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  • Le cas de Goukouni Guet est emblématique du fait qu'il a pour fils adoptif un certain Hassana Bakary, ministre de la propagande du régime

    Le rapport d'Amnesty International, dénoncé par le porte-voix du régime, avait omis tous les crimes perpétrés par Idriss Deby à son arrivée au pouvoir. Ainsi, les assassinats de Bisso Mamadou, Bichara Digui, Laoukei Bardé, Goukouni Guet et ses compagnons, bref, des milliers des tchadiens froidement abattus par Idriss Deby et ses acolytes.
    Le cas de Goukouni Guet est emblématique du fait qu'il a pour fils adoptif un certain Hassana Bakary, ministre de la propagande du régime. Dans un exercice d'auto-flagellation, Bakary tente de démentir ce rapport à minima (pour ne pas dire expéditif voire light) qui omet la majorité des crimes commis par Deby. Il faut rappeler que Goukouni Guet et ses compagnons ont été raflés du Nigeria en 1992, déportés vers le Tchad dans des pirogues via le lac Tchad, avant d'être suppliciés à mort par Deby en personne. Le rapport entre ce porte voix et Deby nous rappelle étrangement la fameuse interview du feu Sékou Touré indexant, en direct à la télévision, les membres de son cabinet dont les parents étaient (supposés) derrière le complot visant son régime. Les déclarations de Deby sur ses ministres lors de la fête de Tabaski démontrent à suffisance quels sont les rapports entre Deby et les cadres de ce pays (voir à ce sujet:Tchad/Idriss Deby: «Tous les ministres sont des voleurs»). Au nom du combat contre la corruption, on doit s'attaquer aux vrais voleurs : le clan au pouvoir.
    Au titre des crimes omis par Amnesty, il faut y ajouter le septembre noir, en 1983, au sud du pays. Il est connu de tout le monde, le rôle principal, joué par Deby lors des opérations dans cette partie du pays. Une répression cruelle s'y abattit et dont les principales victimes furent, majoritairement, des femmes, enfants et vieillards. Ce pan de l'histoire des massacres au Tchad est, curieusement, occulté par les juges sénégalais de l'affaire Habré aussi. D'autres massacres où Deby en personne fut doigté. Des prisonniers de guerre appartenant au GUNT de Goukouni Weddeye furent froidement abattus en 1983 entre Kalaite et Wadi Famah, suite à la mort de Hamit Deby. Lors d'une manifestation organisée à Kalaite par une association en l'honneur du potentat tchadien, Idriss Deby, ému, fait référence au sang qui a coulé à Kalaite et dont lui seul connait l'ampleur (voir vidéo ci-joint). « Kalaite ville martyr, Kalaite ville de sang, Kalaite ville de morts, j'en sais quelques choses » déclarait Deby lors de son intervention. Qu'est ce que Deby sait et qui commence à être si pesant juste après avoir échappé à un crash? Les témoins de ces atrocités sont vivants et, d'ailleurs, d'aucuns deviennent de plus en plus bavards.

     

    Ahmat Youssouf 

     

  • Des convois militaires en provenance de Bol, Moussoro et Chadjara convergent tous vers Mao. Hier, le ministron de la communication porte voix de son maitre a essayé de démentir les réalités de ces événements avant qu'il ne reçoit un cuisant démenti par les images de ces événements.
    A l'instar de ce qui se passe à Mao, le vent de révolte gagne les autres grandes villes du pays. N'djamena la capital est sous tension et dans l'attente du sommet sur la RCA. Ironie du sort, c'est le même Deby qui avait allumé le feu en Centrafrique.

  • L'accusation de vol portée par Deby contre ses ministres n'est pas fortuite. Y a-t-il quelqu'un travaillant avec Deby qui n'a pas volé? Ou qui n'a pas facilité le vol de Deby et sa famille?

    Il faut l'avoir entendu par ses propres oreilles pour le croire. Idriss Deby vient, lors des présentations des vœux du comité islamique du Tchad, de qualifier ses ministres de voleurs et que ceux-ci, tenez vous bien, détournent pas moins de 30% du budget de l'Etat. Dans quel pays vivons-nous? Comment est on arrivé jusqu'à ces diatribes dirigées contre ses propres ministres.


