Le 1er ministre tchadien, Dadnadji, lors d'une intervention devant le colloque national sur le bilinguisme au Tchad a dénoncé la volonté politique consistant à imposer la langue arabe aux tchadiens. Ce colloque, organisé pour diagnostiquer les « maux qui freinent l'application du bilinguisme », fut une tribune pour le 1er ministre d'exposer « sa vision » du bilinguisme avant d'ajouter que « le bilinguisme en terme d'acquis, ne se décrète pas ».
Il faut rappeler que le bilinguisme est inscrit dans les Constitutions du Tchad depuis 1989. Selon ces Constitutions, les langues officielles du Tchad sont «l'arabe et le français». Le caractère obligatoire d'apprendre les deux langues ne fait, dès lors, aucun doute. Si dans les milieux arabisants cette démarche est acceptée facilement, du coté des francophones elle pose des problèmes. Ainsi certains rejettent carrément l'introduction de l'arabe, mais pour la majorité un tel projet doit mobiliser les moyens et le temps nécessaires à son ambition.
Il faut signaler aussi que c'est sur ce terrain de bilinguisme que se développent les thèses tendant à se rejeter les uns des autres. Si on accuse Dadnadji, à tort ou à raison, d'être contre l'introduction de la langue arabe, et que ce dernier extrapole la situation en conflit nord-sud, il ya des nordistes qui dénoncent le manque des moyens pour réaliser ce projet.
La sortie du 1er ministre Dadnadji, pour certains tchadiens, est une démarche planifiée avec le despote, pour titiller les arabophone et indexer les francophones. Vu les rapports qu'entretienne Deby avec son 1er ministre, il est inconcevable que Dadnadji fasse une telle sortie sans concertation avec son chef.

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