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  • Dans un communiqué signé par son exécutif, l’Alliance Nationale pour le Changement et la Démocratie (ANCD) a démenti tout ralliement à une autre structure. «Ces machinations fallacieuses qui n’ont pour objectifs que de saper les efforts consentis par nos militants et combattants sur le terrain», indique le communiqué.

    L’Alliance réagit à un article laissant supposer un éventuel ralliement à « la cause de Timane Erdimi» (voir l’article d’Afrikarabia), chef d’une coalition à laquelle l’ANCD a fait partie. Depuis Qatar où il réside, le Président de l’UFR a laissé entendre qu’il reprendrait la lutte contre le régime de N’djamena. Interrogé par l’AFP, Mahamat Nouri avait confié que la « prise d’armes contre Deby est une bonne chose » mais n’a pas voulu s’exprimer davantage (voir article Afp)

    «Après le cuisant échec d’Am-dam, nous avons sollicité, dès le mois de juin 2009, une réunion pour faire l’inventaire de ce revers, malheureusement, les responsables de la coalition ont préféré entreprendre des manœuvres dilatoires, concourant ainsi à l’effritement de celle-ci, et partant, à l’anéantissement de tous les sacrifices consentis depuis des années» poursuit le communiqué.

    Joint par la Gazette, le président de l’ANCD, Mahamat Nouri, a précisé qu’ « n’a été rapproché par personne et que l’ANCD se consacre uniquement à combattre le régime de N’djamena, ce qui n’est pas le cas de certains qui, à la première tribune, lancent des invectives et des calomnies ».

    Voir le communiqué original.

  • Le rebelle tchadien Timan Erdimi a affirmé, depuis son exil de Doha, vouloir renverser le régime du président Idriss Déby. L'opposant souhaite rallier à sa cause l'ANCD de Mahamat Nouri, mais aussi les "déçus" de la Séléka centrafricaine, qui accusent leur mouvement d'être désormais "à la solde du Tchad".


    L'opposant tchadien Timan Erdimi refait parler de lui. Depuis son refuge de Doha, le chef rebelle de l'Union des forces de résistance (UFR) a déclaré vouloir reprendre les hostilités contre le président tchadien Idriss Déby. Timan Erdimi avait déposé les armes en 2009 à la suite d'un accord de paix, mais le contexte tchadien et surtout régional, avec la chute du voisin centrafricain Bozizé, a fait changer d'avis le leader de l'UFR.

    "Bête noire" 

    Selon Timan Erdimi, le dialogue national promis par Déby ne vient pas et "les Tchadiens ont perdu espoir". Faut-il prendre cette menace au sérieux ? Au regard du curriculum vitae du personnage, on peut au moins y apporter une attention toute particulière. Ce neveu d'Idriss Déby et longtemps proche du pouvoir est devenu la "bête noire" du président tchadien. Timan Erdimi a déjà failli renverser Déby en 2008. Aux portes du palais présidentiel de N'djamena, les rebelles ont été stoppés in extremis par l'armée français. En mai 2009, des accords de paix entre le Tchad et le Soudan ont alors forcé les rebelles d'Erdimi à déposer les armes.

    Cause commune avec la Séléka

    Depuis Doha, le chef rebelle s'organise. Il tend d'abord la main à son ancien allié, Mahamat Nouri, qui avait quitté l'UFR pour monter, en 2009, son propre  mouvement, l'Alliance nationale pour le changement et la démocratie (ANCD). Puis il se rapproche d'autres mouvements rebelles. D'après des informations recueillies par Afrikarabia, plusieurs contacts ont été établis entre Timan Erdimi et des membres de la rébellion Séléka centrafricaine. Voisine du Tchad, la Centrafrique a vu dernièrement son président, François Bozizé, débarqué par une coalition rebelle. Depuis le renversement de Bozizé et la prise du pouvoir par Michel Djotodia, le leader de la rébellion, la Séléka est plus divisée que jamais. Un front anti-Djotodia est rapidement apparu,  accusant le nouveau "président" auto-proclamé centrafricain, de n'être qu'une "marionnette" du Tchad et "sous influence" du président Déby.

