La célèbre cantatrice, Eldjima Kada, a rendu l'âme ce jour à son domicile à N'djamena. Née vers 1940 dans la région de Tchikina (actuellement Massaniya), elle fut l'une des voix de la musique traditionnelle tchadienne avec feu Moussa chauffeur. Véritable diva du temps moderne, beaucoup d'entre nous se sont laissés aller aux mélodies de sa mélopée rassurante, telle une berceuse évoquant les mérites des uns et temporisant les ardeurs des autres.

Fille d'un noble baguirmien, ses parents lui avaient interdit de s'adonner à une pratique réservé aux basses castes: les griots. Insoumise et réfractaire, transgressant tous ces entraves conservatrices et rétrograde, Eldjima se lança dans sa passion avec succès et triomphe. Véritable bibliothèque de l'Histoire du Tchad en général et celui du royaume de Baguirmi en particulier, Eldjima excellait dans l'art de réciter les exploits des guerriers et autres personnalités qu' a connu le Tchad.

Avec la disparition d'Eldjima, c'est une partie de la mémoire vivante du Tchad qui vient de disparaitre confirmant ainsi la célèbre citation d’Amadou Hampâté Bâ. Repose en paix.

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