    L'anarchie érigée en mode de gestion.
    Depuis l'avènement de Deby au pouvoir il y a eu une volonté manifeste d'instaurer une anarchie à tous les niveaux de l'Administration provoquant dès lors le délitement de toutes les entités de commandement et de gestion de ce pays. Ainsi, au tant sous le régime précédent un Etat au sens du mot existait (quoi qu'on puisse lui reprocher), au tant un désordre, une confusion voire une désagrégation des structures étatiques furent planifiés et accomplis. Ainsi, on applique la logique qui consiste à dire que pour maquiller ses insuffisances, il faut s'entourer par plus incompétents que soi. Le caractère de nominations méritocratiques, en fonction non seulement de compétences et de promotion voire même de cooptation des cadres, a cédé sa place au népotisme, au favoritisme concourant ainsi à l'émergence d'une classe de dirigeants incultes, cupides et antipatriotiques. Pour faciliter le travail des hordes de pilleurs venus de l'étranger, la tactique était de saper tout esprit privilégiant l'intérêt national et promouvoir des incapables pour mieux dépecer le Tchad. Ainsi, tout un chacun, tapis dans l'ombre, sait que son tour viendra pour assouvir sa cupidité et devenir « quelqu'un », comme se dit dans les rues de N'djamena. Les quelques rares cadres qui ont refusé cet état de faits, se sont vus marginalisés, écartés et, parfois même, attenter à leurs vies. Certains, de bonne foi, ont cru naïvement, pouvoir faire évoluer les choses en collaborant avec le despote. Ils apprennent, à leur dépend, que l'idée qu'a le potentat de N'djamena du pouvoir et leur conception à eux sont diamétralement opposées. Pour le despote, ce pouvoir est conquis par la force, il n'a de compte à rendre à personne et on doit être avant tout à son service et pas à celle de la Nation. Les choses sont claires. L'Etat est privatisé, c'est une propriété de Deby et son clan. Cette réalité est attestée par la main mise sur l'armée, l'occupation des toutes les régies financières, l'appropriation du pétrole tchadien, bref le doute n'est pas permis.

     

    Une culture d'impunité généralisée
    Au Tchad voler les biens de l'Etat n'entraine aucune sanction à son auteur. Si ceux qui n'appartiennent pas à la famille peuvent faire l'objet d'enfermement pour quelques jours, les proches ne sont même pas inquiétés. Ce qui est encore plus grave, que cela soit au niveau des proches de Deby ou aux autres, les biens volés ne sont jamais restitués. Ainsi une culture de vol généralisé est instaurée et entretenue à tel enseigne que voler est la règle fondamentale dans les rouages de l'Etat tchadiens. L'accusation de vol portée par Deby contre ses ministres n'est pas fortuite. Y a-t-il quelqu'un travaillant avec Deby qui n'a pas volé? Ou qui n'a pas facilité le vol de Deby et sa famille? On est tombé très bas. Pour moins que cette accusation, ailleurs des ministres ont démissionné. Au Tchad, tels des damnés suspendus à une corde, les ministres courbent l'échine car Deby peut, à la moindre protestation, envoyer le contrôle d'Etat et vérifier leurs biens brique par brique. Et là, dans le système actuel, les propres ne sont pas nombreux.

     

    Humiliation insupportable
    Qui n'a pas reçu un coup de canne? Un jet de cendrier? (A tel point qu'il parait qu'on a changé les cendriers en métal par des cendriers en plastiques). A ces atteintes physiques, les agressions morales sont légions. Une image étonnante. Le premier ministre au visage renfrogné et acariâtre, chef du gouvernement, est placé au même rang que les conseiller lors de présentation des vœux du Tabaski. Ce 1er ministre est une calamité. D'aucuns avaient avancé ses tentations sécessionnistes, mais après études, Nadingar est meilleur que lui malgré ses insuffisances. Le rapport entre Joseph et Deby est tout sauf de collaboration entre un président et son 1er ministre. Jusqu'à quand Joseph et ses ministres endureront ces humiliations cruelles?

     

    Espoir de tout un Peuple
    Soulèvement à MaoLes événements récents de Mao suscitent l'espoir des tchadiens sur la possibilité de soulèvement de ce Peuple meurtri par plus de deux décennies de tyrannie. L'insurrection conduite par la population de Mao contre ce régime est un exemple à suivre dans toutes les villes du Tchad. Deby est seul, gouverne seul, même ses ministres l'ont compris et l'ont lâché même s'ils ne le disent pas officiellement. L'heure de mobilisation a sonné, le soulèvement est plus que certain.

     

     


    VIDEO LE DICTATEUR IDRISS DEBY PRESENTE SES VOEUX DE...

