se sont largement servis. Une cérémonie de remise d'oscars a été spécialement organisée à Dakar à l'honneur des FATIM valablement représentées par leurs chefs les ITNO.

    Le 30 juin prochain, HH bouclera un an d'emprisonnement arbitraire. Pourquoi ? Qu'est ce qui justifie cette incarcération ? Qu'est ce qui a changé depuis dans cette affaire ? Où en sommes-nous ? Et à quoi faut-il s'attendre maintenant ?

    La 1ère commission rogatoire a été annoncée tambour battant par la bande à Reed Brody (Jacquelines Moudeina, Delphine Djiraïbé, Alioune Tine, Assane Dioma Ndiaye, ...) qui ne pouvait cacher sa satisfaction. Enfin le bout du tunnel ! A Ndjaména, le Procureur des CAE Mbacké Fall et son équipe ont débarqué comme dans les séries policières « Les experts ». Croyant que tous les Tchadiens sont aussi Totos que leur Raïs Deby, Mbacké FALL n'hésitera pas à tenir des propos offensants et insultants comme : « L'enquête se fera uniquement à charge, contre Hissein Habré.». Mais c'est sans compter avec le Procureur de la République, le Magistrat Mahamat Saleh Younouss, qui a dignement recadré le Procureur-Tirailleur des CAE dans la manière qu'il entend conduire sa mission au Tchad. Cela lui a valu sanction car il a été immédiatement muté à Abéché.

    Quinze jours durant, les Juges d'instructions des CAE installés dans un commissariat de Ndjaména, sous haute surveillance de l'ANS, vont enregistrer des plaintes. N'importe qui pouvait venir relater n'importe quoi et repartir. Avec une particularité hilarante : tout le monde porte plainte contre Hissein Habré mais aucun ne reconnaît l'avoir vu ou rencontré un jour. Cette mise en scène est l'œuvre d'Alioune Tine de la RADDHO, le mercenaire droit de l'hommiste avait effectué plusieurs missions à Ndjaména pour former ces pseudos plaignants à faire des vrais-faux témoignages.

    La 2ème commission rogatoire, de même durée, s'inscrivit dans le même sillage que la première. Enregistrement de plaintes dont 90 % ne portent pas sur des cas de tortures, de crimes ou de disparitions mais plutôt sur des affaires liées à l'argent. C'est le cas de cet illustre inconnu qui réclame 100 millions de francs Cfa toujours au Président Habré. Il déclare avoir remis en 1986 un chèque en blanc à des émissaires venus de la Présidence de la République mais dont il ignore l'identité. Le bonhomme a eu la surprise de sa vie d'entendre le juge lui réclamer : le nom de sa banque, son numéro de compte et éventuellement le relevé bancaire ou la souche du chéquier.

    Vous comprenez pourquoi les Juges des CAE n'ont à ce jour mené aucune enquête pour s'assurer de la véracité des accusations (1.522 plaintes). Aussi, il ne serait pas déplacer de souligner que les pseudos plaignants sont essentiellement des Sudistes, des personnes âgées et très pauvres. L'argent a été à l'évidence le stimulant principal pour toutes ces personnes. Notons aussi que les 5 personnalités arrêtées un temps à savoir Saleh Younous, Mahamat Djibrine, Mahamat Wakaye, Touka Haliki et Oumar Souni ont rapidement recouvert la liberté à l'exception notoire des deux premières. Toutefois, les autorités tchadiennes ont opposé un refus ferme aux Juges des CAE qui ont souhaité rencontrer et interroger les deux détenus. Nous y reviendrons.

    A la 3ème commission rogatoire, les plaignants se font désirés. Le fan's club de Jacquelines Moudeine s'est épuisé. Pour combler le vide, les Juges des CAE se rabattent sur ce qu'on présente comme les archives de la DDS. Les archives de Bernard Padaré et Ahmat Bachir devrais-je dire ! Des documents qui, sous d'autres cieux, perdraient toute leur valeur juridique et iraient directement à la poubelle car ayant été pendant des années entre les mains de l'accusation. Reed Brody se promenait avec ces documents dans son sac, il exhibait à la presse des copies où on peut voir des tableaux faits sous Excel ! (Pour ceux qui ignorent, Excel a
    connu son expansion qu'avec Windows95).

    Puis vint le déplacement tant attendu au Sud du Tchad pour revisiter le fameux « septembre noir ». Le résultat est loin de l'effet escompté. On peut dire ça fait pschitt ! Dans la périphérie de Ndjaména, la fameuse plaine des morts a mystérieusement disparu sous les pieds du fossoyeur Clément Aboufouta, il n'a pu montrer aux Sénégalais un seul site où il affirmait enterrer 15 personnes quotidiennement pendant 4 années. A la place de charniers, on a ouvert des tombes construites d'innocentes personnes, certaines présentaient encore de linceul. Les ossements ont été emportés en Belgique par ces mercenaires recrutés par Reed Brody.

    Une 4ème commission rogatoire, non planifiée, a été effectuée pour une durée de 15 jours, du 23 mai au 7 juin 2014. Car chaque jour passé au Tchad, les fonctionnaires des CAE empochent 350.000 F. Faites le calcul. Cette dernière mission se justifie uniquement par la pression exercée sur les CAE par les droits de l'hommistes. L'objectif est d'obtenir vaille que vaille l'extradition sur Dakar de Saleh Younouss, Mahamat Djibrine et Zakaria Berdey, indispensable aux de Reed Brody pour la tenue d'un simulacre de procès. Un bras de fer qui se déroulait à huis clos depuis plusieurs mois et qui a fini sur la place publique ces derniers jours. Le ministre de la justice du Tchad, Me Bechir Madet, vient d'effectuer une visite de 48 heures au Sénégal où il a remis au Premier ministre Aminata Touré, une lettre sur l'affaire Habré. Qui croit encore que c'est une affaire judiciaire ?

