Par Laurent Correau / Sébastien Nemeth

Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été enlevés et assassinés le 2 novembre. Les deux reporters de RFI étaient en mission à Kidal dans l'extrême nord du Mali dans le cadre de l'opération spéciale qui devait avoir lieu jeudi, à Bamako. Nos confrères venaient d'interviewer Ambeiry Ag Ghissa, un représentant du MNLA, la rébellion touaregue à Kidal, quand ils ont été embarqués de force par des hommes armés qui les ont exécutés à quelques kilomètres de là. Ghislaine Dupont et Claude Verlon étaient des reporters très expérimentés. Ils connaissaient particulièrement bien l'Afrique et étaient tout sauf des têtes brûlées.

Ghislaine. Une image. Celle d'une journaliste éclairée par sa lampe, enfoncée dans son fauteuil de bureau, toujours à la rédaction à une heure tardive de la soirée. Pendue au téléphone pour vérifier les informations. Sa main griffonne un dessin. Ou feuillette un vieux carnet d'adresses qui tombe en lambeaux. Ghislaine, journaliste sans concession.

Née en janvier 1956, Ghislaine Dupont a passé plusieurs années de son enfance en Afrique. A la fin de ses études, elle fait le choix du journalisme. Elle passe par Ouest-France et Témoignage Chrétien. Apprend le micro auprès des radios libres. Puis entre à Radio France Belfort.

Passionnée de l'Afrique

Son goût du voyage et du reportage l'incitent à aller vers RFI. Après un premier passage à la radio mondiale, Ghislaine signe son CDI en 1990. Elle commence par la présentation, puis part sur des terrains difficiles : elle se rend dans les maquis de l'UNITA, en Angola. Décrit le drame que traversent les Sierra-Léonais sous la coupe des rebelles du RUF. Au Rwanda, elle est menacée de mort par un policier en civil dans sa chambre d'hôtel. Jamais elle n'a reculé. La liste des pays dans lesquels elle a travaillé est longue. Entre autres, Djibouti, le Burundi ou encore l'Ethiopie en guerre avec l'Erythrée.

C'est la République démocratique du Congo qui aura été son dossier, sa passion. Un pays auquel elle aura consacré plus de dix ans de sa vie. Sa pugnacité finira même par fâcher les autorités qui décident de l'expulser de Kinshasa avant le premier tour de l'élection présidentielle de 2006.

« C'était une journaliste têtue, acharnée, qui ne lâchait jamais », se souvient Sophia Bouderbala, ancienne responsable du bureau de l'AFP à Kinshasa de 2004 à 2008. Je me souviens d'un soir où elle est allée frapper au domicile du gouverneur d'une province parce qu'il était impliqué dans une affaire de corruption. Elle creusait sans cesse pour avoir des sources, donc effectivement elle s'était fait un certain nombre d'ennemis au cœur du pouvoir ou des pouvoirs ».

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