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  • L'État tchadien a été débouté, ce jeudi, de sa demande de dommages et intérêts auprès de Philippe van Winkelberg, le médecin de l'Arche de Zoé, devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence.

    La cour d'appel d'Aix-en-Provence a débouté jeudi l'Etat tchadien de sa demande de dommages et intérêts auprès de Philippe van Winkelberg, le médecin de l'Arche de Zoé, a-t-on appris auprès de l'avocate du praticien.

    "Mon client ne paiera rien", a annoncé à l'AFP Me Françoise Davideau.

    Lors de l'audience, le 18 décembre, le Tchad, représenté par l'"Association tchadienne pour le bien-être des enfants", avait réclamé la mise à exécution de la décision au civil de la cour criminelle de N'Djamena, rendue le 12 décembre 2007.

    Les six membres de l'Arche de Zoé, association qui avait tenté en 2007 d'exfiltrer du Tchad 103 enfants présentés comme des orphelins du Darfour, avaient alors été condamnés à verser aux familles 6,3 millions d'euros de dommages et intérêts.

    Selon l'arrêt de la cour, dont l'AFP a obtenu copie, "il résulte de la lecture de ladite décision (de la cour tchadienne, ndlr) que celle-ci ne comporte pas mention formelle de la constitution de parties civiles".

    Donc, si aucune partie civile n'est mentionnée, pas même le nom des enfants victimes, aucune ne peut être bénéficiaire de la décision prise, "empêchant ainsi toute exécution".

    "Ce qu'on a toujours soulevé, à savoir que les formes légales n'ont pas été respectées dans le procès à N'Djamena, a été confirmé par la cour d'appel", s'est réjoui jeudi Me Davideau, se félicitant que les juges aixois aient confirmé "en la motivant de façon plus serrée" l'ordonnance de référé rendue en première instance et datant d'octobre 2011.

    L'Etat tchadien avait à l'époque été débouté par le TGI de Digne-les-Bains de sa demande de 6,3 millions d'euros au médecin, le "seul qui leur (paraissait) solvable" et le seul poursuivi, selon les mots de Me Davideau à l'audience.

    Début décembre 2012, le président tchadien Idriss Deby avait de nouveau réclamé ces indemnités. En mars 2008, le régime avait gracié les membres de l'Arche de Zoé de leur condamnation à huit ans de travaux forcés, mais la question des dommages et intérêts restait entière.

    Les membres de l'association ont comparu mi-décembre 2012 devant le tribunal correctionnel de Paris pour leur équipée qui avait suscité un tollé parmi les organisations humanitaires internationales.

    Une peine de deux ans de prison ferme assortie d'un mandat d'arrêt a été requise contre le président Eric Breteau et sa compagne Emilie Lelouch, qui se trouvent en Afrique du Sud et ont refusé de venir au procès où ils n'étaient pas représentés. Contre Philippe Van Winkelberg, un an de prison avec sursis a été requis. Le jugement sera rendu le 12 février.

    Lire la suite sur le site de France24

     

    *Le Titre est de nous.

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    Certes, il ne sert  à rien de faire l’inventaire des bilans de ce régime, au pouvoir depuis vingt deux ans. Le monde entier sait ce qui se passe dans ce pays. Une « oligarchie militaro-ethnique » dirigée par le despote Deby, une misère morale et intellectuelle. Ces qualités morales et ses besognes politiques, font la honte de la nation tchadienne.

    Le dictateur tchadien, est isolé des autres chefs d’Etats respectés, cherche par amateurisme à redorer son image. Le chef de bande immoral, prend comme cheval de course la guerre. En se croyant guerrier, le dictateur se ridiculise. Le peuple du Tchad n’a pas souhaité voir ses enfants mourir dans des conflits internes comme externes. Deby, le despote à la moralité douteuse, fait de ce phénomène, la guerre, un moyen d’expression politico-diplomatique. Ce nul, vraiment malheureux ! Les chefs d’Etat usent de leurs crédibilités politiques et sociales, de leurs bagages intellectuels, pour s’imposer au plan national et international.

    Deby a affirmé à travers les  médias internationaux, qu’il n’a pas reçu une demande officielle du Mali ou de la CEDEAO ; a-t-il reçu une demande officielle ? Il n’a jamais été sollicité, ni par le Mali, ni par la France, ni par la communauté internationale ! Malheureusement, il croyait  utiliser le conflit Malien,  pour soigner son image ; en vain, le despote apparaît davantage amateur et ridicule dans ses turpitudes politiques.

    Fatigué, malade, terrassé par l’alcool et l’insomnie, il s’enfonce, et son entourage enfonce le clou.  L’imposture politique qu’entretenait le despote, arrive à son comble. Nous avons tous compris, qu’il n’y a aucune vie démocratique au Tchad, il existe certes une caricature de la démocratie ; avec ses guignols, à savoir Lol Mahamat Choua, Saleh Kebzabo, Yorangar,  Kassiré, je ne peux citer que ceux-là. Ils n’ont aucuns reproches à faire à Idriss Deby, il s’éternise sur son fauteuil présidentiel et eux ; sur leurs misérables fauteuils de chef de parti.

