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  • Permettez-moi de commencer par cette citation de Gustave Thibon qui dit : « Les nations ont besoin de héros et de saints comme la pâte a besoin de levain ».
    Excellence cela fait plus d'une vingtaine d'année que vous êtes parti laissant derrière vous, Votre Pays, votre Nation, votre patrie. Ce pays dont vous n'avez jamais cessé d'aimer, ce pays que vous avez tant chéri, et ce pays à qui vous avez tant donné : votre jeunesse, votre vie, vos rêves et passions.
    O Mon Dieu tant de vies brisées, tant d'espoirs anéantis !
    En quittant votre pays en cette année 1990, vous avez laissé derrière vous : Pères et Mères, Frères et Sœurs, ami(e)s et partisan(e)s ; mais l'Histoire retiendra que vous l'avez fait par amour pour votre pays, malgré la protestation et l'insistance des combattants de la révolution " FANT" (Force Armée Nationale Tchadienne) sûr de leur victoire sur le terrain (Ndjamena) mais Hélas vous avez préféré quitté la Capitale, ainsi Lui évitant une guerre civile sans merci dont les conséquences seront certainement lourdes, engendrant des pertes en vies humaines , matériels et financiers; Excellence 23 ans déjà que les tchadiens n'ont cessé d'être victimes d'humiliation, d'arrestation arbitraire, de kidnapping, d'actes de torture et d'assassinat, par un régime assoiffé de haine, de vengeance, un régime machiavélique, diabolique, sanguinaire, un régime sorti des ténèbres.
    Excellence je pleure votre absence, le Tchad, la Nation toute entière regrette votre départ.
    Excellence nous avions tous été surpris et choqués par l'arrestation ou plutôt par la séquestration dont vous faites l'objet dans ce pays qui vous a octroyé l'asile politique ; Rappelons que le Dimanche, 30 Juin 2013, vous avez été kidnappé dans votre maison par des individus ou dirais-je des mercenaires à la Solde d'un procureur corrompu et véreux juste pour assouvir le désir d'un dictateur paranoïaque dont le seul but est de nuire à votre image, mais également de vous voir disparaître. Excellence je souhaite vous exprimer toute mon émotion et ma consternation devant cet acte ignoble au vu et au su du peuple Sénégalais.
    En ce mois Béni du ramadan, chaque jour que Dieu nous donne, nous prions pour que justice soit rendue car Nul ne peut échapper à la justice Divine et nous savons tous que dans cette histoire vous êtes la seule victime.
    Excellence, vous avez été un combattant digne respectueux et respecté, qui ne baisse jamais les bras devant un obstacle et nous ne doutons pas un seul instant que Vous Vous battrez jusqu'au bout, Incha'Allah. Vous y en sortiriez vainqueur et ce jour viendra où Hommes, Femmes et enfants sortirons dans les rues du pays du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest pour manifester leur joie et par la même occasion célébrer votre retour au bercail car tel est le souhait pour tout tchadien digne de ce nom.
    Excellence Pour nous les tchadiens, et pour bon nombre d'africains, vous êtes un Symbole de la résistance, et la lutte continue pour que la vérité éclate Incha'Allah et elle éclatera car un mensonge ne peut rester éternel ; Excellence, nous ne cesserions jamais d'y croire en votre innocence car, vivre sans espoir, c'est cessé de vivre ; et nous y croyons en vous.
    Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l'assurance de ma très haute considération.

     