    Le Soudan comme "rendez-vous"

    Ce courant des "mécontents" et des "déçus" de la Séléka, se serait rapproché de Timan Erdimi et de ses alliés soudanais. L'objectif est un coup de billard à deux bandes : renverser dans un premier temps Idriss Déby au Tchad, puis dans un deuxième temps son "vassal" centrafricain, Michel Djotodia. Le lieu de rendez-vous fixé par les  rebelles est le Soudan. La "déclaration de guerre" de Timan Erdimi à Idriss Déby tombe également dans un contexte international particulier. Le Tchad est en effet fortement engagé au Mali, où plus de 2.000 soldats tchadiens viennent prêter main-forte aux troupes françaises. Les meilleurs éléments des troupes tchadiennes se trouvent donc bien loin de leur base… une opportunité que pourrait saisir Timan Erdimi et ses alliés. Une seule inconnue dans cette équation complexe : le rôle de la France. En 2008, les troupes françaises étaient venues sauver le "soldat" Idriss Déby à N'Djamena… le feront elles en 2013 ?

    Christophe RIGAUD - Afrikarabia

  • L'Alliance pour le Changement et la Démocratie a, dans communiqué signé de son Secrétaire Général que la Gazette a eu une copie, adressé à "ses félicitations aux forces combattantes de la liberté centrafricaines et à travers elles au Peuple Centrafricain pour leur victoire éclatante sur les forces de la dictature obscurantiste et prédatrice de Bozizé, œuvre de Idriss Deby". 

    Pour l'ANCD "cette victoire est celle de tous les peuples africains en lutte pour la liberté, la justice, la démocratie, la paix et un avenir meilleur pour tous, une matière à réflexion pour toutes les dictatures africaines".

    L'ANCD est une coalition rebelle tchadienne dirigée par le Général Mahamat Nouri, accusée par Josué Binoua d'apporter concours à la SELEKA début janvier.

    "L’ANCD exhorte les frères centrafricains à récuser toute immixtion du despote Idriss Deby en RCA et, collaborer activement avec l’opposition démocratique pour édifier une vraie démocratie pluraliste en Centrafrique", poursuite le communiqué.

    Il faut rappeler que François Bozizé, amener au pouvoir par Idriss Deby contre les institutions démocratiques de la RCA, veut changer la Constitution ( Comme Deby l'a fait avant) pour se représenter indéfiniment aux élections présidentielle. Un scrutin contesté par l'opposition démocratique s'est déroulé en 2011 et où Bozizé et son parti ont raflé la mise grâce à un bourrage des urnes.

    "L’A N C D souhaite également que le Peuple frère centrafricain retrouve la paix définitive, la stabilité pour amorcer son développement dans la concorde nationale et contribuer aux efforts en vue d’une paix durable dans notre sous-région et toute l’Afrique", conclut le texte.

     

    Le communiqué en version PDF

  • Après Paris en février 2013 et Strasbourg en mars 2013 La représentation pour la France et l'Europe du Parti pour les libertés et le développement (PLD) du Tchad Commémore à Bordeaux le 12 avril 2013 La 5ème année de la disparition de son Secrétaire général, Ibni Oumar Mahamat Saleh Arrêté  le 3 février 2008 par des éléments des forces de défense et de sécurité tchadienne.

     

     Les faits 

    Du 28 janvier 2008 au 8 février 2008, le Tchad du Président Idriss Déby Itno connaît une tentative de renversement.

    Au cours de ces évènements, le 3 février 2008, « l'armée nationale tchadienne dans une action concertée et organisée, réalisée sur ordre de la hiérarchie militaire ou des instances supérieures de l'État tchadien » (Rapport de la Commission d'enquête du 05/08/2008) arrêtent des chefs de partis de l'opposition dont Ibni Oumar Mahamat Saleh.

    Courant février 2008, la communauté française et internationale des mathématiciens, ainsi que des élus nationaux français (Jean-Pierre Sueur et Gaëtan Gorce) interpellent les autorités françaises dont le Président Nicolas Sarkozy afin que lumière soit faite sur la disparition du Secrétaire général du PLD.