    L’alternance démocratique n’est pas seulement nécessaire au niveau de l’Etat, même au sein du parti, s’il s’agit de bâtir un Etat démocratique. Ceci, nos ainés, les misères politiques, ignorent. Ces dinosaures politiques doivent se retirer, même leurs états moraux  et physiques ne leurs permettent pas! Leurs besognes apparaîtront au grand jour ; du moment où le régime Deby n’est pas éternel. Le poids des injustices qui pèse sur le peuple, n’est pas l’œuvre du misérable Idriss Deby Itno, ils y a des complices et en têtes les sarcophages politiques ci-dessus cités.

    La vérité est aujourd’hui considérée comme un mensonge, mais un jour elle triomphera !

    Les opinions, considérant l’armée tchadienne comme un cheval de fer du désert, n’est qu’un leurre. Cette armée qui a ébranlé les unités d’élites du Kadhafi n’est plus. Les membres, dans la plupart disparus, et les survivants sont dans la vie civile. Ces soldatesques dirigées par les fils du despote Deby ne peuvent jamais faire face à une force déterminée.

    C’est la vérité incontestable, la milice ethnique de Deby,  n’a même pas pu faire face aux rebelles, la preuve est qu’ils étaient arrivés, le 02 février 2008, jusqu’à N’djamena. Ce qui c’étaient passé, à Abougoulem, Hadjer Marfeine, Abéché et  sur l’axe Massakory –Ndjamena, n’est pas de la fantasia, il y’a eu des violents combats ; les forces de Deby décrochaient sur tout les fronts.  Ceux qui font de l’armée de Deby, le fer de lance des forces africaines, se trompent bêtement, et sont bêtes les officiers en exil qui font l’éloge de l’armé de Deby et soutiennent ses actions.

    Les tchadiens n’ont rien à faire au Mali, ils ont d’autres missions plus importantes au sein même de leurs territoires.

     

    Mahamat Hassane Boulmaye

  • Bien avant l'éclatement de ce scandale, une correspondance particulière avait non seulement flairé cette affaire louche mais avait cherché également à attirer notre attention sur les malversations encours lors des conclusions des contrats d'explorations pétrolières (voir encadré). Cette affaire, selon certaines indiscrétions, est intimement liée à l'entourage du despote et sa femme.

    C'est par une dépêche de Radio Canada Internationale (RCI) que apprenons les pratiques, peu orthodoxes, de certaines sociétés occidentales ayant pignon sur rue à N'djamena. Selon RCI, une entreprise de Calgary, Griffiths Energy International, a accepté de payer une amende de 10,35 millions de dollars après avoir plaidé coupable de versements de pots-de-vin à des autorités tchadiennes. La société a été accusée d'avoir corrompu des agents publics étrangers, elle a admis avoir donné 2 millions de dollars pour un accès à des blocs d'exploration pétrolière convoités.

    Ces actes de corruption étant posés par ses prédécesseurs, la direction actuelle de Griffiths Energy « condamne sans équivoque » la conduite de de l'ancienne direction, précise l'avocate de l'entreprise, Kristine Robidoux.

    Contrats attribués à des sociétés fictives ?

    Le Tchad doit faire affaire avec les multi-nationales mais non avec les sociétés inexpérimentées et concoctées des toutes pièces par certains anciens employés d'Esso-Tchad. Ces individus, bien connaissant les rouages et les terrains ont concocté des sociétés fictives pour expérimenter le pétrole tchadien. Pourquoi les contrats de partages de productions du brut tchadien avec ces sociétés sont tenus dans la plus grande discrétions et à huis-clos (behind closed doors)? Les autorités tchadiennes n'ont jamais informé la population sur les attributions des contrats aux soient disant sociétés canadiennes: Griffiths Energy et United Hydrocarbon Le Canada oblige ses compagnies d'agir dans la plus grande transparence pour des contrats à l'extérieur de leur pays aux bénéfices des populations et les tient responsables en cas de non conformité aux lois et règles internationales. L'Etat crie du matin au soir, à la protection de l'environnement et investit des milliards de fcfa alors que d'un coté le même État attribue des contrats d'exploitation du brut tchadien à ces sociétés sans aucune expérience et aucun historique dans le domaine du pétrole. Quel amalgame ? L'exploitation du brut est accompagné avec des substances très nocives à l'environnement. La moindre erreur ou non la maîtrise des ces substances aura des conséquences très graves sur l'environnement et la santé de la population locale et nous coûtera très cher. L'environnement et la santé n'ont pas de prix, l'Etat tchadien ne doit pas s'aventurer avec ces compagnies fictives et virtuelles pour courir des risques.

    Mardi 6 novembre 2012 Correspondance particulière

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    Un père et son enfant de la tribu Ouled Himed

    Des informations alarmantes nous parviennent de la région du Batha faisant état d’une tension entre les tribus de Ouled Himed et Ouled Malick à l’indifférence totale des autorités civiles et militaires du régime maffieux et clanique de N’djamena.

    D’après les témoins qui nous ont alertés, le conflit a pour origine un puits situé aux confins du Hadjer_lamis, Bahr gazal et Batha ouest, revendiqué par les uns et les autres. A LEBEIDE, le nom du puits en question, ouled Malick et ouled Himed (qui sont très proches signalons le), se regroupent, se comptent, démontrent les armes pour un affrontement quasi inévitable.