    Guihini Dady Mahadjir Korei

  • Le Conseil africain et malgache pour l'enseignement supérieur (CAMES) vient d'élever Idriss Deby du Tchad à «la dignité de Grand-Croix de l'Ordre international des palmes académiques ». On en croit rêver. Au moment où l'éducation nationale est secouée par une crise sans précédent due essentiellement à l'incompétence du régime et à sa politique consistant à promouvoir les médiocres et autres étriqués sur des bases purement tribales et népotiques, nos amis du CAMES décernent un prix au potentat tchadien. Sur quels critères s'est basé le CAMES pour distingué Idriss Deby ?
    Rappelez vous, il y a quelques semaines, un journal sénégalais, l'hebdomadaire « Nouvel Horizon », avait décerné à Idriss Deby un prix (Sédar spécial) qui d'habitudes est attribué à des personnes ayant rendu service à la culture en générale (voir à ce sujet l'excellent édito de Karfa S. Diallo). Même si ce prix sénégalais pourrait s'expliquer par la nouvelle proximité « sénégalo-debyenne » sur fonds d'affaires Habré, la forfaiture du CAMES n'a aucune explication ni scientifique, moins encore morale. Concours de circonstances, il y a deux semaines les résultats du baccalauréat a été annoncé. Même pas 10% de réussites. Rien que cela aurait pu persuader le CAMES à surseoir à sa démarche honteuse. Nous titrons « ordre académique ou loge maçonnique » car même dans les loges où les entraides entre frères sont légions, un tel bilan aurait marqué des hésitations voire déclenché des réserves.
    Le Tchad est aujourd'hui telle une proie, un trophée sous la domination d'un tyran sanguinaire et incompétent; tyran choyé, courtisé et encensé par des roublards malicieux qui n'ont d'autres objectifs que de participer au festin clanique au moment où la majorité des tchadiens crient famine. Ces pratiques ont atteint leur paroxysme lorsque le despote avait décidé d'attribuer un marché de plus de 400 milliards de nos francs à un entrepreneur sénégalais et ceci en violation totale du code du marché public tchadien. Contrat était non seulement les prémices de l'attribution du prix sénégalais mais aussi a sonné les glas de l'expulsion du bloggeur tchadien Makaila Nguebla du Sénégal et l'accélération de l'affaire Habré.
    Les problèmes structurels de l'éducation au Tchad se manifestent essentiellement par une baisse de niveau chronique, une incompétence notoire poussant les intéressés à emprunter des raccourcis tels la corruption, le désintérêt, voire le sabotage. Ceux qui ne maitrisent pas les dossiers qu'ils ont entre les mains sont tentés de les monnayer ou les bloquer, pénalisant ainsi l'Etat. La méritocratie aurait pu palier à ce problème car c'est la maitrise de son travail qui engendre la passion et la productivité des agents de la l'Etat. Tant que le népotisme est la règle, ne cherchez pas des boucs émissaires Monsieur Dadnadji, le problème c'est votre chef.

    Ahmat Abdelhakim

  • CONVENTION TCHADIENNE POUR LA DÉFENSE DES DROITS HUMAINS (C.T.D.D.H)
    B.P : 5839 N'djamena
    Email : ctddh.ongatchad.yahoo. fr Tel : 91 03 85 71
    COMMUNIQUE DE PRESSE N°32


    La Convention Tchadienne pour Défense des Droits Humains (CTDDH) se félicite de l'acte posé par le Gouvernement Français accordant l'asile au journaliste et blogueur tchadien, Makaila Nguebla.
    L'expulsion du territoire Sénégalais de cet activiste engagé vers la Guinée avait ôté toute crédibilité à une démocratie à laquelle toute l'Afrique croyait.
    Cet acte n'est que justice et démontre à ceux qui voguent à contre courant que la loi de l'arbitraire est en passe de disparaitre et que la vérité triomphera toujours.
    La Convention Tchadienne pour la Défense des Droits Humains (CTDDH) est solidaire de l'activiste Makaila et l'encourage dans sa lutte pour l'instauration des valeurs démocratiques et du respect des Droits humains non seulement au Tchad et en Afrique mais partout dans le monde.
    La C.T.D.D.H estime que les persécutions dont Makaila avait fait l'objet par les régimes politiques pseudo démocratiques démontrent à suffisance la justesse de son combat.


    Fait à N'djamena le 10 juillet
    Le Secrétaire Général
    Mahamat nour Ahmet Ibedou

  • Les relations entre la France et le Tchad, combien séculaires, sont mises à mal, du moins, de plus en plus dénoncées non seulement par les organisations des droit de l'homme et les sociétés civiles, mais aussi évoquées dans des affaires pendantes devant les juridictions françaises. Parler de relations franco-tchadiennes est un peu excessif, il faut plutôt aborder les relations d'un certain milieu occidental en général et français particulier, et le despote tchadien Idriss Deby. Deux affaires jugées actuellement par la justice française illustrent d'une manière significative la complexité de cette relation vicieuse. La 1ère est la disparition de l'opposant Ibni Oumar Mahamat saleh le 02 février 2008 et l'arrêt de la chambre d'appel permettant l'ouverture d'une enquête judiciaire en France. La seconde s'est déroulé au même moment mais concerne un marchand d'arme français allié d'Idriss Deby, affaire pour laquelle le parquet de Paris a requis une condamnation avec sursis et Plus de trois cents milles euro d'amendes.