    Ahmat Hassan

  • La ville de Mao, dans l'ouest tchadien, vit dans un état quasi insurrectionnel et ceci malgré les démentis du porte parole du despote tchadien, Hassana Bakary.
    Tout est parti d'un problème d'adultère opposant un mari civil trompé à un militaire proche du clan. Ce dernier, se croyant tout puissant, aurait abattu le mari avant de se diriger vers la caserne principale de Mao. Ameutée et déchaînée, une foule compacte se dirige vers la caserne et y met le feu après la fuite des occupants. Ce n'est pas la première fois qu'un tel assassinat se produit dans la ville de Mao. Deux autres cas similaires se seraient produits provoqués toujours par des proches du régime.
    Il faut rappeler qu'en début de l'année, les proches du régime se sont permis d'aller extirper un présumé assassin d'un des leurs dans le commissariat où il s'est réfugié et ceci en présence des policiers avant de l'assassiner dans la cour.
    Idriss Deby et les siens font peser sur les tchadiens une chape de plomb. Ainsi, deux jours après avoir dénoncé les détournements et les concussions de ses ministres et autres cadres, Idriss Deby nomme son grand frère ministre. Ce même grand frère qui raclait tous les marchés de BTP, aux prix forts, mais livraient des ouvrages qui s'effritaient des leurs réceptions. L'exemple le plus emblématique est l'avenue dite « Taiwan ». Ce tronçon de N'djamena bitumée par la société du frère était la rusée des N'djaménois. Malgré cet état de faits, Deby le nomme ministre. Il faut se dire aussi que comme le ministère des postes est mieux loti en termes d'investissements, le placement de Daoussa ici n'est pas fortuit. Avant, Deby plaçait ses hommes de mains, mais n'a-t-on pas dit qu'on n'est mieux servi que par soi même?
    Depuis 23 ans, le Tchad, saigné à blanc, par une horde des pilleurs est à l'agonie. Ceux qui, de bonne foi ou par calculs, concourent aux détournements organisés par Deby et les siens, peuvent-ils invoquer la fidélité à l'Etat ?

  • A l'occasion de la fête d'Id-al Adha, Idriss Deby reconnaît publiquement une partie des crimes commis par son régime oligarchique, le pillage systématique des richesses nationales du Tchad. Il n'a fait qu'avouer ce qui est dénoncé et décrié depuis vingt et trois ans par l'opinion publique nationale et internationale, ce que tous les Tchadiens à l'exclusion des pilleurs, ne cessent de décrier dans toutes les rues, sous tous les arbres.
    Par cet aveu des crimes économiques depuis plus de deux décennies, Idriss Deby reconnaît l'absence de l'Etat au Tchad, le non-respect des règles les plus élémentaires de la gestion de la chose publique, ces règles qu'il avait écartées de son quotidien dès le 1er Décembre 1990, son avènement au pouvoir. Après toute honte bue, le sultan général président cherche-t-il à s'innocenter pour perpétuer le règne de son oligarchie prédatrice et sanguinaire ou démissionner?
    Le récent remaniement de son gouvernement montre bien tout le contraire de ce dont on pouvait attendre de lui après cet aveu public des crimes commis sous son autorité directe depuis plus de deux décennies. Une Tchadienne a su très bien dire, il y a quelques années: «Idriss Deby Itno est bien né avant la honte».


    Le 18 Octobre 2013.
    Mahamat Hassaballah
    Militant UFDD/ANCD.

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    L'ONU devrait débloquer dans les prochains jours les fonds destinés à rembourser les pays contributeurs de troupes pour la Minusma, la Mission de maintien de la paix de l'ONU au Mali. Il y a une quinzaine de jours une centaine de militaires tchadiens avaient quitté leur position de Tessalit pour rejoindre Gao en signe de protestation contre le non-paiement de primes liés à la participation à cette opération, mais aussi à l'absence de relèves. Depuis, ils sont rentrés chez eux. Le président tchadien Idriss Deby avait pointé du doigt la responsabilité de l'ONU dans cette affaire, appelant la Minusma à assumer ses responsabilités. Comment et par qui ces soldats doivent-ils être payés ? Eléments de réponse.

    Le département des Opérations de maintien de la paix de l'ONU est très clair. La Minusma n'est pas responsable du paiement des salaires ou des primes de ses casques bleus. Tous les trois mois, les Nations unies remboursent les Etats contributeurs de troupes selon un forfait de 1028 dollars par mois et par soldat déployé. Dans l'intervalle, il appartient donc aux Etats de veiller à ce que les casques bleus soient rémunérés chaque mois, même si techniquement cela semble compliqué lorsque les troupes sont stationnées en plein désert du Nord-Mali.

    Le Tchad, qui avait quelques 1200 soldats sur le terrain ces trois derniers mois, devrait toucher près de 4 millions de dollars en ce début du mois d'octobre. Mais, toujours selon l'ONU, il revient à N'Djamena de déterminer quelle somme sera allouée à chaque soldat. Il n'y a pas de salaire minimum quand on est casque bleu, ni de prime obligatoire.

    La Minusma - elle - se contente de verser un per diem, une indemnité forfaitaire, à ses soldats, une petite somme mensuelle dont la mission de l'ONU refuse de donner le montant. Dans le cas des troupes tchadiennes, l'enveloppe pour ce per diem vient à peine d'être versée tout simplement parce que le Tchad n'a rempli les papiers que le 23 septembre... soit quatre jours après les déclarations du président Idriss Deby.

     

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    Sources: RFI