    Non seulement l’inaction mais aussi le silence de ce régime clanique démontre à suffisance son implication avec sa théorie machiavélique qui consiste à diviser pour mieux régner. Les conflits tribaux dans cette contrée, ces dernières décennies sont nombreux. Rappelons nous du choc fratricide entre Khouzame et Ouled Rachid qui a fait 76 victimes ; l’antagonisme entre Kréda et Boulala, tous ont été soit provoqués par ce régime incapable, soit il les a encouragés.

    La brouille entre tribus, la discorde au sein des groupes ethniques, la mésentente entre ressortissants d’une région sont érigées en mode de gestion. En 23 ans de pouvoir MPS, la société tchadienne segmentée, son tissu social délité, la concorde nationale anéantie, bref, la solidarité entre les fils du Tchad, devient de plus en plus des lointains souvenirs.

    La Rédaction

  • TCHAD: Interview Choc de l'avocat François Serres/Les pieds dans les plats - Hissène HABRE: les quatre vérités qui dérangent.(Nouvelle Afrique)

    13/01/2013

    Les pieds dans les plats.

    Quelles sont les réelles motivations des ténors de « l'injustice » internationale qui veulent par tous les moyens faire la peau à l'ancien président tchadien ?
    Avant de lever un coin du voile sur cette machination aux ramifications insoupçonnées, voire même de créer la polémique, disséquons les faits.

     

    Froidement.

    « Je suis totalement d'accord qu'on organise une justice internationale indépendante, selon les normes du droit et que tous les Tchadiens à qui on reproche quelque chose viennent se présenter devant cette juridiction. On veut faire croire qu'Hissène Habré ramassait des gens dans la rue et les tuait ». Cette exhortation à la justice pour tous, loyale et équitable, exprimée par l'ancien chef d'État tchadien en août dernier dans une interview accordée à un quotidien sénégalais, est à l'origine de notre enquête sur ce qu'il convient désormais d'appeler « l'affaire Habré ».

    Si le principal concerné, celui sur qui pèsent des accusations aussi graves qu'odieuses, s'exprime ainsi, on peut penser qu'il y a quelque chose de troublant dans le dossier. Est-il possible que le monde entier ait été, jusqu'ici, trompé par certaines personnes à qui profitent les ennuis de l'ancien président tchadien ? Que se cache-t-il derrière ces plaintes ? Pourquoi assiste-t-on, depuis plusieurs années, à un feuille- ton judiciaire aussi grotesque que sans intérêt ? Pourquoi le Tchad, sur le sol duquel on veut nous faire admettre que ces « abominables crimes » sont supposés avoir été commis, ne manifeste-t-il que très peu d'empressement pour la tenue d'un procès ? Comment peut-on admettre que d'innombrables articles et documents aient été diffusés partout sur la « planification de ces crimes imprescriptibles » sans que « planification » ne soit avérée ?

    Une réalité déformée, des chiffres truqués

    Si l'on s'en tient à une affligeante réalité, l'idée selon laquelle les dirigeants africains sont des adeptes de la cruauté, doublés de dispendieux et peu crédibles gestionnaires des deniers de leurs peuples qu'ils dilapident, fait recette au sein de la fameuse communauté internationale. Dans les couloirs des organismes à vocation humanitaire, ces préjugés ne cessent de circuler. Parmi les fonctionnaires de ces organisations internationales, à la pause-café, pour susciter à peu de frais l'estime de leurs collègues, l'on évoque « l'irresponsabilité des dirigeants africains qui affament leurs peuples », et l'on insiste sur- tout sur la nécessité de « traduire ces mêmes dirigeants en justice », en précisant au passage que le procès devrait se tenir devant une juridiction internationale, parce que les Africains seraient peu compétents pour juger les leurs. Géné- ralement, chaque citoyen est sommé de s'inscrire pas- sionnément pour ou pathologiquement contre. Car, selon les milieux et les lieux, ces dogmes dilatoires s'imposent et ont parfois force de loi. Le plus souvent nourris d'inadmissibles a priori au relent esclavagiste qui n'ont qu'un très vague cousi- nage avec les réalités africaines du moment, qui méritent mieux que des controverses cousues de fil blanc et de mauvaise foi.

     

    L'ex-président tchadien Hissène Habré alors au pouvoir

    Contrairement à l'opinion répandue, les faits existent. Encore faut-il se donner la peine de les analyser. Et pour trouver les bonnes réponses, il faut formuler les bonnes ques- tions. Doit-on rappeler que l'ancien président du Tchad est soupçonné de crimes contre l'humanité et de torture, des actes commis entre son arrivée au pouvoir le 7 juin 1982 et le 1er décembre 1990, jour où il fut déposé par un coup d'État mené par l'actuel homme fort du pays, Idriss Deby Itno, l'un de ses anciens et plus proches collaborateurs ? Or, en Afrique comme partout ailleurs, aucun chef d'État ne vient dans les rues de son pays pour procéder à l'arrestation des citoyens qui ne partagent pas ses idées. Aucun président de la République ne se rend lui-même dans les lieux de détention de son pays pour torturer de ses propres mains ses victimes. Par contre, il dispose de services de sécurité dont c'est justement le job. Ces services reçoivent des ordres de sa part ou de la part des membres de son gouvernement, par le biais de la délégation de pouvoirs. Autrement dit, pour que des actes inhumains et dégradants soient commis, il faut qu'au préalable, un ordre ait été donné. Cette décision ne peut être prise que dans le cadre d'une réunion et consignée dans un procès-verbal, avant d'être matérialisée par un décret en bonne et due forme. Or, depuis deux décennies, il n'y a pas l'ombre d'une preuve venant attester que l'ex-chef d'État tchadien aurait donné l'ordre d'exterminer ses opposants. Même ses accusateurs ne disposent d'aucune preuve solide et incontestable sur la « planification » de ces crimes par Hissène Habré.