    Quand l'affaire Ibni s'invite au défilé 14 juillet
    Suite à la disparition de l'opposant Ibni, sur pression internationale, une commission d'enquête a été créée et qui a conclu ses travaux par une mise en cause claire et nette de la garde prétorienne d'Idriss Deby. Tout le monde savait cette vérité mais hélas cela n'a pas empêché, le monde qui se dit démocratique et libre de s'allier à une milice clanique et tribale pour aller combattre AQMI et ses alliés au nord Mali. La négation des valeurs démocratiques, le bâillonnement de la presse, la répression brutale et implacable sur les opposants etc... nous permettent-ils de s'allier avec Deby? Malgré le cri d'alarme de l'opposition interne comme celle exilée, les milieux acquis à Idriss Deby ont fait la sourd oreille et ont ficelé le dossier et avançaient comme principal argument l'aguerrissement de la milice de Deby pour combattre les obscurantistes. S'il faut avancer le caractère guerrier de cette milice pour s'allier à elle en mettant à coté toute valeur républicaine, nous connaissons d'autres milices, plus aguerries que celle-ci, expertes en nettoyage en milieux désertiques, les fameux Janjawides soudanais. Devons nous faire appel à eux aussi? La réponse est incontestablement non, car lorsqu'on s'allie au diable, il se retournera contre nous et là, l'histoire nous a donné raison : deux mois après le Mali, Deby invente un putsch pour arrêter des députés sans qu'on lève leurs immunités. Comment il ne se permettrait pas cette petite transgression, lui le vainqueur des Ifogas, même si tout le monde sait qu'avec les moyens déployés par la France même l'armée malienne, fantoche soit-elle, aurait pu faire l'affaire. La suite logique de ces évènements est l'invitation de toutes les armées qui ont participé à la guerre aux défilés du 14 juillet. Les tchadiens qui ont payé le prix fort doivent être les premiers à être associés eu égard à la forfaiture des soldats de la sous région. Défiler aux champs n'est pas inédit car la garde nomade tchadienne a défilé avec ses habits blancs en 2010. Mais aujourd'hui il y a un hic. Ceux qui sont partis combattre au Mali sont ceux la même qui ont enlevé Ibni de chez lui (même unité). Est-ce qu'ils seront entendus comme témoins par l'enquête ouverte en France?


    Un marchand d'armes trop bavard

    Dans le ciel du Tchad, les avions de Griffon Aerospace (compagnie d'Habib Boukharouba) sont précédés par les Mirage de l'armée française. Au sol, ils sont alimentés par le service des essences de l'armée. En 2008, quand Habib Boukharouba quitte le pays, il a donc le sentiment du devoir accompli

    Dans cette affaire un ancien officier français converti dans les ventes des armes évoque sa proximité avec la force française au Tchad de 2005 à 2008. Habib Boukharouba, propriétaire d'une société Griffon Aerospace, a été introduit au palais rose de N'djamena par un certain Abakar Mannany, conseiller spécial de Deby à l'époque. L'ancien pilote des services spéciaux de l'armée de l'air française met à profit non seulement son carnet d'adresses pour acheter des avions et hélicoptères, ses connaissances techniques pour transformer des petits avions en bombardiers redoutables mais répare aussi les vieux joujoux dont dispose Deby pour combattre la rébellion. Son malheur commence lors de l'alternance au sein de la droite française avec l'arrivée au pouvoir de Sarkozy et le départ de Chirac. Très vite sa demande d'officialisation de sa société est rejeté ce qui entraine de facto l'illégalité de toutes les opérations effectuées au Tchad. Il se trouve aujourd'hui devant la justice. Il invoque la collaboration avec l'armée française au Tchad. « Dans le ciel du Tchad, les avions de Griffon Aerospace (compagnie d'Habib Boukharouba) sont précédés par les Mirage de l'armée française. Au sol, ils sont alimentés par le service des essences de l'armée. En 2008, quand Habib Boukharouba quitte le pays, il a donc le sentiment du devoir accompli », selon le nouvel observateur. Les juges parviendront-ils à faire la différence, ne serait-ce que pour les carburants offerts aux avions d'Habib Boukharouba qui, rappelons le, est gracieusement payé par Deby ?
    Tel est le résumé des relations franco-tchadiennes aujourd'hui. Elle est ramenée au niveau d'un individu : Idriss Deby. Animée par des lobbies fascinés uniquement par l'argent et le gain facile.

