ennedi1ennedi1Ce chercheur nomade est considéré comme l'un des plus grands naturalistes du XXe siècle. Il fut surtout un homme des déserts. Dans le nord du Tibesti, grand massif tchadien, il fit, à 93 ans, l'un de ses derniers grands voyages. Nous sommes retournés sur ses traces.
Le vent charrie une poudre de sable orange, nuée rasante qui file en ondoyant. Le désert s'étire, infini, silencieux, jusqu'à rejoindre l'azur. Partis de Faya-Largeau, quelques voyageurs traversent en 4 x 4 l'immensité minérale, cap au nord.
Le massif de l'Ennedi est l'un des plus beaux déserts du monde. Erodés par le vent, les rochers se dressent comme autant de gardiens aux formes spectaculaires. Une nature intacte où vagabondent les idées et se ressource l'âme.Crédits photo : STANISLAS FAUTRE/Le Figaro Magazine
Maurice Freund est l'un d'eux. Ouvreur de voies et fondateur de l'agence de tourisme Point-Afrique, investie de longue date dans le développement du continent noir, c'est à son initiative que, pour la première fois cette année, après quarante ans de guerres, trois avions civils se sont posés sur la petite piste de Faya, ville-oasis et porte d'entrée vers le nord du Tchad. En sont descendus une poignée d'initiés aventureux, appelés par les promesses du Tibesti et de l'Ennedi, deux massifs montagneux dont on dit qu'ils constituent le plus beau des déserts sahariens.
La source de la Guelta d'Archeï, logée au creux des falaises, accueille chaque matin dès l'aube, dans un paysage inchangé depuis des millénaires, les dromadaires des caravanes acheminant les dattes et le sel vers les grandes villes et leurs marchés.Crédits photo : STANISLAS FAUTRE/Le Figaro Magazine
Un espace indemne, protéiforme et multicolore, tour à tour vêtu de sables rose, orange ou blanc, ponctué d'imposants monolithes de grès sculptés par les millénaires venteux, gardiens à tête de serpent ou à dos d'iguane.Rares sont les étrangers qui ont foulé ces étendues. Théodore Monod fut parmi les premiers. Reconnu comme l'un des plus grands naturalistes du XXe siècle, Monod mit sa connaissance encyclopédique au service de l'inventaire de la planète en général, et du Sahara en particulier. A deux reprises il se rendit ici. En 1940 d'abord. C'est alors le début de la Seconde Guerre mondiale. Affecté à l'oasis d'Aozou, le caporal Monod officie comme agent de renseignements. Sa mission consiste à surveiller la frontière libyenne, sous contrôle de l'ennemi italien. Il l'accomplit, l'herbier en bandoulière, et collecte des échantillons au cours de ses missions de reconnaissance. Après avoir gravi le volcan Emi Koussi, plus haut sommet saharien - 3 415 m d'altitude -, il entre en Libye. A la source de Gongom, qui s'échappe d'une falaise, il trouve des fougères. Sous ces fougères vit une petite plante, qu'il prélève. Au Muséum national d'histoire naturelle, où elle est décrite en 1943, on y voit une espèce inconnue, d'un genre nouveau. Lire la suite

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