    La crainte du régime de N'Djamena d'être éclaboussé par la tenue d'un procès

    Pourtant, depuis plus de vingt ans, pour la majorité des médias, il ne fait aucun doute que l'ancien président de la République était le « cerveau » ou le « planificateur » des viola- tions des droits de l'homme qui ont pu être pratiquées durant son règne. Dans une partie de la presse, il a même droit au substantif peu flatteur de « monstre ».

    Ces inquisiteurs peinent cependant, c'est le moins que l'on puisse dire, à apporter les preuves de leurs affirmations : aucun bout de papier, aucun document officiel du temps d'Hissène Habré qui viendrait prouver qu'ils ont raison. Notre propos n'est surtout pas ici de nier ces manquements les plus graves, ni d'exonérer ceux qui, parmi les officiels de l'époque, civils comme militaires, ont commis ces crimes contre l'humanité. Non ! Toute personne sensée voudrait voir juger et condamner des criminels par une justice rigoureuse, impartiale et respectueuse de la vérité. Tel est d'ailleurs le souhait de l'ancien président lui-même. En revanche, nous nous interrogeons surtout sur la partialité et le jeu trouble de la communauté internatio- nale. Pourquoi s'attaque-t-on exclusivement à un homme qui a déjà tout perdu, alors que des coffres sont remplis de preuves concer- nant l'implication des actuels responsables tchadiens dans ces douloureux événements? Pourquoi ces derniers, malgré d'autres crimes qu'ils ont continué à commettre au vu et au su de tout le monde, échappent-ils encore totalement à la justice ?

    Plusieurs documents et témoignages prouvent pourtant que ce sont plutôt les actuels maîtres de N'Djamena qui avaient intérêt à commettre des crimes, qu'ils ont préparés et exécutés afin de pousser le Tchad vers le chaos. Ceux-ci, désormais à la tête du pays, auraient même encouragé la commission de ces actes. Certains faits réels sont de nature à démontrer qu'ils ont souhaité et encouragé l'extermination des opposants pour justifier leur rébellion et donc le coup d'État qui a suivi : il fallait que la disparition de certaines personnes provoque de fortes émotions et une énorme indignation dans l'opinion pour que leur principal ennemi, celui qui les empêchait de s'emparer du pouvoir, l'ancien président Hissène Habré, apparaisse comme un monstre, pendant qu'eux, revêtaient les habits de l'ange libérateur. Or, nous avons découvert que ce sont eux qui avaient organisé cette « folie meurtrière ». Ce sont eux qui étaient les « vrais concepteurs » insoupçonnables de ces crimes dits de masse. D'ailleurs, ils se sont appliqués, après leur coup d'État, à étouffer cette vérité en faisant assassiner tous ceux qui risquaient de révéler ce plan secret. Il fallait surtout faire croire à l'opinion publique que seul l'ancien président était coupable et répondrait de ces faits devant la justice. Un effroyable mensonge s'est ainsi installé dans l'opinion avec l'aide de faux experts et de journalistes plus ou moins crédules, voire corrompus. Ce mensonge est si grand et si lourd que la communauté internationale préfère tergiverser, s'acharnant sur un seul individu en manipulant témoins et victimes auto-désignées. Pendant ce temps, l'affaire traîne en longueur, et un homme continue de faire l'objet de tracasseries et d'innombrables vexations. Depuis 2000, date à laquelle des « victimes tchadiennes » manifestement téléguidées ont saisi les juridictions sénégalaises, rien n'avance alors que le principal accusé, lui, clame son innocence. De qui se moque-t-on ?

    Les Occidentaux veulent profiter du procès pour faire la peau à l'ancien président

     