  • Symptôme révélateur d'un système éducatif en faillite ! Faut-il supprimer le BAC au Tchad ?

    Les résultats du Baccalauréat de l'enseignement du second degré (session de juin 2013) ont été proclamés officiellement ce mercredi 10 juillet 2013 par le président du jury. Sur un total de 70.711 candidats ayant composé cette année, 6.156 seulement ont été déclarés admis (soit un taux de réussite de 8,71%).

    Il vous souviendra qu'en 2011 et 2012, le faible taux de réussite au BAC a créé un profond malaise pour le gouvernement, les enseignants, les parents et les élèves, jusqu'au-delà des frontières nationales. Ainsi, ce résultat médiocre pour l'année 2013 appelle tout décideur politique de bon sens à chercher les causes profondes de cette faillite en partenariat avec tous les acteurs du système éducatif tchadien. C'est presque une part importante d'une génération qui se retrouve handicapée et dont l'avenir est remis en cause.

    Cela suscite un certain nombre de questions. Quelle est la part de responsabilité de la politique éducative, et donc de ceux qui l'initient, l'orientent et la mettent en œuvre ? Quelle est la responsabilité des enseignants et encadreurs, des parents ainsi que des élèves eux-mêmes ? Quelle est la part du contexte socio-économique, politique et culturel actuel du pays ?

    Ces résultats montrent avec une évidence déconcertante la profonde faillite du système éducatif tchadien. Nous sommes convaincu que l'une des causes est l'essoufflement de la politique éducative qui est largement fondée sur un héritage colonial dépassé face au contexte actuel, aux enjeux du moment et aux défis que doit relever le Tchad. Il est clairement temps que le Tchad réforme son système éducatif en tenant compte des facteurs socio-économiques, politiques et culturels du pays qui ont leur part de responsabilité dans cette situation.

    La vision réductrice et les politiques publiques de l'éducation nationale menées par le gouvernement tchadien ressemblent fort à des pratiques du secteur informel, des bricolages, qui agissent en périphérie plutôt que sur les causes profondes de l'inefficacité du système éducatif. Ces politiques sont davantage caractérisées par l'incohérence, l'inefficacité, l'inefficience et l'absence d'une vision globale et de long terme.

    Sans dédouaner les enseignants, les parents et les élèves, la responsabilité première de cette situation de perversion de l'éducation nationale incombe incontestablement à ceux qui gèrent le Tchad, en l'occurrence les décideurs politiques de ce pays. Avec un tel échec et face aux drames que vont vivre des milliers d'élèves tchadiens et leurs familles dans leur vie intime, sociale et psychologique, il nous paraît inconcevable que dans un pays qui se respecte, on n'ait pas déjà commencé à établir les responsabilités de chacun. Ce spectacle désolant n'honore pas le Tchad, ni son gouvernement, ni sa population. Où va ce pays ?

    Par ailleurs, il est nécessaire de repenser la politique de l'éducation nationale, en commençant par la base - y compris la petite enfance, en visant la qualité et en tenant compte des réalités démographiques et socio-économiques du Tchad, de ses besoins ainsi que de l'évolution du marché national de l'emploi et de l'évolution du contexte régional et international. Cela pourrait commencer par la mise en place d'une mission chargé d'étudier le système éducatif tchadien dans le but de proposer des recommandations en vue de son éventuelle réforme.

    Au-delà de la politique nationale de l'éducation, d'autres explications sont à rechercher dans les inégalités liées à la richesse, au genre, au lieu de résidence ... qui n'ont cessé de se creuser profondément entre les privilégiés et les autres depuis ces dernières décennies au Tchad. De ce point de vue, le défi majeur est donc de bâtir une société plus inclusive et plus juste.

