C'est la deuxième fois en deux ans que le groupe Areva est attaqué en Afrique. Après la prise d'otages de 2010 au Niger, des rebelles armés ont pris d'assaut dimanche l'un des sites du géant français du nucléaire près du gisement d'uranium de Bakouma cette fois, dans le sud-est de la Centrafrique. «L'ennemi a fait quelques dégâts matériels et s'est retiré en emportant essentiellement des vivres.
Il est pour le moment difficile d'établir un bilan des combats, cependant on ne déplarevaarevaore aucune victime sur la zone ni parmi le personnel, ni au sein de la population de Bakouma», précise un communiqué militaire.
Une autre source militaire anonyme prétend néanmoins qu'un villageois a été tué près du site par les agresseurs «quelques heures avant l'accrochage à 25 km de Bakouma» et qu'ils ont pris en otage un notable et un jeune homme qui leur a servi de guide. Ces assaillants seraient des hommes de la rébellion tchadienne du Front populaire pour le redressement (FPR) du général Baba Laddé, explique cette même source. Le FPR, venu du Tchad, sévit en Centrafrique depuis 2008.
Cinq ressortissants français du groupe Areva présents sur le site sont indemnes. Ils sont en contact avec les autorités françaises afin de trouver «la solution la plus adaptée» pour eux. Areva souligne qu'il ne s'agit que d'une action de pillage. «Il y a eu un vol de nourriture et de matériel informatique», souligne-t-on au siège parisien du groupe.
En 2010 au Niger, sept collaborateurs d'Areva avaient été enlevés par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) sur le site d'uranium d'Arlit. Quatre d'entre eux sont encore aujourd'hui otages du groupe islamiste.
 
Des rebelles qui veulent «mettre l'économie à genoux»
Malgré un processus de paix entamé en 2008 avec la plupart des rébellions importantes du pays qui ont déposé les armes, la Centrafrique reste la proie de groupes armés coupeurs de routes et braconniers. La rébellion ougandaise de L'Armée de résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony y est par exemple très active.
Pour Saint-Cyr Nguida, économiste centrafricain, l'attaque de Bakouma est inquiétante. Quels investisseurs pourraient être tentés de placer leur argent dans le pays, dans un tel contexte ? «Nous sommes en face de certains calculs, et je n'ose pas désigner qui que ce soit, mais ce sont des calculs destinés à mettre l'économie à genoux en faisant fuir les investisseurs potentiels comme Areva qui est le numéro un mondial en matière d'énergie nucléaire et qui commence à envisager des réalisations dans la région», estime cet expert en développement.

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