    « L'Afrique devrait, sur des thèmes controver- sés, être capable d'accéder à la vérité par sa propre investigation intellectuelle et se main- tenir à cette vérité jusqu'à ce que l'Humani- té sache que l'Afrique ne sera plus frustrée, que les idéologues perdront leur temps parce qu'ils auront rencontré des intelligences égales, capables de leur tenir tête sur le plan de la recherche de la vérité », disait Cheick Anta Diop. L'intox, les machinations et la lé- gèreté des accusations portées contre Hissène Habré sont si patentes que certains observateurs sérieux qui ne peuvent être accusés de sympathie envers l'ex-président, soupçonnent les puissances extérieures et leurs « suppôts locaux africains » de vouloir lui faire la peau ou de lui régler son compte définitivement. Hypothèse plus que probable : puisque, c'est dans un contexte de haine, de guerre et d'impasse politique, sur fond de luttes d'influence entre puissances occidentales que se jouait la crise tchadienne ayant débouché sur le coup d'État du 1er décembre 1990. Il ne s'agissait donc pas d'une simple crise interne mais plutôt d'un affrontement géopolitique, au cours duquel les puissances extérieures ont utilisé le Tchad comme une plate-forme stratégique de haute importance. Ces puissances occidentales voulaient à la tête du Tchad une ma- rionnette acquise à leur cause. Malheureuse- ment pour eux et fort heureusement pour les Tchadiens, du temps du président Habré, ces puissances extérieures ont collectionné des revers. Farouchement attaché à la souveraineté de son pays, Hissène Habré ne voulait pas que le Tchad soit une base arrière utilisée par les Occidentaux pour surveiller la région. Cette fin de non-recevoir a été perçue comme une insulte à leur toute-puissance. Il fallait donc en finir avec un homme qui en savait et qui sait encore trop sur les pratiques les plus détestables des puissances occidentales. D'ailleurs, beaucoup pensent que la perspective de l'exploitation du pétrole tchadien qui serait restée hors de portée si Habré avait conservé son pouvoir, n'est pas étrangère à sa mise à l'écart et, aujourd'hui, à cette volonté farouche de le liquider physiquement. Si cela ne tenait qu'à ces crapules qui tirent les ficelles de cette manipulation qui ne dit pas son nom, il n'y aurait pas de procès en bonne et due forme. Ils privilégieraient une élimination physique de l'ancien président plutôt que de le laisser s'exprimer dans le cadre d'un procès équitable. Car, ces puissances craignent que ne soient exposées sur la place publique, certaines vérités sur leurs pratiques haïssables dans certains pays du continent.

    L'Afrique timorée

    Le Sénégal et l'UA n'auraient pas pu signer un accord, le mercredi 22 août 2012, établissant des chambres spéciales pour, dit-on, « juger » l'an- cien président du Tchad.

    En apparence, l'Union africaine bataille, en effet, contre les poursuites engagées par des États européens contre ses ressortissants. Lorsqu'en 2008, l'Espagne a émis 40 mandats d'arrêt contre des membres clés du régime de Paul Kagamé, l'UA invitait ses membres à se doter d'instruments juridiques leur permettant de poursuivre en retour, des responsables occidentaux. Qu'en est-il de ce vœu pieux ? L'année suivante, le mandat d'arrêt lancé par la Cour pénale internationale, bras armé du Conseil de sécurité de l'ONU, contre le président Omar Al-Bachir, a choqué beaucoup d'Africains et déclen- ché les réprobations de l'UA. À ce jour, cette juridiction internationale n'a poursuivi que des Africains. Dans le cas où le continent se doterait des moyens pour juger les responsables de crimes de masse sur son sol, la CPI, qui agit en dernière instance, ne pourrait plus être activée aussi facilement. Mais la réalité est tout autre chose. Sinon, le Sénégal et l'UA n'auraient pas pu signer un accord, le mercredi 22 août 2012, établissant des chambres spéciales pour, dit-on, « juger » l'ancien président du Tchad. On nous rétorquera qu'au moins, il sera jugé sur le continent africains et par des juges africains. Soit ! Mais quelle légitimité a ces juges de temps moderne pour connaître des faits vieux de plusieurs décennies ? C'est là où réside l'absurdité de cette cabale qui n'a que trop duré et qui débouchera sur pas grand chose.

     

    Par ailleurs, cette prétention à vouloir juger un homme qui réclame une véritable justice, masque mal les ambitions cachées et les calculs mercantilistes de certains, qui voient là l'occasion de s'en mettre plein les poches. L'objectif étant simple : faire porter le chapeau de la situation tchadienne qui ne s'est jamais améliorée depuis plus de vingt ans à un seul homme et se faire du beurre au passage. Les Africains,

    au lieu de reprendre à leur compte les arguments fallacieux des gens ne souhaitant que leur malheur, feraient parfois mieux de se regarder dans leur propre miroir sans tenir compte des pressions extérieures, et de se dire que si les Occidentaux veulent juger des « criminels contre l'humanité » comme ils le prétendent, ils doivent d'abord commencer chez eux. Ce n'est pas Hissène Habré qui a déclenché la guerre ayant fait des centaines de milliers de morts en Irak. Pourquoi juger Habré alors que George Bush, responsable de cette calamiteuse guerre, continue, lui, de se pavaner et de narguer ses victimes ? Et pourquoi s'empêcher de dénoncer cette politique de deux poids deux mesures ?

    Les Africains gagneraient à se faire à l'idée qu'aussi légitime soit-elle, cette volonté de rendre justice aux victimes de violations des droits humains, n'est pas dénuée d'arrière- pensées hégémoniques, qu'il faut réprimer avec force.● Yacoub Younouss.


     

    Interview de l'avocat d'Hissein Habré

    François Serres: « Ce procès est éminemment politique »

    Plus qu'un face-à-face, c'est un bras de fer qui oppose les nouvelles autorités sénégalaises aux conseils de l'ex-président tchadien, Hissein Habré, au sujet de son éventuel procès. Alors que Macky Sall et certains membres de son gouvernement font de la tenue du procès l'une de leurs priorités, Habré et ses avocats crient à la farce judiciaire. S'il y a un seul point sur lequel les deux parties sont d'accord, c'est celui-là : le rapport de force devrait continuer à s'amplifier, chacun brandissant ses arguments juridiques. Voici ceux du mis en cause. Interview exclusive.