    Si rien n'est fait, cette situation constituerait une bombe à retardement qui risque d'embraser le Tchad les jours, les mois et les années qui viennent. Le ras-le-bol des jeunes et le climat tendu entre eux et les autorités dans la capitale tchadienne au lendemain de la proclamation des résultats du BAC des années précédentes dénotent la gravité de cette situation. De quoi sont capables plus de 64.000 jeunes survoltés, animés par un sentiment d'injustice et sans perspective d'avenir ? A méditer.

    Ceux qui profitent injustement des richesses du Tchad pour garantir leur avenir et mettre à l'abri leurs enfants tout en leur permettant d'accéder à une meilleure éducation n'échapperont pas à l'explosion de cette bombe. Il incombe en premier lieu aux décideurs politiques du Tchad de se rendre compte de leur lourde responsabilité et se départir de la discrimination et de l'injustice pour offrir aux jeunes tchadiens la possibilité de construire leur avenir dans les meilleures conditions possibles avec les mêmes chances pour tous et par un accompagnement pédagogique, socio-économique, politique et culturel de qualité.

    Si cela n'est pas réalisé, une seule conclusion s'impose : cette faiblesse de réussite au bac relèverait d'une volonté des pouvoirs publics d'user de cet instrument de validation de diplôme à des fins qui méritent d'être élucidés. Il convient simplement de rappeler à nos jeunes que le BAC n'est pas une fin en soi. Même s'il est vrai que le BAC avait une forte valeur symbolique, manquer son BAC pour une raison ou une autre, n'empêche pas d'inventer et de bâtir son avenir en mettant à profit toutes les opportunités rencontrées et tous les autres mécanismes d'ascension sociale.

    N'oublions pas en outre qu'on peut refaire son BAC pour ceux qui y tiennent vraiment. Parmi ceux qui sont devenus « quelqu'un », nombreux sont ceux qui n'ont pas décroché leur BAC, ou au moins du premier coup. Surtout ne vous découragez pas, il y a plusieurs possibilités dans la vie de réussir brillamment. L'important est d'être en adéquation avec soi-même, dans la limite et le respect des normes et des valeurs collectives.

    Talha Mahamat Allim

  • La justice est une, indivisible, universelle, sans nationalité, sans continent, la même pour tous les hommes de la terre. Dès lors que l'Union Africaine l'a africanisée pour juger une personne, elle ne peut, ni ne doit s'appeler JUSTICE ; elle peut s'appeler n'importe quoi sauf JUSTICE.

    Que dira la Communauté Internationale si l'Union Européenne nous apprend qu'elle a créé sa cour de justice pour connaître les grandes affaires en dehors des juridictions internationales universellement reconnues ?

    Dans les traditions plusieurs fois séculaires de l'Occident ou de l'Orient les juridictions sont uniques et tous les hommes sont égaux devant elles. Et dans les nôtres non écrites mais aussi vieilles, nul ne peut demander une juridiction autre que celle existante quel que soit le cas sauf si le justiciable est d'une autre coutume. Dans le cas dit « Hissein Habré » toutes les règles, traditions judiciaires et coutumes ont été transgressées pour satisfaire certaines puissances et les puissants ennemis de l'ancien Président Tchadien .

    Quant à la justice, la vraie, elle a été faite par les tribunaux sénégalais et la Cours de justice de la CEDEAO.

    L'opinion internationale, les grandes démocraties occidentales doivent s'étonner, s'émouvoir de voir notre Organisation Panafricaine créer sa justice car créer un tribunal pour juger une personne est bien synonyme de n'importe quoi sauf la justice.

    Les précédentes tentatives d'enlèvements de Hissein Habré pour le remettre au Guide libyen Mouammar Kadhafi (son ennemi mortel) ou à Idriss Deby (qui l'a condamné à mort) et son enlèvement ce dimanche le 30 Juin 2 013 expliquent parfaitement ce déni de justice dont souffre
    toute notre humanité en ce début du troisième millénaire .

    Le Procureur de la Chambre Africaine au cours d'un point de presse a tenté de justifier ce dernier enlèvement par la découverte de l'existence d'une DDS sous le régime de Hissein Habré, découverte faite vingt et trois ans après la fin de ce régime, qualifiée « indices graves ».