    Silent enim leges inter arma (quand la guerre prend la parole, la loi doit se taire)

    Le Tchad d'Idriss Déby Itno a intégré, à l'instar de Cicéron, que pour perpétuer son pouvoir, il fallait entretenir un climat de guerre, tant en interne qu'en externe, afin de ne pas avoir de compte à rendre sur les violations des Droits de l'Homme commises par son régime.

    Dès lors, si l’intervention tchadienne semble être nécessaire pour la réussite de l’ « Opération Serval » au Nord-Mali, elle s'inscrit surtout dans cette volonté constante de s'absoudre de ses responsabilités.

    Nous voulons connaître la vérité tout entière, et que justice soit faite

    La famille, le Parti pour les Libertés et le Développement ainsi que de nombreux amis de par le monde souhaitent connaître la vérité concernant le sort d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, mathématicien, ancien ministre, homme politique tchadien enlevé à son domicile et dont on est toujours sans nouvelles.

    A cet effet, une rencontre publique sera organisée vendredi 12 avril 2013 de 18h30 à 21h30, au cours de laquelle Guy Labertit évoquera son livre « Ibni : Une vie politique assassinée au Tchad », une discussion s'ensuivra avec la participation d'élus et de représentants de la société civile, elle se clôturera par un pot de l'amitié.

     

    Lieu de la rencontre :

    COS, Villa Pia, 52 rue des treuils – Bordeaux Saint Gènes

    Contact :

    Madame Khadidja Sahoulba

    Représentante du PLD pour la France et l'Europe

    (+33) 6 42 21 39 74

    contact@sahoulbakhadidja.com

  • Il faut que le hasard renverse la fourmi pour qu'elle découvre le ciel.

    Rappelons que le 10 janvier 2013 , après une offensive des combattants islamistes , oups les narcotrafiquants vers le nord Mali , avec capture de la ville Dekonna , le Mali appelle au secours la France. Le 11 janvier 2013 la France fait intervenir ses hélicoptères pour stopper l'avancée des djihadistes et c'est ainsi que l'opération Serval verra le jour . Dans la foulée le dictateur tchadien Idriss Deby propose son service comme il le disait "ne pas laisser la France seule face aux djihadistes" , ça nous rappelle l'autre dictateur Bozizé qui a fait appel à ses cousins français .

     

    Profitant de la situation et cherchant à se légitimer aux yeux de la gauche française, Deby envoi 2000 hommes pour d'abord ne pas laisser la France seule face aux djihadistes, combattre les islamistes et pacifier le Mali. Nous disons bien 2000 hommes , oui , n'oublions pas que notre Bob Denard a envoyé ses "guerriers" au Togo , aux deux Congo en Libye pour sauver le roi des rois africains et dernièrement en Centrafrique pour sauver le soldat Bozizé , justement Deby est habitué soit pour des raisons mercantiles ou solidaire avec un dictateur .

    Démunis, les tchadiens n'ont que leurs yeux pour pleurer , oui puisque l'opposition politique qui est sensée dénoncer , coopère avec le dictateur.  Ces leaders politiques de l'opposition intérieur pensent que Deby est un surhomme et il est au dessus des tchadiens. Nous pouvons dire que l'opposition politique a capitulé , cautionne et roule pour le dictateur Deby. Ces même  chefs de l'opposition politique cherchent à légitimer l'engagement opportuniste  de Deby , en allant sur place au Mali et demander aux maliens pourquoi ne se rendent-ils pas au nord ,faire la guerre et sauver leur pays? 

    Les tchadiens sont-ils malien plus que les maliens?

    Pourquoi cette arrogance  et d'ailleurs qui a demandé quelque choses aux tchadiens , par exemple aller faire la guerre.