    Propos recueillis à Paris par Adrien Poussou.

     

    Afrique Nouvelle : Le Sénégal s'empresse visiblement de juger votre client, le président Habré. Dans quel état d'esprit se trouve-t-il aujourd'hui ? Est-il inquiet ?

    François Serrès : Mon client est serein, confiant dans ses droits tels qu'ils ont été reconnus tant par les juridictions sénégalaises et communautaires de la CEDEAO, auxquelles le Sénégal ne peut déroger, et quelles que soient les mesures prises récemment pour constituer un tribunal dans des conditions parfaitement illégales aux fins d'organiser un procès expéditif, sans respect des principes élémentaires du jugement équitable et dont le résultat est connu d'avance, puisque c'est celui qui l'a déposé au terme d'un coup d'État qui le finance partiellement, distribue les preuves, définit le champ des poursuites, et s'accorde toutes les immunités nécessaires ; cette organisation, fruit d'une convergence d'intérêts politiques, économiques et financiers, est indigne et la « justice africaine » créée pour l'occasion ne peut en sortir grandie.

    Pourquoi s'intéresse- t-on tant à votre client ?

    Le président Macky Sall a-t-il pris des engagements avant son élection pour bénéficier de soutiens ? C'est la question que l'on peut se poser. Il est effarant de le voir multiplier les déclarations sur ce dossier depuis sa prise de fonction au vu de la situation politique et économique que traverse le Sénégal après la « présidence Wade». Est-ce une priorité pour les Sénégalais ? Pourquoi le Tchad passionne- t-il autant une frange de la classe politique sénégalaise ? Pourquoi y faire le lieu des « chambres extraordinaires africaines » que l'Union africaine (UA) n'est pas capable de mettre en place ? Et y a-t-il une explication à voir le Sénégal « adouber » le régime Deby en le faisant grand argentier et procureur du procès et partant en limitant le champ des poursuites aux années 1982/1990 ? Que s'est-il passé depuis ? Lisez les rapports des ONG....Pour- quoi Macky Sall et sa ministre de la Justice se taisent- il sur le sort actuel des Tchadiens ? N'y a-t-il eu aucune violation des droits de l'homme ces vingt-deux dernières années ? Quelle est la légitimité d'un tel procès du point de vue de la règle de l'impunité ? On viole la justice sénégalaise et communautaire et on accorde un blanc-seing à Deby ? À quel prix ? Qui sont ces juges qui participeront à cette mascarade ? On dit qu'ils se battent pour bénéficier de salaires mirobolants.

    Le président Macky Sall a-t-il pris des engagements avant son élection pour bénéficier de soutiens ? Est-ce une priorité pour les Sénégalais ? Pourquoi le Tchad passionne- t-il autant une frange de la classe politique sénégalaise ? Pourquoi y faire le lieu des « chambres extra- ordinaires africaines » que l'Union africaine (UA) n'est pas capable de mettre en place ?

    Il semble pourtant qu'un imbroglio juridique subsiste dans ce dossier, puisque la plus haute juridiction sénégalaise avait déjà annulé les poursuites contre votre client. Quelle est la nature du problème de droit ? Pourquoi veut-on qu'il ait absolument un procès alors que votre client a déjà fait l'objet d'un jugement ?

    Le problème juridique est simple et il a été validé tant par la justice sénégalaise que la Cour de la CEDEAO. La décision rendue au Sénégal en 2001 a autorité de la chose jugée. Elle est conforme au principe de non- rétroactivité du droit pénal reconnu par les juridictions nationales du monde entier. Le système judiciaire sénégalais a été disqualifié et on le remet en selle aujourd'hui en le saupoudrant d'un habillage « africain » (quelques juges non sénégalais composant la juridiction de jugement) condamné par la Cour de la CEDEAO. Sur quelle base peut- on remettre en cause la décision sénégalaise ? De par la volonté de Wade qui a été demandé un mandat de juger à l'UA, lui le garant des décisions de justice de son pays, sollicitant au passage 48 milliards de francs CFA pour juger Hissein Habré ? Quelle compétence avait l'UA pour ordonner un tel jugement, elle qui protège tant de criminels ? Sur quel dossier s'est-elle fondée, elle qui n'est pas une juridiction ? Le Président honoraire de la Cour suprême du Sénégal a lui-même souligné dans un article récent cette incompétence !

    Qu'est-ce qui serait aujourd'hui intéressant de faire ? Comment sortir de cette impasse ?

    C'est de respecter les décisions de justice rendues au Sénégal et devant la Cour de la CEDEAO et d'enquêter sur la situation actuelle au Tchad et saisir le cas échéant la CPI.

    Qu'attendez-vous concrètement du Séné- gal et de l'Union africaine qui semblent manifestement faire de l'affaire Habré un cas particulier, différent de ceux du Kenya et du Soudan ?

    L'Union africaine doit prendre ses responsabilités sur le comportement d'un certain nombre de chefs d'État. Mais peut-on demander à la Conférence des chefs d'État d'organiser leur propre jugement ?