    Une mascarade honteuse qui passe au pays de Cheikh Ahmadou Bamba et d'Abdoul Aziz Sy Dabakh. Et que dire de ces convocations abusives du Président HH aux CAE où il passe des heures sans boire, sans manger ni prier. Alors que Mbacké Fall, Moustapha Ka et tous les autres Dioublangs qui peuplent les CAE se gavent comme des oies de plats commandés à des traiteurs et incroyablement surfacturés au prix d'un déjeuner présidentiel. Ce jeudi 19 juin encore, le Président Habré a été convqué aux CAE pour une lecture d'un rapport commandé par les CAE sur la guerre du Tchad, pondu par un Officier Rwandais vivant en Belgique. Autant dire que c'est un Hutu amnistié par les ONG, de même espèce que Bandoum Bandjim.

    Face à cette imposture unique dans l'histoire contemporaine, les Tchadiens doivent s'interroger sur la finalité d'un tel acharnement politique. Ceux qui doivent parler et qui se taisent aujourd'hui, regretteront demain leur silence complice, ils n'auront aucune excuse devant l'histoire. Car maintenant tout est clair et pour tout le monde, y compris pour cette petite catégorie aveuglée par la haine et la vengeance, qu'à travers cette affaire ce n'est la justice qui est recherchée mais des règlements de compte politique. Quant aux Sénégalais, tous ceux qui sont mouillés dans cette affaire, assumeront tôt ou tard toutes les conséquences de leurs actes. Que Dieu nous accorde une longue vie.

     

    Par Tahir Mahamat Toké
    tahirtoke@africamel.net

     

    Source: Tchadpages

     

     

  • Après les suspensions, intimidations et menaces proférées envers la population et aux autorités morales et traditionnelles de la région du BATHA . Le Gouverneur Nouky Adam Charrfadine, apparemment n'entend pas s'arrêter là, il a du mal à se conformer aux règles régissant les normes du bon fonctionnement d'un État de droit .

    En fait, on ne dira jamais assez , à l'image de ces désordres (bordel) administratifs,juridiques et sociaux instaurés par le régime MPS depuis 24 ans qu'il régnait en maître au Tchad . Et comme dans la jungle, la plupart des ces Gouverneurs généraux et analphabète décrété par le Raïs qui, ne respectent aucune hiérarchie ni règle de droit et ne gèrent leurs domaines que comme eux ils veulent l'entendre gérer . D'où notre gouverneur du BATHA Mr Nouky Charffadine ne déroge pas à la règle, il vienne de récidiver . Cette fois-ci non seulement , il suspens, intimide et/ou menace, mais non il désobéit carrément son hiérarchie de président Deby en abrogeant par simple message son décret.

    Cependant, personnellement j 'ai jamais cru un instant à une démocratie au Tchad mais bon enfin ce n'est pas notre sujet ici. Mais il faut le reconnaitre qu'il y'a parmi mes compatriotes Tchadiens, ceux qui croient , ils sont honnêtes et ils étudient et travaillent dur afin d'apporter leurs contributions au pays malgré . Mais non, visiblement le Gouverneur du batha ne les entend pas ainsi, il a d'autres critères inavouées...

    En effet,le gouverneur du BATHA aurait abrogé par simple message le décret nommant Mr Ali Amine Ibrahim Sous-préfet de N'Djamèna-Bilala et auraCoit ordonné le préfet d'installer un autre Mr de leurs choix, un ancien militaire déflaté et analphabète en lieu et place de Mr Ali Amine Ibrahim. Ainsi le pauvre Ali Amine a été empêché de prendre sa fonction. Ridiculisé chez lui, Laissé seul sur le carreau ,il ne sait plus à quel saint se vouer au pays des ITNO... Alors que tenez vous bien notre compatriote Mr Ali Amine Ibrahim est porteur d' un décret n° 263 du 21 Avril 2014 , d'un ordre de mission n°303 délivrée par le Directeur de l'intérieur, d'une carte professionnelle d'agent du ministère de l'intérieur n°246 . Donc, cherchons à comprendre cette jungle de bergerie des ITNO et ses valets des gouverneurs Généraux et analphabète.

    En fin,bien sûr que nous avons tenté de savoir un peu plus le pourquoi et le tort de ce fils du Batha .Et beh, nos diverses sources nous affirment que c'est si simplement que ça, c'est sa tête qui ne les plait (il est têtu), il n'est pas trop fan des "idéaux" du MPS dont il ne s'en cache pas et surtout son penchant envers la C.P.D.C, cette coordination des mouvements qui luttent de l'intérieur. Mais enfin revenons franchement si on peut se la permettre, cette dernière coordination, à mon avis elle donnaient plus de crédit à cette démocratie à la" Debyenne" aux yeux de l'opinion internationale que autres choses. Donc ,c'est pourquoi comme nous avons signalé la fois dernière la méthode Nord coréenne qui correspondait à celle pratiquée par notre gouverneur du Batha Nouky. Notre tout puissant gouverneur veut signifier aussi par là aux Tchadiens qu'ils n'ont pas droit de servir leur pays, seul pourront prétendre les griots du MPS et les parent des Deby ITNO.Et ainsi va Tchad sous le régime du M.P.S.

     

    Djibrine Abakar Khirachi.
    le changement arrive quand les citoyens se réveillent tôt...