     

    Le Tchad pays pauvre et très endetté (PPTE) avec un indice de développement humain le plus médiocre de la région. la corruption transversale  touche tous les secteurs et à tous les niveaux.  injustice sociale , le favoritisme , impunité , le mépris , une justice sélective ,le pays entier est privatisé au profit du clan de Deby. De la douane , à la cimenterie , de la société sucrière, aux entreprises de construction immobilière.  De l'import export , aux directions des banques, des instituts de formation, aux bourses des études . De vendeur de charbon de bois, au laboureur de champ , même pour le fond soi-disant de la jeunesse il faut toujours le confier à un membre du clan , pourquoi pas aussi à la police il faudra un membre de clan pour assainir et mettre de l'ordre.  Le comble du ridicule Deby et son clan créent le désordre partout jusqu'à l'appropriation des biens de l'Etat et des citoyens inoffensifs. N'a-t-il pas dit y'a quelques années "je vous ai protégé jusqu'aujourd'hui, c'est fini le kermesse du désordre est terminé" ?

    Deby nomme des cadres de l'administration au poste de responsabilité, comme contrôleur de police et revenir les désavouer , une manœuvre de les humilier et trouver de bouc-émissaire aux forfaitures causées par lui et son clan. Comme par hasard du Cobra au Conapol c'est toujours les membres du clan qui sont appelés à mettre de l'ordre à leur désordre.  Du lieutenant, aux généraux des 1ére , 2ém et 3ém force  sont des clans large et restreint de Deby , tout est verrouillé jusqu'au mode d'accession à la création d'entreprise . Quelques compatriotes pour investir doivent passer par les ailés du clan  qui dictent la conduite à suivre , soit qu'ils s'associent au projet , soit qu'ils imposent un pourcentage , ou tout simplement la demande est refusée .

    A l'allure où vont les choses Nous pouvons dire que la situation est grave au Tchad , car en ayant l'économie , les réseaux d'influences , le lobbying et les officiers supérieurs Deby et son clan ont tissé le toile d'araignée sur tout l'étendu du territoire . Et ce possible qu' en 2016  ils peuvent placer une marionnette à la présidence, et à eux le vrai pouvoir . ça ressemble déjà à des régimes existant en Afrique , un régime des généraux et des hommes d'influences.

    Nous devons réagir et vite car la situation est explosive et cela nécessite du courage et de la détermination , comment allons nous supporter le poids de la dette publique intergénérationnel et  pourquoi accepter les affres du système?

    Ne dit-on pas que les sociétés africaines sont respectueuses des élites traditionnelles, qui , bien souvent, captent à leur profit toute volonté de changement ou de remise en question des structures existantes , étouffent et bloquent  toute initiative tendant à faire bouger les lignes. N'est-il pas temps que cette génération consciente doit sortir de sentier battu et faire son propre chemin ?

    Pour commencer nous devrons d'abord sortir de ce multipartisme et de cette configuration des politico-militaires créent sur un socle ethnico-tribal  et créons une structure à visage national et rassembleur.

    Ceci nous amène à dire que la présence des terroristes en Afrique n'est pas un fait nouveau, déjà le MDJT du feu Togoimi a arrêté le responsable du GSPC Abdel razak elpara et ses fidèles , gardés un temps dans les grottes du Tibesti et livrés aux algériens pour être jugés. 

    Nous pensons que le Tchad a d'autre priorité , l'essor socio-économique , la bonne gouvernance, la non confiscation du pouvoir. Le reste c'est de la propagande du régime , certes l'engagement de Deby divise les tchadiens , mais qu'ils sachent que ce n'est pas la première fois  que les soldats tchadiens sont engagés dans des théâtres des opérations , sans tambour ni trompète, sans cercueil ni décoration à titre posthumes , pourquoi maintenant?

    Quelle valeur défendons-nous  en prenant comme trophée les cadavres humains ?

    En effet comme le poids de la dette ,la relève payera aussi le poids de la bêtise et de la médiocrité politique , déjà elle a commencé à payer .

    Y'a-t-il pas eu des tchadiens lynchés en Centrafrique?

    Des tchadiens arrêtés en février 2013 à Brazzaville,  cause coupeur de route?

    Au Nigeria leurs villages rasés , cause accusés d'être de Boko Haram?

    En Libye des milliers croupissent dans des prisons , cause pour mercenariat? etc.…

     

    Le but de l'engagement au Mali est justement de redonner blason au dictateur Deby, autrement  dit de pérenniser son pouvoir  clanique et oligarchique qui priment sur l'intérêt général.