    Que le ridicule ne tue pas dans cette Afrique du ROI des rois africains qui avait promis de son vivant de faire payer à Hissein Habré son entêtement à s'opposer à la révolution du livre vert et défier le Guide de la révolution,

    ROI des rois africains .

    A dire vrai, Hissein Habré paie le prix de son engagement pour la liberté, la dignité de l'homme tchadien et l'unité de la Nation Tchadienne. Il est un secret de polichinelle que les forces qui l'ont chassé du pouvoir le poursuivent encore.

    Nos ancêtres disent : « On ne peut pas enterrer la justice comme on ne peut pas enterrer l'ombre sans couper l'arbre » c'est-à-dire que la justice triomphera si la société humaine ne meurt pas toute entière.

    Le Peuple Tchadien ne mourra pas tout entier, la justice triomphera tôt ou tard et les milliers d'individus payés à coup de milliards de francs CFA par Idriss Deby pour faux témoignages dans cette affaire ne pourront pas protéger ce dernier du verdict pour les nombreux crimes contre l'humanité commis de ses propres mains depuis vingt et trois ans ou avant .

     

    Azongo Mahamat Hassaballah

  • "En début d'après midi, ce dimanche 30 juin un individu prétendant être membre du GIGN a demandé à être reçu par le Président Habré à son domicile ; dès que le Président est descendu pour le recevoir, une dizaine d'individus non identifiés ont fait intrusion dans sa maison et l'ont enlevé devant les membres de sa famille impuissants en présence d'une telle force ayant pénétré illégalement en violation du domicile du Président ; le Président Habré a été emmené de force hors de sa maison, alors même qu'aucune convocation, ou mandat de perquisition ou d'arrestation émanant d'une juge ne lui a jamais été notifié ; la défense du Président Habré dénonce de la façon la plus ferme cet enlèvement illégal qui constitue une violation des plus graves des droits du Président Habré et demande sa libération immédiate.

    A ce jour, aucune procédure n'a été initiée par les Chambres africaines, aucun juge n'a été désigné pour instruire l'affaire ; la presse a simplement relaté plusieurs voyages effectué par le Procureur Général des Chambres en Belgique et au Tchad, mais les magistrats sénégalais censés instruire l'affaire n'ont pas à ce jour initié leur enquête ; ils n'ont pas davantage été saisi ; autant dire que l'arrestation du Président est dénuée de toute base légale ; la défense du Président Habré n'a pas été davantage informée d'une quelconque convocation du Président en vue de son inculpation ; c'est donc en violation de toute les principes de droit que le Président Habré a été arrêté. Les autorités sénégalaises font une nouvelle fois la preuve de leur parfait mépris pour les principes de justice et le respect des droits de l'homme.

    L'opinion publique doit savoir que cette arrestation intervient alors même que les avocats du Président Habré avait saisi la Cour de la CEDEAO pour dénoncer les conditions de création des chambres africaines, leur organisation, leur composition et leurs règles de procédures, ces chambres étant constituées et fonctionnant en violation des principes établis pour les tribunaux internationaux ad hoc et la Constitution sénégalaise, et donc en violation des principes affirmés par la Cour de la CEDEAO dans son arrêt précédent de novembre 2010. Ils avaient aussi dénoncé diverses actions menées par le Procureur Général des Chambres, notamment au Tchad en violation de toutes les règles de procédure internationale reconnues, obtenant même le limogeage du Procureur Tchadien jugé trop conciliant. Les autorités sénégalaises avaient demandé un renvoi de cette procédure afin manifestement d'orchestrer cet enlèvement sans attendre la décision de la Cour. La Cour de la CEDEAO qui a examiné l'affaire et notamment la demande de suspension provisoire des entreprises du Sénégal devait statuer courant juillet. Force est de constater que les autorités sénégalaises, comme cela pouvait être craint, n'ont même pas respecté le délibéré de la Cour et affirment une fois de plus leur parfait mépris pour la juridiction communautaire.
    La défense du Président Habré demande en conséquence la libération immédiate du Président Habré, arrêté illégalement ; aujourd'hui, le pouvoir sénégalais vient de montrer son vrai visage et apporte la preuve par ses actions qu'aucune justice ne peut être rendue dans cette affaire ».

     

    Les Conseils de l'ex Président Habré: Me Ibrahima DIAWARA et Me François SERRES