    Que vous inspire la position de certaines puissances étrangères, notamment de la France, qui souhaitent ardemment le procès du président Habré ?

    Ce procès est éminemment politique. Le régime Habré a été liquidé sous la pression étrangère et avec la complicité des grandes puissances, pour des raisons évidentes tenant à « l'indocilité » du président Habré et aux enjeux stratégiques et économiques que représente ce pays. On le poursuit aujourd'hui de façon infâme pour que les chefs d'État en Afrique sachent bien ce qui les attend demain s'ils ne respectent pas les règles du jeu, et non par souci de privilégier la règle d'impunité. Voilà ce grand procès africain, qui s'organise en Afrique et par des Africains : un bel exemple de bonne gouvernance judiciaire. Quels juges vont accepter de signer de leur nom ce verdict ?! Réveillez- vous !

    Ces derniers temps, le Premier ministre sénégalais, Abdou Mbaye, est accusé, y compris au sein de son propre gouverne- ment, d'avoir aidé votre client à « blanchir » l'argent du Trésor public tchadien qu'il aurait amené au Sénégal. Qu'avez- vous pensé de cette situation ?

    Il s'agit de péripéties locales, de luttes de pouvoir au sein de l'équipe en place. Le Premier ministre dérange. Certains notamment semblent, selon la presse locale, avoir fait de l'affaire Habré un instrument politique, un levier d'accession à la première marche du pouvoir. Nous sommes très loin des questions de justice et des droits de l'homme. La vraie question pour la ministre de la Justice est de savoir où elle mettra le curseur des poursuites dans l'affaire des biens mal acquis ? Au risque d'inquiéter celui qui l'a nommée ? Là on verra bien si elle s'intéresse aux questions de blanchiment.

    À ce jour, c'est le moins que l'on puisse dire, la ministre de la Justice du Sénégal a décidé de faire du dossier Habré, l'affaire de sa vie. Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

    Effectivement au point de décider de la nomination des juges, des procureurs, des greffiers. Un joli système indépendant se met tranquillement en place dont, le Président honoraire lui-même de la Cour suprême questionnait récemment la constitutionnalité ? L'affaire de sa vie ? Nous verrons bien, ce que retiendra l'Histoire de ces événements. Le Sénégal a déjà été condamné par la Cour de la CEDEAO pour violation des droits de l'homme, voilà la marque qui pèse sur le régime de Wade. Ce qui se met en place ne peut que recevoir la même marque d'infamie.

    Au regard de ces agitations et de l'entêtement des autorités sénégalaises à vouloir juger vaille que vaille votre client, peut-on s'empêcher de penser que c'est finalement une affaire de fric ?

    C'est sans doute plus compliqué, et plus politique, même si comme je le soulignais des enjeux économiques et stratégiques importants pèsent dans ces décisions ; mais peut- être vous voulez parler du salaire des magistrats qui pourraient participer, ou bien du budget que l'on va allouer pour assurer la « communication » du procès ? Il y a là pour les magistrats et les journalistes sénégalais une vraie question éthique, déontologique, historique qui devrait les conduire à boycotter une telle farce judiciaire.

    Objectivement, dans l'éventualité d'un procès, est-ce qu'on peut réellement imaginer que ceux qui vont le financer, accepteront un verdict d'acquittement ?

    Ils seront payés pendant trois ans pour rendre la justice et ils ont pour mandat de juger. Imaginez-vous qu'ils vont, trois semaines après, constater les obstacles juridiques qui s'opposent à ce jugement ? Invalider le mandat de l'UA, dire que la Constitution a été violée ?

    Imaginons enfin qu'un petit génie apparaisse et vous accorde deux vœux. Quels seraient-ils ?

    Le premier a déjà été exaucé en 2010 après la condamnation du Sénégal (je devrais dire d'Abdoulaye Wade puisqu'il a provoqué cette procédure) devant la Cour des droits de l'homme de la CEDEAO. Le second ? Qu'Hissein Habré franchisse demain les portes de sa maison à Dakar où il est tenu en résidence surveillée depuis douze ans par une véritable lettre de cachet et marche en homme libre sur la terre où il est né.de l'homme de la CEDEAO. Le second ? Qu'Hissein Habré franchisse demain les portes de sa maison à Dakar où il est tenu en résidence surveillée depuis douze ans par une véritable lettre de cachet et marche en homme libre sur la terre où il est né.●

    ● Janvier 2013 - Afrique Nouvelle ●

    Sources: Letchadanthropus

     

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    ALI BINEY ET DJIBRINE AZENE

     

    Il n'y a pas un jour qui passe qu'on ne nous rapporte pas le cas des détenus ou ex détenus morts suite à leurs conditions de détention ou encore pire, d'empoisonnements. D'aucuns alertent l'opinion sur des cas d'empoisonnements méthodiquement organisés et planifiés par le régime pour se debarasser de ses opposants.