     

     

    Nous apprécions l'intervention française au Mali  , elle a fait preuve d'une solidarité exemplaire , mais bien hypocrite , puisque la France reste froide et insensible devant la catastrophe beaucoup plus dévastatrice qui sévit au Tchad depuis presque 23 ans  .

    Si l'esprit de l'intervention française et manichéenne et s'il s'agit de défendre les droits humains fondamentaux , pourquoi ne pas combattre toutes les formes du terrorisme y compris le terrorisme d'Etat?

    Force et de constater que ce terrorisme existe bel et bien , terrorisme nationale d'Etat ou de gouvernement ou sous la forme de terrorisme international d'Etat . La finalité du terrorisme nationale est de paralyser de tuer , d'intimider , de violer , , des assassinats politiques comme le cas , de maitre Béhidi , Bichara Digui , Ibni Oumar Mahamat Saleh etc.…. assassinat des masses, exemple : de gninguelim ( Abéché), en 1998 déportation, assassinat et empoisonnement des puits dans le Tibesti, le 13 octobre 1991 persécution et assassinat des Hadjaray etc...Comme forme de terrorisme international  l'envoi de nos soldats en Libye pour aider le dictateur libyen à massacrer son peuple " maison par maison " avenue par avenue " ruelle par ruelle"

     

    Nous disons que Deby n'est pas la personne adaptée pour faire un travail de telle noblesse et telle hauteur, il traine des casseroles, quelle différence  y'a-t-il entre le djihadistes abou Houreira arrêté à Kidal ,lui qui coupe les mains de ses victimes et un dictateur qui coupe les têtes de ses adversaires?

     

    Cette alliance à "contre-nature" découle de la formule de deux poids deux mesures , on ne peut prétendre lutter pour des droits humains fondamentaux  et en même temps accepter de s'allier avec des régimes tyranniques qui dirigent leur pays par une main de fer ,  modifiant la constitution et en restant président  à vie . Le mépris , l'indignation , l'injustice sociale créent la frustration les révoltes et les victimes seront des proies faciles pour l'intégrisme religieux.

    Notre crainte  viendra après la guerre du Mali , requinqué le dictateur Deby pensera qu'il a réglé ses dus avec la France , donc il aura les mains libres , un chèque en blanc. La rhétorique "  Ceux qui ne collaborent pas avec nous sont du coté des terroristes" c'est de quoi nous avons peur car Deby et son clan profiteront de cette alliance avec la France a étouffer toute personne susceptible de contester leur  pouvoir à vie.

     Les effets collatéraux de cette guerre a commencé au Mali des innocents sans défense , arrêtés  , torturés et tués pas sur ce qu'ils ont fait , mais de ce qu'ils sont disait l'autre.

    Constant et fidèle à nos engagements la lutte continue , le peuple vaincra.

    " Ta liberté naitra de ton courage"

    " Lève les yeux l'avenir est à toi"

    Fait à Paris le 13 Mars 2013.

    Abakar Assileck Halata acteur politique.

  • Pendant que l’armée tchadienne donne la chasse aux Islamistes d’Ansardine et  d' Aqmi  dans les montagnes de l’Adrar des Ifoghas, aux confins du Niger et du Mali, au nom de la Liberté et de la Justice, le gouvernement qui envoie cette armée bafoue ces mêmes principes dans son propre pays. S’il faut soutenir le contingent tchadien dirigé par le Général MÉÏRI, unique force africaine non  membre de la  Mission  Internationale d’Aide au Mali ( MISMA ) déployée pour l’instant au Mali, son action ne saurait masquer au regard de la communauté internationale une autre, commise à l’intérieur du Tchad, qui dévoie les principes sus-évoqués. 

     

    Le gouvernement du Tchad a déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale, le  9 janvier 2013, un projet de révision constitutionnelle dont l’objet principal était la suppression du minimum de garantie requise à la crédibilité de tout système judiciaire moderne: l’inamovibilité, et l’indépendance des Juges du Siège. 

     

    Ceux-ci seront désormais nommés et placés sous la tutelle du ministre tchadien de la Justice,  l’Exécutif. De manière accessoire, la révision constitutionnelle porte sur les incompatibilités de la fonction de Chef de l’État. Après avoir organisé de manière constitutionnelle la perpétuité de la magistrature suprême en supprimant de la constitution la limitation des mandats présidentiels en 2004, un nouvel article de la Constitution tchadienne viendra parapher cet édifice qui institutionnalise la tyrannie en renvoyant de manière définitive les citoyens de ce pays au temps du parti unique : le président aura désormais la faculté de présider également le parti au pouvoir le « Mouvement Patriotique du Salut ».

     

    Le propos n’est pas de prétendre que la justice tchadienne était mieux administrée avant et que cette réforme constitutionnelle la dégraderait. Il est de montrer que nous avons affaire à un des plus iniques  systèmes judiciaires de la planète et que lorsque le glaive de la justice sera remis entièrement entre les mains de celui qui condamne et exécute, elle deviendra  plus tyrannique pour le citoyen tchadien.

    Cette Justice connaît et a à connaître de nombreux cas de prisonniers politiques. Le lugubre chapelet des arrestations  à caractère politique ou détentions dites de droit commun qui déguisent des motifs politiques, est long. Amnesty International dénonçait déjà l’efficacité de cet appareil sensé rendre la Justice, mais qui opprime. Dans son rapport de 2012 cette organisation non gouvernementale a condamné l’utilisation du système judiciaire pour le harcèlement des journalistes, des syndicalistes, des opposants politiques et autres membres de la société civile tchadienne. Les adversaires politiques du Président Déby Itno ne sont pas en reste. La tyrannie de la Justice tchadienne s’abat aussi sur ses alliés d’hier, tombés en disgrâce ou devenus gênants,  accusés de « détournement de fonds publics ».

    Le cas le plus saillant est celui de Mahamat Zen Bada ancien Maire de la capitale, Ndjamena, traîné sur les bancs de Justice sur une civière, à moitié mourant, ses bras piqués de perfusions intraveineuses. Son état de santé, ou l’impossibilité d’application d’une peine compte tenu de cette circonstance, n’ont pas particulièrement ému ses inquisiteurs, qui l’ont condamné à 5 années de travaux forcés il y a un mois. La mairie de Ndjamena apparaissait d’ailleurs sous le coup d’une malédiction, puisque son successeur Djimet Ibet a lui aussi arrêté en novembre 2012 pour « tentative de corruption ». La série noire s’arrêtera peut-être, puisque la sœur du Président a été promue par la suite première magistrate de la capitale par intérim, en remplacement des corrompus.

    Cette justice sensée protéger les plus faibles  est surtout encline à signer des permis de  piller ou de tuer aux  plus forts.  L’arrestation par des forces gouvernementales armées puis la disparition du principal porte parole de l’opposition démocratique et non armée tchadienne Ibni Oumar Mahamat Saleh, n’a été suivie d’aucune enquête sérieuse de cette Institution moribonde.

    La disparition et la probable mort de cet homme de paix,  par ailleurs universitaire reconnu par ses pairs, pour qui la société française de Mathématiques a d’ailleurs créé un prix,  resteront impunis ; parce qu’on ne peut feindre l’État de Droit, lorsque les fait parlent d’eux mêmes.

    Ainsi, la guerre menée au Mali au nom de la Liberté et la participation active du Tchad, principal allié militaire de la France, pourrait masquer au regard de la communauté internationale l’organisation d’un affligeant déni de Justice et de Liberté dans un pays de  plus de 10 millions d’habitants dont 7 millions ont moins de 25 ans.

    Comment expliquer à cette jeunesse que son armée mène une guerre au nom d’une Liberté qu’on lui refuse ? Comment demain chasser les démons moyenâgeux de l’islamisme qui prêchent à cette même jeunesse la haine des principes de droit modernes, de Justice, alors qu’on accepte peut être, sans le savoir d’aider au dévoiement de principes immuables ?

     

     

    ABDELKERIM YACOUB KOUNDOUGOUMI

    Activiste Politique Tchadien,

    membre de l' opposition tchadienne,

    Chargé de la diplomatie au Conseil National pour le Changement et la démocratie au Tchad ( CNCD ) www.cncd-tchad.com