    Ainsi, après la mort injustifiée de Djibrine Azzène, ex CEMGA de l'ANCD, arrêté par les soudanais et livré à Deby, nous apprenions la mort en prison du Com escadron de l'UFDDF, Ali Biney. Il était arrêté dans les mêmes conditions par les soudanais et livré à Deby. Il est mort dans la prison de Moussoro, après avoir avalé des nourritures dans lesquelles on a savamment distillé un poison foudroyant. Le recours à ces genres des pratiques est très courant à N'djamena. Tous ceux qui ont été internés dans les prisons de Deby sont, soit morts, soit ont des ennuis de santé. Qu'ils soient opposants politico-militaires ou même des alliés en rupture de ban ou encore des aigrefins en disgrâce (cas de ex ministres, Zène Bada et quelques autres), les ex bagnards tombent, tels des feuilles d'automne, jaunies et emportées par le vent. De mémoire d'hommes, on n'a jamais assisté à une telle pratique au niveau de l'Etat.

    Il faut signaler aussi que une trentaine d'ex résistants sont toujours détenus injiustement dans les prisons de Deby. Il s'agit de:

    1. Mahamat Kodi
    2. Ahmat Alio
    3. Mansour Youssouf
    4. Adjbane Mine Allah Seid
    5. Hassan Hémichi
    6. etc

    Aucun chef d'accusation n'est retenu contre eux, depuis plus de deux ans qu'ils sont en prison. Nous demandons aux organisations de droit de l'Homme, surtout tchadiennes, de s'enquérir de leurs santés, car vu ce qui s'est passé avec Ali Biney, nous croyons sincèrement que leurs vies sont en danger.

     

     

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    Des informations très inquiétantes sur la sécurité des tchadiens vivants en RCA nous parviennent chaque heure. Selon nos correspondants à Bangui, une tension latente, attisée et entretenue par le régime Bozizé, risque d'éclater, à tout moment,  sur un conflit communautaire voire confessionnel.

    A force d'indexer les centrafricains du Nord et les tchadiens vivants à Bangui, des barrières tenues par des "patriotes" armés des arcs et machettes ont été dressées sur les artères principales de la ville. Ainsi, à part les rackettes ( il faut payer 50 000 F CFA) et les arrestations arbitraires, un jeune a trouvé la mort la nuit de saint sylvestre (voir Centrafrique: Un ressortissant tchadien tué durant la nuit de Saint Sylvestre. ). Il s'agit de Zakaria Ali, née en 1980.Lors de son enterrement, la cimetière du quartier "Boeing" a été totalement sacagée, les tombes profanées par des "patriotes".

    A la sinistre OCRB (Office Centrafricain de Répression  de Banditisme), gérée directement par "Jojo" Bozizé, plusieurs personnes d'origine tchadienne y sont internées.

    Au moment où certains tchadiens sont menacés, le régime clanique de N'djamena préfère protéger des autocrates, semblables à lui, que de venir au secours de nos concitoyens. Hier c'était la Libye, aujourd'hui la RCA, les tchadiens subissent les aventures et le mercenariat d'Idriss Deby.

  • Dans un communiqué signé par son Secrétaire Général Mr MAHAMAT Mahdi Ali (voir communiqué version pdf) dont la Gazette a eu une copie, L'Alliance Nationale pour le Changement et la Démocratie (ANCD) "apporte un démenti formel aux affirmations de Mr Josué Binoua, ministre centrafricain, insinuant la présence des forces de la résistance tchadienne aux cotés de la SELAKA". L'ANCD dont fait parti l'UFDD, opposition armée au régime d'Idriss Deby, est présidée par le Général Mahamat Nouri, nommément cité par Mr Binoua d'être un allié du SELEKA centrafricain.

    Selon l'ANCD si "Le régime aux abois de François Bozizé, politiquement incapable, militairement en déconfiture, cherche un bouc émissaire pour expliquer sa débandade, le Peuple opprimé de la Centrafrique, La Nation meurtrie de la RCA n’a pas besoin d’un concours externe pour faire partir Bozizé et sa clique". "C’est bien Mr Binoua et le gouvernement fantoche auquel il appartient" qui ont fait appel à l'étranger, poursuit le communiqué.

    "L’ANCD se consacre exclusivement à la lutte contre le régime maffieux et clanique de N’djamena. Bien qu’elle considère le départ de Bozizé salutaire pour le Peuple centrafricain, l’ANCD ne s’est jamais ingérée dans le conflit centrafricain" souligne le texte.

    "Décidée et déterminée, réconfortée dans ses analyses et inébranlable dans ses certitudes, l’ANCD lance un appel solennel à ses militants et ses sympathisants à la mobilisation et au rassemblement pour sonner le glas de cette tyrannie" conclut le communiqué.

    L'ANCD qui est née en mai 2010, est composée de quatre mouvements politico-militaires opérant dans l'Est du Tchad.

     

    Version originale du Communiqué.

  • Un ressortissant tchadien a été tué, dans la nuit du 31 au 1er janvier, par des militaires centrafricains. Le jeune tchadien a été arrêté à une barrière dressée par des "patriotes" pro Bozizé près de la buvette ABC, non loin du REX, à coté du marché. Interpelée par ces "patriotes" et remise à une patrouille motorisée, la victime a été abattue froidement.

    Les rafles des paisibles tchadiens vivants à Bangui sont quasi quotidiennes. Les prisons centrafricaines sont pleines d'innocents arrêtés sur simple, dénonciation ou pire, pour délit de faciès. Les autorités centrafricaines sont responsables des conséquences des appels à la haine lancés tout azimut.